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Conseils, science, sante et bien-être


10 conseils pour optimiser la collaboration entre grands groupes et start-up

Publié par MaRichesse.Com sur 9 Juillet 2016, 09:00am

Catégories : #SANTE-BIEN-ETRE, #ASTUCES, #ENTREPRISE, #TECHNOLOGIE

10 conseils pour optimiser la collaboration entre grands groupes et start-up

Qu’est-ce la Foodtech ? Derrière cette expression qui allie food (alimentation) et technologie, ce sont toutes les problématiques de la production alimentaire de demain qui sont en jeu. "C’est améliorer la qualité et la sécurité de l’alimentation, garantir plus de transparence et de pédagogie autour des produits, concevoir des produits respectueux de l’environnement, développer les compétences et l’emploi dans les filières alimentaires et renforcer le leadership de l’industrie alimentaire française", précise Jean-Philippe Girard, Président de l’Ania*, lors du premier #Foodtech Forum LSA qui s’est tenu à Paris le mardi 5 juillet 2016. Pour lui, la digitalisation est un véritable enjeu d’époque, qui offre de nouvelles façons d’interagir avec les consommateurs. "Avec la digitalisation, on ne peut pas se contenter des discours classiques de la publicité. Il faut trouver les mots justes sur le produit, et cela implique parfois un changement de posture sociétale", ajoute David Garbous, directeur marketing stratégique Fleury-Michon.

Parfois identifiée comme une menace, la foodtech est avant tout une vraie opportunité. "Ce sont les start-up qui détiennent l’innovation", rappelle Kevin Camphuis, co-fondateur de ShakeUpFactory. Cette nouvelle forme de collaboration entre jeunes pousses et grands groupes alimentaires doit être bien appréhendée, tant par ses acteurs que par ceux qui veulent les intégrer."Les grands groupes ont envie d’aller sur de nouveaux business model, les start-up veulent proposer des innovations et conquérir des marchés", résume Christophe Breuillet, directeur du pôle Vitagora. Mais intégrer ces nouveaux acteurs et l’innovation dans une stratégie globale n’est pas si simple. L’innovation, si elle n’est pas l’apanage des jeunes pousses, tend à bousculer les acteurs traditionnels et leurs modes de fonctionnement. "Pour nous distributeurs, c’est une nouvelle forme de concurrence, explique Philippe Goetzmann, Directeur des relations institutionnelles d'AuchanRetail France. "Les start-up ont des idées, elles vont vite, et cela nous oblige à changer de paradigme, ce qui est long et difficile". Voici quelques pistes pour connecter intelligemment les start-up et les grands groupes.

1/ Attribuer un budget

Pour attirer les start-up dans un programme d’incubation, il faut leur mettre à disposition les moyens pour réaliser leurs projets. Ce budget doit être intégré à la stratégie d’innovation globale et le coût total doit être anticipé pour éviter tout accident de parcours. Mais attribuer un budget ne suffit pas, il faut aussi sécuriser le marché. Le pôle de compétitivité agroalimentaire Vitagora, qui rassemble 300 membres (PME, startup et grands groupes), invite chaque acteur à choisir un moyen de financement  qui correspond au projet. Au Groupe Avril (Lesieur, Puget, Matines), "tout ce qui est généré est réinvesti", précise Jean-François Rous, Directeur Recherche et Innovation. Chez Ferrero, pas de chiffres sur le budget officiel, mais on précise que le budget dédié à l’innovation est "conséquent et qu’il dépasse le budget de certaines marques du groupe".

2/ Penser utilisateur…

Le digital a bouleversé les usages des consommateurs, et c’est lorsque l’innovation est à leur service qu’elle fonctionne véritablement : "On a perdu les fondamentaux dans la recherche incrémentale et on a oublié de se poser les bonnes questions", analyse David Garbous (Fleury-Michon). Il faut désormais penser customer centric : qu’attendent les consommateurs, et quel besoin absolu la solution apporte-t-elle au client visé ? "Aujourd’hui, il y a certaines déceptions qui s’exprime vis-à-vis de l’industrie alimentaire. Pour reconquérir cette confiance, la logique d’innovation est fondamentale", ajoute-t-il. Pour Kevin Camphuis (ShakeUpFactory), "toutes ces technologies construisent une nouvelle proposition de valeur qui répond mieux aux besoins qu’une solution existante". Chez les distributeurs, même constat : "Ce qui est très intéressant avec les start-up, c’est ce ‘penser-client’. Notre métier était de vendre des produits, et nous ne sommes pas habitués à vendre des services. Il y avait des trous dans la raquette", reconnaît Philippe Goetzmann (Auchan Retail France).

3/ ... Et l’intégralité de la chaîne de valeur

"La diversité d’acheteurs permet de couvrir l’intégralité de la chaîne de valeur. La foodtech, ce n’est pas seulement le numérique, ou le besoin du consommateur," précise Christophe Breuillet. Ainsi, les innovations peuvent toucher aussi bien les ressources humaines que la logistique ou le marketing. "Tout process peut être disrupté par une start-up", rappelle Camille Panassié, responsable de l’innovation Groupe Poult.

4/ Raisonner international

Se limiter au marché français fait naturellement manquer de nombreuses opportunités business.D’où également la nécessité de structurer le réseau pour peser à l’international face à d’autres pays très dynamiques, comme les Etats-Unis ou Israël. Chez Vitagora, l’offre d’accompagnement propose un programme en trois phases : l’identification de la jeune pousse, la phase d’accélération et le développement du marché à l’international.

