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De Bâton-Rouge à Dallas : une semaine infernale

Publié par MaRichesse.Com sur 9 Juillet 2016, 03:38am

Catégories : #ETATS-UNIS

De Bâton-Rouge à Dallas : une semaine infernale

“Une semaine venue de l’enfer” : c’est le titre choisi par un chroniqueur du New York Times pour évoquer la mort de deux hommes noirs tués par des policiers, les 5 et 6 juillet, et celle de cinq policiers à Dallas, le 7 juillet, lors d’une manifestation contre les violences policières. Une série d’événements qui détruisent“le tissu même dont notre nation est faite”, écrit ce commentateur noir, Charles Blow, qui poursuit :  

  Il semble que nous soyons pris dans un cycle de violences de plus en plus atroces sans issue facile, sans assez de voix appelant au calme, sans outils pour faire baisser la tension, sans solutions satisfaisantes.”

Cette peur d’un cycle infernal de divisions et de violences est largement partagée par la presse américaine. Le New York Daily News a mis à sa “une” un drapeau déchiré, avec cette manchette au bas de la page : “L’Amérique en lambeaux”. Le pays est “au bord de l’explosion” et la colère qui le traverse “semble sans fin”, écrit un chroniqueur du quotidien.

Black Power

Le meurtrier de Dallas, Micah Johnson, a déclaré durant les négociations avec la police qu’il “voulait tuer des Blancs, en particulier des policiers blancs” et qu’il était“en colère au sujet des récents homicides commis par des policiers” contre des Africains-Américains, à Bâton-Rouge en Louisiane le 5 juillet et dans la banlieue de Minneapolis, dans le Minnesota, le 6 juillet. Deux homicides largement diffusés par des vidéos – le premier filmé en direct par un téléphone portable, le second raconté juste après les coups de feu par la petite amie de la victime.

Micah Johnson, un ancien réserviste de 25 ans qui avait été déployé en Afghanistan en 2013-2014, affichait sur Facebook des sympathies pour des organisations de défense des Noirs inspirées du mouvement “Black Power” des années 1960. Il avait notamment “aimé” deux organisations, précise le New York Times : le New Black Power Party – considéré comme raciste et antisémite par l’Anti-Defamation League, une ONG luttant contre l’antisémitisme – et l’African American Defense League.  


Depuis jeudi soir, les discours aux Etats-Unis “ont oscillé entre amertume et désespoir”, constate The New York Times. Voire parfois provocation. Le New York Post, tabloïd newyorkais de droite, a mis de l’huile sur le feu en titrant en “une”, le 8 juillet, “Guerre civile”.
 


Le Drudge Report, un site d’aggrégation conservateur, a titré “Black Lives Kill” (“Les vies noires tuent”), détournant le nom du mouvement anti-violences policières Black Lives Matter (“Les vies noires comptent”), note aussi le New York Times. Tandis que certains manifestants dans le Minnesota, jeudi soir, chantaient “Kill the police” (“Tuez les policiers”).

 

Le spectre des années 1960

Pour plusieurs policiers et sociologues interrogés par le journal, le niveau de tensions approche celui que l’Amérique a connu au moment des émeutes de la fin des années 1960, qui ont secoué diverses villes (Los Angeles, Detroit, Newark etc.) pendant plusieurs étés.

Le parallèle avec cette période revient dans plusieurs titres. Le chroniqueur du New York Daily News, cité plus haut, évoque “les nouvelles années 60, en plus méchant et en plus dangereux”The Atlantic s’interroge : “L’Amérique est-elle en train de répéter les erreurs de 1968 ?” A l’époque, souligne le magazine, le pays avait échoué à prendre les mesures qui s’imposaient après les émeutes des années précédentes.

Pour le chroniqueur noir Leonard Pitts Jr., du Miami Herald, “l’Amérique est devenue folle”, comme il y a cinquante ans.  

  Quelque chose chez nous ne tourne pas rond. Et je dois vous dire que j’ai peur pour mon pays.”

 


D’autres commentateurs préfèrent appeler à l’unité, au dépassement des divisions, à l’image du chroniqueur Eugene Robinson du Washington Post. “Les vies noires comptent. Les vies bleues [celles des policiers] comptent. Ces deux énoncés doivent être rendus vrais pour que les vies perdues à Dallas aient un sens.”

 

Dans tous les cas, cependant, c’est bien l’inquiétude qui domine. “Au milieu d’une des campagnes présidentielles les plus importantes de l’histoire récente, ces événements convulsifs augurent de divisions encore plus profondes dans un pays déjà déchiré par les animosités raciales et idéologiques,” résume The New York Times. 

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