Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


Incontinence urinaire d'effort : quelles solutions contre les fuites ?

Publié par MaRichesse.Com sur 4 Juillet 2016, 11:38am

Catégories : #SANTE-BIEN-ETRE

Incontinence urinaire d'effort : quelles solutions contre les fuites ?

Elle touche 19% des femmes entre 18 et 85 ans. L' incontinence urinaired'effort consiste en des fuites d'urine incontrôlables, qui surviennent pendant un effort physique comme une séance de sport, une danse ou le fait de porter un poids. Même si trois millions de femmes sont concernées en France, seul un million d'entre elles consulte un médecin. Et lorsqu'elles le font, elles parlent plutôt de fuites que d'incontinence. "Le mot incontinence en lui-même pose problème, il est encore tabou car il reste associé au grand âge", déplore le professeur François Haab, chirurgien urologue à l'hôpital des Diaconesses (Paris). Cette maladie concerne pourtant la femme jeune, active, souvent sportive et sera alors source de honte, de gêne, d' anxiété voire même de dépression .

"Les femmes incontinentes sont souvent en perte d'estime d'elles-mêmes et de leur féminité. La gêne est omniprésente, même dans leur sexualité, par peur d'avoir des fuites pendant les rapports" développe Laure Mourichon, kinésithérapeute et sexologue à Vincennes.

 

Une faiblesse du périnée ou du sphincter urinaire

Physiquement, l'incontinence urinaire d'effort résulte d'un relâchement du sphincter urinaire, le muscle qui enserre l'urètre et ferme la vessie, ou d'une altération des tissus du périnée . "Le périnée est un muscle intime, souvent tabou, de la taille d'une main. Il s'étend du pubis vers le coccyx et les ischions, et est percé de trois orifices (le méat urinaire, le vagin et l'anus)" décrit Laure Mourichon. "Outre son rôle dans la sexualité, il assure également la continence urinaire, fécale et le maintien des organes génitaux en empêchant le prolapsus(ou descente d'organes)" ajoute-t-elle. S'il perd en élasticité ou en fermeté, il ne pourra plus assurer totalement ses missions. Plusieurs facteurs jouent sur son intégrité et augmentent donc les risques de fuite urinaire.

Pour identifier avec certitude une incontinence urinaire, le médecin ou le kinésithérapeute pose des questions sur les problèmes de dos, la sexualité, le nombre de mictions par jour et le nombre de grossesses. Il demandera à la femme de tousser pour vérifier la présence de fuites, de pousser pour vérifier s'il existe une descente d'organe et de contracter le périnée pour mesurer sa force musculaire.

 

Grossesse, tabac et constipation chronique : des facteurs de risque de fuite urinaire

La grossesse est l'une des premières causes d'incontinence : "être enceinte est un facteur de risque en soi, à cause de l'excès de poids", explique Laure Mourichon. Un accouchement par voie basse augmente encore le risque car il sollicite beaucoup le périnée. "Et plus l'accouchement est difficile, plus il y aura de lésions au niveau des muscles du périnée et du sphincter urinaire" détaille le professeur Haab. La toux, les bronchites chroniques , la  ménopause et laconstipation chronique sont aussi des facteurs de risque car elles diminuent l'efficacité du sphincter urinaire. Le  tabac joue aussi un rôle négatif sur l'incontinence puisqu'il favorise la toux et diminue la qualité des tissus musculaires. Enfin, certaines professions nuisent à l'état du périnée et sont donc favorables aux fuites urinaires. Par exemple, "les femmes qui exercent des métiers où elles soulèvent des poids quotidiennement (infirmières, aide-ménagères, professions de la manutention...) ou les sportives professionnelles sont plus à même de déclarer une incontinence urinaire d'effort", avertit Laure Mourichon.

 

Kiné, opération, dispositif vaginal... quelles solutions contre les fuites urinaires ?

"La première solution qui vient à l'esprit quand on parle d'incontinence urinaire est l'utilisation de protections. C'est dommage, car ce n'est pas une fatalité et d'autres réponses moins inconfortables existent", souligne le professeur Haab. Pour traiter l'incontinence, il faudra agir sur le périnée ou sur l'urètre pour éviter la survenue de fuites.

Le premier recours consiste en une rééducation périnéale chez un kinésithérapeute . En plus des séances hebdomadaires, il sera important de faire des exercices seule chez soi pour garantir le succès de la rééducation. Celle-ci comprendra trois types de travaux, selon Laure Mourichon :

- des travaux manuels avec une contraction du périnée pour prendre conscience de l'existence du muscle périnéal et contrôler le verrouillage du périnée avant et pendant l'effort

- des travaux par sonde intravaginale reliée à un ordinateur (ou biofeedback) pour visualiser les contractions du périnée

- des travaux par électrostimulation qui aident à sentir le périnée, à renforcer le sphincter urinaire et donc à améliorer la continence de manière ponctuelle.

Les bandelettes, une solution chirurgicale

Bien que la rééducation apprenne à contrôler le périnée, il n'est pas toujours évident de contracter ce muscle en permanence. Des solutions physiques peuvent alors prêter main forte aux femmes en proie aux incontinences d'effort. Tout d'abord, une opération chirurgicale consiste à placer une bandelette synthétique en soutien de l'urètre, pour aider à maîtriser les fuites. Autre solution : un dispositif vaginal en silicone qui vient complémenter la rééducation pour augmenter l'autonomie urinaire de la femme. Cet outil baptisé Diveen® et commercialisé par le groupe médical B. Braun, se place dans le vagin, comme un tampon, à l'aide d'un applicateur. "A l'effort, le canal de l'urètre vient se bloquer sur le dispositif situé en arrière, dans le vagin. Il est donc verrouillé grâce au contact d'un plancher solide" décrit le professeur Haab.

Son efficacité a été estimée à 69% par une étude scientifique* portant sur 29 femmes. Il ne génère pas ou peu de gêne, les femmes pouvant le garder toute une journée, même pour aller aux toilettes. Avantage supplémentaire, il sert aux médecins d'outil de diagnostic car l'évaluation et le ressenti de la patiente constituent des renseignements précieux pour adapter au mieux les soins à sa situation personnelle.

Chaque femme pourra opter pour la solution qui lui convient le mieux, en dialoguant avec un médecin ou un kinésithérapeute. Dans tous les cas, la première étape est donc de briser le tabou de l'incontinence urinaire pourretrouver confiance en soi et ne plus craindre la quinte de toux impromptue ou l'irrésistible envie de danser. 

 Source

Commenter cet article

Archives