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Fusillade de Munich: la remarquable sobriété de la police et de la classe politique allemandes

Publié par MaRichesse.Com sur 23 Juillet 2016, 04:53am

Catégories : #ALLEMAGNE, #POLICE

Fusillade de Munich: la remarquable sobriété de la police et de la classe politique allemandes

Dans les heures qui ont suivi l’attaque mortelle du centre commercial Olympia de Munich par des individus armés de fusils, la police bavaroise et les politiciens allemands ont fait preuve d’une retenue qui détonne avec l’attitude de leurs homologues français à Nice une semaine auparavant.

Ce vendredi soir, l’Allemagne a été touchée au cœur, dans sa troisième plus grande ville, par une attaque terroriste. Elle redoutait un tel événement au moins depuis le 13 novembre 2015. Signe que le pays était en état d’alerte, le soir de la Saint-Sylvestre, la même ville de Munich avait annulé, à la dernière minute, les festivités prévues pour le Nouvel An, en raison de la menace terroriste. Après les attentats de Bruxelles en mars, puis le massacre perpétré sur la Promenade des Anglais a semaine dernière, une attaque terroriste sur le sol allemand n’était, pour beaucoup, plus qu’une question de temps.

«Des partisans de l’EI ont déjà commenté sur internet: "maintenant c’est au tour de Berlin". Je pense que l’Allemagne sera frappée. Dans la revendication de l’EI qui a suivi les attentats de Paris, la France et l’Allemagne étaient explicitementvisées», avertissait Peter Neumann, spécialiste des questions de terrorisme, dans l’hebdomadaire Die Zeitle lendemain de l’attentat de Nice.

Comme pour donner raison à l’expert, deux attaques terroristes se sont produites outre-Rhin moins d’une semaine après son intreview: une attaque à la hache dans un train régional à Würzburg lundi soir, au cours de laquelle quatre passagers ont été blessés par un réfugié afghan de 17 ans, et la fusillade de Munich vendredi, qui a fait au moins dix morts selon le dernier bilan encore provisoire.


 

 

Mais dans les heures qui ont suivi l’attentat «majeur» tant redouté, les autorités allemandes ont fait preuve d’une remarquable sobriété. La police bavaroise a attendu près de trois heures avant de déclarer «soupçonner un acte terroriste». Une heure plus tard, pressée par les questions des journalistes, la police de Munich confirmait du bout des lèvres la piste terroriste:

«Si un individu armé d’un fusil entre dans un centre commercial, ouvre le feu et tue huit personnes, nous devons partir du principe que ce n’était pas un crime ordinaire et qu’il s’agit d’un acte terroriste».

Les médias allemands ont grandement apprécié le calme et la pondération de Marcus da Gloria Martins, le porte-parole de la police munichoise. «Marcus da Gloria Martins reste impassible. Le porte-parole de la police de Munich est l’un des seuls à garder son calme au milieu du chaos»relève le quotidien Süddeutsche Zeitung, satisfait de «l’aplomb» dont a fait preuve le policier face au déluge de questions souvent «redondantes».

La classe politique allemande aussi a brillé par sa retenue. «Nos pensées accompagnent les victimes de l’horrible attaque de Munich. Nous ne souhaitons pas prendre de position de façon prématurée ni émettre de conjecture. Merci de votre compréhension», a posté le gouvernement allemand sur sa page Facebook.

Dans la nuit de vendredi à samedi, une réaction de la chancelière Angela Merkel se faisait toujours attendre. Le président allemand Joachim Gauck, lui, s’est dit «horrifié au plus haut point par l'attaque meurtrière» de Munich, dans un communiqué où il a apporté sa solidarité aux victimes et à leurs proches, tout en se gardant de parler de «terreur». Angela Merkel venait de partir en vacances dans les Alpes et le ministre allemand de l’Intérieur, Thomas de Maizière, était en route pour les États-Unis au moment de l’attaque. Le gouvernement a prévu de se tenir une réunion de crise samedi matin, au lendemain de l’attaque de Munich. La première déclaration officielle attendra, donnant le sentiment que l'important n'était pas de dire mais de faire. En attendant, c’est Peter Altmaier, proche conseiller de la chancelière, qui a déclaré aux médias: «nous n’écartons aucune hypothèse».

On est très loin des déclarations fracassantes de la classe politique française qui se sont fait entendre dans les heures qui ont suivi l’attentat de Nice la semaine dernière.

 

Doutes

Cela peut s'expliquer par la nature de la presse allemande, de sa classe politique, mais aussi par le doute qui pèse encore sur les événements: près de dix heures après la fusillade de Munich, aucune piste n’est encore écartée. Attaque de nature terroriste certes, puisque la définition est large (elle implique en France d'être «intentionnellement en relation avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l'ordre public par l'intimidation ou la terreur») mais islamiste ou pas?

La terreur causée par l'Etat Islamique ferait presque oublier qu'il existe d'autres formes de terrorisme. Il y a cinq ans jour pour jour, le 22 juillet 2011, la Norvège était frappée par un terroriste d'extrême droite, Anders Behring Breivik, qui abattait 69 militants travaillistes réunis en université d'été, sur l'île d'Utoya.

L’Allemagne connaît aussi depuis la fin de l’année dernière une recrudescence des violences d’extrême-droite et, selon une thèse relayée par leHuffington Post allemand, l’assaillant du centre commercial Olympia pourrait être lié aux réseaux d’extrême-droite.

Dans sa très grande prudence, la police allemande a indiqué qu'elle menait une enquête exhaustive, et que les spéculations étaient inutiles.  

 Source

 

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