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Google transforme les cabines new-yorkaises en instruments d'espionnage à ciel ouvert

Publié par MaRichesse.Com sur 13 Juillet 2016, 06:06am

Catégories : #GOOGLE, #TECHNOLOGIE, #ETATS-UNIS

Google transforme les cabines new-yorkaises en instruments d'espionnage à ciel ouvert

Elles seront bientôt 7.500 à récupérer via des balises wifi et Bluetooth des informations privées pendant que les New Yorkais déambuleront sur le trottoir. Une opération de commercialisation de la ville que la mairie ne semble pas encline à abandonner.

Non, les scoops ne sont pas l’apanage des journalistes. Ce ne sont pas ceux de l’hebdomadaire new-yorkais The Village Voice qui prôneront le contraire. Le service commercial installé au-dessus de leur rédaction a ajouté sa pièce à la remarquable enquête du premier numéro de juillet.

Au cours de négociations avec l'entreprise Gimbal, spécialisée dans la vente de balises (beacon) Bluetooth, un salarié se voit proposer une très belle ristourne s’il accepte de vendre les données récoltées par ces technologies de microlocalisation auprès d'un annonceur tiers. Une pratique interdite par la ville de New York.

La proposition est d'autant plus inquiétante que Gimbal collabore sur le grand projet des bornes wi-fi gratuit ultra-équipées LinkNYC, censées remplacer les cabines téléphoniques rouges. Équipées d'une connexion téléphone gratuite, d'une prise USB, d'une tablette numérique, elles bénéficieront d'une vitesse de wi-fi dernier cri (gigabit). Cinq cents bornes seront installées fin juillet 2016, 7.000 autres suivront dans les prochaines années.

Derrière le projet LinkNYC: le consortium Citybridge, dont la moitié des sociétés appartient à Google via l’entreprise Alphabet. Celui-ci a déboursé 300 millions de dollars sans toucher aucune aide de la ville pour développer ce réseau wifi gratuit. En échange, chaque borne proposera de la publicité, mais surtout les bornes collecteront votre e-mail et tout un tas de données «anonymisées et agrégées» concernant vos déplacements, vos recherches internet, etc. Après la traque de nos comportements numériques, place donc à celle de nos comportements physiques?

 

«Un pacte avec le mal»

«Si CityBridge utilise ce business model qui ne coûte rien, et en mettant un tas d’argent sur ces choses, c’est qu’ils vont monétiser les données statistiques», explique Lee Tien, un avocat de l’association non-gouvernementale Electronic frontier Foundation. Selon le théoricien des médias Douglas Rushkoff, il s’agit même «d’un instrument de propagande personnalisé en temps réel», d’«un pacte avec le mal».

Les doutes sont nombreux sur la transparence et les promesses faites par Google. Le traitement des données sera-t-il réellement agrégé et anonymisé? Plusieurs défenseurs des libertés publiques en doutent. Le Village Voice rappelle que l'entreprise s'était fait prendre à collecter tout un tas de données de bornes wifi au moment des prises de vues pour Google Street View. L'Union des libertés civiles de New-York a fait part de ses inquiétudes en mars 2016 dans une lettre publique à destination de l’avocat du maire. Il y est notamment question de la rétention des données. La maire a indiqué qu’elle n’envisageait pas de répondre.

«Ce sera le réseau le plus grand et le plus rapide dans le monde –et entièrement gratuit, se vantait le maire Bill De Blasio lors de l'inauguration, en février dernier.Je suis sûr d’une chose à propos de mes concitoyens new-yorkais, ils aiment les choses qui sont tout à fait gratuites.» Pas sûr que tous apprécient tant que ça que l'édile vende leur vie privée sur le trottoir... D'autant plus qu'une affaire similaire avait été révélée en 2014 au sujet, cette fois, des vraies cabines téléphoniques

 Source

 

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