5/ Faire rayonner l’économie française

Le label French Tech et l’image "made in France" se révèlent être des atouts incroyables dans le cadre d’un développement à l’international grâce à l’image très forte de l’Hexagone en termes de patrimoine gastronomique. "On vise même un label "French Food Tech", précise Christophe Breuillet. On est crédible, on a de très belles start-up dans notre pays". "Beaucoup de pays sont en avance sur le sujet de la foodtech, ajoute Kevin Camphuis. Il faut aussi valoriser nos compétences à l’extérieur de nos frontières".

6/ Repenser les modes organisationnels

Quel que soit le mode d’organisation choisi, la question est d’intégrer le numérique à l’entreprise et donc de faire évoluer l’organisation, renouveler les méthodes, et parfois se réinventer. "Le digital nous amène de nouveaux outils de travail, bouscule nos organisations et notre métier de distributeur", résume Philippe Goetzmann (Auchan). Chez InVivo, la collaboration avec les start-up s’est d’abord faite de façon individuelle. "Maintenant, on veut créer un incubateur et un fond d’amorçage, a annoncé Thierry Blandinières, directeur général Unio InViVo. Le premier groupe coopératif agricole français va également créer une maison de l’innovation en Bretagne dédiée à la santé animale, et qui va intégrer des start-up sur le modèle de la pépinière SMAG, spécialisée dans la data agricole et qui réalise un chiffre d’affaires de 12 millions d’euros. Chez Seb, l’innovation prend la forme d’une "digital factory" autonome pour infuser des résultats et méthodologies au sein du groupe. Pour Fleury-Michon, c’est un comité de sélection en interne qui identifie les jeunes pousses à suivre. "Cela doit être une conviction commune, l’innovation doit être au cœur de la stratégie de l’entreprise", précise David Garbous. Chez Ferrero, "nous n’investissons pas dans les start-up dans un mode structuré, mais nous identifions les jeunes pousses dans les médias, le marketing et leur confions des programmes pilotes, puis les modélisons au niveau national pour l’ensemble des marques", précise Guillaume du Gardier, Directeur digital Ferrero.

7/ Ajuster sa proposition de valeur

L’innovation apporte de nouveaux services et modifie l’offre des commerçants traditionnels. Pour Xavier Boidevezi, vice-président Business Development et Digital du groupe SEB, "on doit fédérer en France au sein d’un écosystème tout ce qui gravite autour du food pour proposer des propositions de valeur pour l’utilisateur". Recettes de cuisine, conseils... l’entreprise s’appuie sur le succès commercial du premier produit connecté de la cuisine en France, le Cookeo Connect, pour poursuivre sa réflexion et enrichir l’écosystème, comme la livraison des ingrédients à domicile ou encore l’association d’un vin pertinent à la recette. "C’est là qu’une start-up peut nous aider à développer les solutions de la cuisine de demain", poursuit Xavier Boidevezi. Un constat partagé par Pascal Peltier, VP Marketing et Digital chez Metro Cash & Carry France. "L’enjeu aujourd’hui, c’est de ne plus jamais dire non à client pour un produit ou un service, mais devenir une entreprise servicielle". Pour une marque comme Ferrero, il est difficile de trouver sa place de façon pertinente sur mobile. "Le contenu est donc un excellent moyen d’apporter une dimension servicelle à la marque", ajoute Guillaume du Gardier, Ferrero a ainsi développé des plateformes digitales pour partager des expériences autour de ses produits pour certains temps forts.

8/ Etre complémentaire

Reconnaître les différentes compétences de chacun permet de mener une collaboration en bonne intelligence. "On n’a pas l’arrogance de dire qu’on peut tout faire, on a besoin des start-up", avance Xavier Boidevezi (SEB). Chez Fleury-Michon, on s’est interrogé : comment passer de l’état prototype à produit ? "C’est la compétence des grands groupes, dont il y a une complémentarité d’action", répond David Garbous. Le Groupe Poult s’est tourné quant à lui vers l’open innovation. "On ne peut pas travailler tout seul dans son coin, préconise Camille Panassié. On se tourne vers les autres entreprises, les laboratoires, les start-up, les facultés et même les concurrents". Pour Philippe Goetzmann (Auchan Retail France), "bien que nous ayons une vingtaine de projets dans l’alimentaire, nous n’avons pas de fonds d’amorçage. Chacun doit rester dans son métier. Pourquoi ? Parce qu’une grosse entreprise peut gêner la start-up, qui est agile et libre, et qui fonctionne avec des process moins lourds".

9/ Accompagner les start-up

"On a du mal à accompagner les start-up pour les deuxième et troisième levées de fonds.Comment bien les accompagner, les embarquer dans un projet alimentaire ?", s’interroge Jean-Philippe Girard. Si la plupart du temps, la première levée de fonds reste relativement simple, les choses peuvent se compliquer. "Au bout de quelques mois, on s’aperçoit qu’il n’y a pas de développement de contrat, pas d’accès au marché, pas d’accords commerciaux… La  start-up n’a pas été bien accompagnée", regrette Christophe Breuillet (Vitagora).

10/ Apprendre de ses erreurs

C’est la souplesse des start-up qui a permis la réussite d’un grand nombre de projets. Le fameux principe du test and learn (tester et apprendre) doit être pleinement intégré par les différents acteurs. "Il faut faire confiance et lâcher prise, car il n’y a pas d’innovation sans sortir de sa zone de confort, note Camille Panassié. Oui, il y a des choses qui ne marchent pas, mais il faut accepter le principe du droit à l’erreur et en tirer des leçons rapidement". Alors finalement, comment travailler avec des start-up ? "On a besoin de benchmark, on est perdu dès qu’on a moins de repère. On est parfois frileux, on manque d’agilité", reconnaît le directeur digital de Ferrero. Aux grandes entreprises de faire preuve d’ouverture si elles veulent prend le virage de l’innovation et ne pas passer à côté des pépites de demain. 

*Association Nationale des Industries Alimentaires  

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