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Face à Macron, Hollande joue la force tranquille

Publié par MaRichesse.Com sur 12 Juillet 2016, 05:10am

Catégories : #POLITIQUE, #PEOPLE

Face à Macron, Hollande joue la force tranquille

Pas tout à fait un non-événement mais pas de quoi s’inquiéter, loin s’en faut. Dans l’entourage de François Hollande, on joue la force tranquille avant le meeting d’Emmanuel Macron, mardi soir à la Mutualité, que les proches du ministre de l’Economie présentent comme une étape de plus vers une candidature présidentielle. Après avoir lancé son mouvement politique début avril, Emmanuel Macron hausse pourtant de plus en plus le ton contre le Président, multipliant les piques sans plus prendre la peine de les voiler. Mais à chacune de ses sorties – qu’il réfute toute volonté de jouer les rabatteurs de voix pour Hollande en 2017 ou déplore le «faible leadership de chaque côté» de l’échiquier politique – l’Elysée élude. «Vu les sondages, on ne peut pas dire que chef de l’Etat est populaire si on va par là», relativise un conseiller présidentiel interrogé sur les dernières amabilités distillées par Macron.

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La zen attitude est d’autant plus facile à adopter que plusieurs partisans de l’ancien secrétaire général de l’Elysée s’étant répandu dans les médias ces derniers jours pour réfuter toute sortie fracassante du gouvernement sur la scène de la Mutualité mardi soir. «On ne doute pas qu’il sera loyal jusqu’au bout», ajoute donc le même conseiller de l’Elysée pour qui «le 13 juillet, Emmanuel sera toujours ministre». Pour expliquer que Macron ne se mesurera ni à Hollande ni à la présidentielle, un visiteur du soir de l’Elysée a l’assurance beaucoup plus imagée : «Il y a toujours beaucoup de monde à l’entraînement de boxe mais, généralement, les fils de bourgeois ne veulent pas dérouiller et ne montent jamais sur le ring quand il y a match.»

Pas de compromis politique

Depuis trois mois, toute la question pour François Hollande consiste à savoir si Emmanuel Macron est plus utile dedans ou dehors. Et visiblement l’idée est désormais de le garder aussi longtemps que possible à l’intérieur du gouvernement. Pour certains frondeurs socialistes, c’est l’une des raisons pour lesquelles l’exécutif a refusé de lâcher du lest la semaine dernière sur la question de la rémunération des heures supplémentaires, qui aurait pu constituer un compromis politique et une sortie de crise par le haut dans la bataille sur la loi travail. «Les heures sup, tu y touches, Macron se barre et ils ne le veulent pas», résume un député. «A part tenir un discours de droite dans un gouvernement de gauche, quelle est la valeur politique de Macron, balance un ministre qui force un peu le trait comme pour se rassurer. Dans un gouvernement de droite, il ne serait rien et hors d’un gouvernement de gauche il ne sera rien.»

D’autres avancent que le ministre de l’Economie ne peut se payer le luxe de partir de lui-même avant d’avoir un vrai bilan à Bercy, histoire de ne pas ajouter le procès en incompétence à celui en trahison. «Le problème de Macron, ce n’est pas que son bilan soit inexistant mais qu’aucun sondage ne le donne gagnant contre la droite contrairement à DSK ou Royal à leur époque», lâche un haut dirigeant du PS acquis à Hollande. Ce que les partisans du ministre de l’Economie savent parfaitement, d’où la godille sur les crêtes permanente. «En fait, ce que Macron voudrait, c’est être viré donc il joue la provoc», résume un pilier de l’Assemblée. Tant sur le fond que sur la forme. Comme son apparition sur les photos de l’anniversaire de Line Renaud, chiraquienne historique, aux côtés de Johnny Hallyday et Muriel Robin. Ou son long aparté avec Nicolas Sarkozy lors de l’hommage à Michel Rocard jeudi aux Invalides, pour le plus grand bonheur des photographes.

«Sentiment délétère»

Au sein du premier cercle hollandais, on doute de toute façon de la valeur ajoutée de Macron pour 2017. «Il est jeune, pas du tout idéologue, malin et intelligent. Mais utile ? s’interroge un ministre. Si la future présidentielle était classique, il aurait pu faire en 2017 ce qu’Hollande a fait pour lui-même en 2012 : ramener des gens de droite et du centre vers la gauche réformiste. Sauf que l’an prochain, on sera dans tout sauf une présidentielle classique, avec le FN très haut et une gauche totalement éparpillée.» D’ailleurs, depuis qu’Emmanuel Macron s’est positionné sur le créneau «ni droite ni gauche», Julien Dray qui le conseillait jusqu’alors a jeté l’éponge. «Tu es en train de perdre la confiance de Hollande et Valls ne pouvait pas espérer mieux : tu es le méchant, il est le gentil», lui a expliqué en substance l’ami du président.

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Avant l’interview du 14 Juillet jeudi, les dernières remontrances officielles du chef de l’Etat adressées à son ministre de l’Economie datent de la mi-avril, juste après le lancement de En marche. Hollande avait cinglé : Macron «doit être dans mon équipe, sous mon autorité». Le ministre s’était fendu d’une réponse acide par média interposé, dans le Dauphiné, faisant valoir qu’il n’était pas «son oblig黫Hollande a très mal pris cette réponse, témoigne un proche. Mais c’est fini cette histoire, Macron a compris que le sujet était moins les idées qu’il pouvait apporter au débat politique que le sentiment délétère qu’il pouvait être un affranchi.» Depuis qu’il joue à la fois collectif et perso, Macron est passé maître dans les messages subliminaux, mais Hollande reste inégalé dans cet art. Jeudi, lors de l’hommage à Michel Rocard aux Invalides, il a dissimulé une mise en garde très claire à son ancien conseiller sous un compliment adressé au père de la «deuxième gauche» dont Macron se réclame. L’ancien Premier ministre, a rappelé le président, «n’a jamais joué contre sa famille politique, même quand il a fallu qu’il s’efface devant François Mitterrand». Lui.  

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