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Barroso chez Goldman Sachs: un «bras d’honneur» tout à fait légal

Publié par MaRichesse.Com sur 10 Juillet 2016, 05:47am

Catégories : #PEOPLE

Barroso chez Goldman Sachs: un «bras d’honneur» tout à fait légal

Sans honte  », «  indécent  », un « bras d’honneur  » : une pluie de critiques s’est abattue depuis vendredi en Europe sur l’ex-président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, qui va rejoindre la banque d’affaires américaine Goldman Sachs.

En France, plusieurs voix de gauche, jusqu’au sein du gouvernement, ont protesté contre son embauche par une banque à la réputation sulfureuse.

«  Desservir les citoyens, se servir chez Goldman Sachs : #Barroso, représentant indécent d’une vieille Europe que notre génération va changer  », a tweeté le secrétaire d’Etat français au Commerce extérieur, le socialiste Matthias Fekl. Les eurodéputés PS français ont eux jugé «  scandaleux  » ce «  nouveau pantouflage, qui ressemble fort à un conflit d’intérêts  ». «  Nous exigeons une révision des règles pour empêcher de tels recrutements d’anciens Commissaires européens  », ont-ils écrit dans un communiqué.

« Un symbole désastreux »

Même indignation à Lisbonne, dans les rangs du parti socialiste au pouvoir et de ses alliés de la gauche radicale. «  Cette nomination montre que l’élite européenne dont fait partie Barroso n’a aucune honte  », a ainsi réagi Pedro Filipe Soares, chef de file parlementaire du Bloc de gauche.

La presse française estime que cette nomination tombe au plus mal. «  L’image de l’Union européenne qui n’est pas folichonne en ce moment, n’avait pas besoin de cela », écrit samedi l’hebdomadaire français L’Obs.

«  C’est, au pire moment, un symbole désastreux pour l’Union et une aubaine pour les europhobes  », renchérit le correspondant de Libération à Bruxelles Jean Quatremer, qui dénonce un «  bras d’honneur à l’Europe  ».

Subprimes et crise grecque

Si elle est jugée sévèrement sur un plan éthique, cette nomination n’a cependant rien d’illégale.

Premier ministre du Portugal de 2002 à 2004, M. Barroso a occupé la présidence de la Commission européenne de 2004 à 2014, période durant laquelle l’Europe, secouée par la crise financière de 2008, a été perçue comme libérale et sans grand dessein.

Goldman Sachs jouit d’une réputation sulfureuse, notamment en raison de son rôle dans la crise des subprimes en 2008 et dans la crise grecque. GS avait aidé, au début des années 2000, l’Etat grec à masquer ses déficits pour rester dans l’euro. Puis, au tournant des années 2009-2010, elle avait spéculé contre la dette de l’Etat hellène.

 

 

« Défi intéressant et stimulant »

La banque a annoncé l’avoir engagé pour la conseiller, alors que la sortie du Royaume-Uni de l’UE devrait avoir des impacts sur le monde financier. «  Après avoir passé plus de trente ans dans la politique et le service public, c’est un défi intéressant et stimulant qui me permet d’utiliser mes compétences dans une institution financière mondiale  », a expliqué M. Barroso à l’hebdomadaire portugais Expresso. «  Si l’on reste dans la vie politique, on est critiqué pour vivre aux crochets de l’Etat, si l’on va dans le privé, on est critiqué pour tirer profit de l’expérience acquise dans la politique », a-t-il ajouté, balayant tous les reproches.

 

 

 

José Manuel Barroso sait qu’il n’a enfreint aucune règle : au-delà de 18 mois après la fin de leur mandat, rien n’oblige les anciens membres de la Commission à rendre des comptes, a pour sa part souligné l’institution européenne. Le recyclage d’anciens commissaires européens dans le privé n’est d’ailleurs pas rare. 

 Source

 

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