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Conseils, science, sante et bien-être


Finissons-en avec l'épisiotomie systématique et non consentie!

Publié par MaRichesse.Com sur 12 Juillet 2016, 03:48am

Catégories : #SANTE-BIEN-ETRE

Finissons-en avec l'épisiotomie systématique et non consentie!

De plus en plus de voix s'élèvent pour dénoncer la généralisation d'une pratique symbolique d'un certain patriarcat du monde médical.

«Épisio». L’épisiotomie est à ce point banalisée qu’elle a hérité de son petit surnom, rendant ainsi la pratique, sinon inoffensive, en tout cas, presque anodine dans son énonciation. Elle est même tellement intégrée dans l’imaginaire collectif qu’elle est devenue source de blagues, parfois hilarantes, sur les blogs, dans les sketchs de Florence Foresti ou simplement au cours d’une discussion entre jeunes mères: «J’ai eu une épisio, j’en chie. Littéralement. Elle s’est déchirée jusqu’à l’anus.»

Dès qu’il est question d’accouchement, le mot est assez vite lâché, mais un peu comme on parlerait d’une anesthésie dentaire un peu costaude, ou de n’importe quel acte chirurgical pénible mais inévitable.

Pourtant, il n’en est rien. L’épisiotomie n’a rien de drôle (même s’il faut continuer de tâcher d’en rire jaune) mais n’a surtout strictement rien d’insignifiant ou de léger. Elle pèse même de tout son poids sur la psyché des jeunes ou futures accouchées, sur leur corps, leur santé physique, leur sexualité, le rapport à leur enfant, aux soignants, à la confiance que l’on est censé accorder à ces derniers. Elle n’a surtout rien d’inévitable. Elle peut être synonyme de douleur, de complications atroces, de bafouement du consentement. Bref, de violences gynécologiques. Pour s’en rendre compte, et s’écarter un instant de l’aspect quasi insignifiant que l’on a fini par allouer à l’acte, il suffit déjà, de savoir exactement en quoi consiste une épisiotomie.

«Mutilation inutile»

«Épisio», ça sonne mieux et moins flippant que «intervention chirurgicale qui consiste à sectionner la muqueuse vaginale et les muscles superficiels du périnée afin d’agrandir l’orifice de la vulve et de faciliter l’expulsion du fœtus lors de l’accouchement». Car c’est exactement ce dont il s’agit. Le sexe de la femme va être littéralement agrandi à l’aide de ciseaux chirurgicaux ou d’un scalpel.

 

 

 

Et si quelques médecins et sages-femmes ont commencé à dénoncer la standardisation de cette pratique (30% des accouchements en France) et même à parler de «mutilation inutile», il est urgent de prêter enfin l’oreille à la parole des premières concernées: les femmes, et en particulier, celles qui dénoncent leur douleur restée secrète et ce qu’il convient d’appeler une «violence médicale délibérée». Ce sont les termes employés par Emma, auteure du blog Check ta chatte, qui s’est très judicieusement intéressée aux récits de ces femmes et confie à slate.fr:

«Comme tout le monde, j’ai longtemps cru que l’épisiotomie était un “passage obligé”, contre lequel on ne peut rien faire (c’est ce que ma sage femme m’avait dit pendant mes cours de préparation aussi). J’ai eu un super accouchement avec une petite déchirure et je me suis juste dit que j’avais eu de la chance.

C’est ma copine Fabienne, qui est journaliste scientifique, qui m’a donné des infos sur les taux pratiqués et les recommandations. Je suis tombée des nues. Et puis j’ai rencontré Cécile, assez vite on s’est raconté nos accouchements, et son histoire m’a révoltée.

Si l’épisiotomie avait été inévitable, j’aurais été désolée pour elle, mais comme en plus je savais que ce qu’elle a subi venait juste de la mauvaise volonté (ou formation) du personnel médical qui l’a suivie, oui, je pense qu’on pouvait sans souci parler de violence médicale délibérée»,
 raconte l’illustratrice.

Contre son gré

Emma a alors décidé de mettre en image le récit de Cécile, «son accouchement rêvé et une épisiotomie contre son gré». En 2013, Cécile a choisi d’accoucher dans une maternité prônant l’accouchement naturel, et avait pris soin de refuser de façon explicite de subir une épisiotomie. Il est, en effet, de plus en plus fréquent que les femmes soient invitées à rédiger un projet de naissance (ce qu’elles veulent, ce qu’elles ne veulent pas). Et tout aussi usuel que leur vœux ne soient pas écoutés, et même franchement niés.

Au cours de son accouchement, et alors qu’elle maintient son refus de l’épisiotomie, et qu’elle et le bébé vont bien, celle-ci va être pratiquée contre son gré. S’en suivent 13 points de suture, une mauvaise cicatrisation –l’épisiotomie demande des soins ardus qui n’empêchent cependant pas les complications–, des problèmes de sexualité, et surtout, une longue et douloureuse dépression dont elle ne parviendra à s’extraire qu’avec une aide psychologique.

Le témoignage, on s’en doute, a suscité moult réactions. D’abord, d’autres femmesont elles aussi confié à Emma le récit de leur épisiotomie non consentieFleur estime que la décision de pratiquer une épisiotomie a été prise «parce que ça n’allait pas assez vite pour l’équipe médicale»D’ailleurs, des morceaux de placenta ont été oubliés après l’expulsion et ont été récupérés, en, urgence, «au bras», après une hémorragie.

Le récit d’Ania a ceci de révoltant qu’elle raconte clairement que l’équipe médicale s’est littéralement foutu de sa gueule: «C’est lorsque ma puce est arrivée et que je voyais encore le médecin entre mes jambes et que je lui ai demandé si j’avais eu une déchirure, il s’est foutu de moi en me disant que non, j’avais eu une épisio.» 

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