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Conseils, science, sante et bien-être


Les écarts de réussite s’installent dès l’école primaire

Publié par MaRichesse.Com sur 23 Juin 2016, 05:10am

Catégories : #ECOLE, #RELATIONS, #VIE

Les écarts de réussite s’installent dès l’école primaire

En dépit des politiques et des discours sur l’égalité des chances, le système scolaire français reste fortement marqué par des écarts de réussite. Il ne parvient pas à réduire ce « noyau dur » d’élèves en difficulté, qui sont en grande majorité issus de milieu socialdéfavorisé.

Maîtrise des compétences du socle commun
En vigueur en septembre 2015
020406080100Maîtrise de la langueMathématiques et sciencesEnsembleGarçonsFillesNon-redoublantsRedoublantsSecteur public hors-ZEPREP plus (éducationprioritaire)Secteur privé
Secteur public hors-ZEP
● Maîtrise de la langue:83,20 %
● Mathématiques et sciences: 73,10 %
SOURCE : MENESR-DEPP

La dernière étude en date, réalisée par le service statistique du ministère de l’éducation nationale, la DEPP, vient confirmer ce constat. Publiée mardi 21 juin, elle montre que dans l’ensemble, à la fin de l’école primaire, près de 20 % des élèves n’ont pas les bases suffisantes en français ; ils sont environ 30 % dans ce cas en mathématiques et en sciences. Entre enfants de milieu favorisé et enfants d’origine défavorisée, c’est le grand écart : quand 90 % environ des premiers ont les « acquis attendus » dans les deux domaines, ils sont moins de 70 % en français et seulement 55 % en mathématiques et en sciences, dans les familles les plus modestes.

C’est la première fois que la DEPP a conduit une évaluation auprès d’élèves par ordinateur – en lieu et place des feuilles de papier –, ce qui lui a permis de mener un test de grande ampleur : 160 000 élèves de 6e y ont participé en novembre 2015, répartis dans plus de 4 000 collèges de toutes les académies. Soit environ un élève de 6e sur cinq, dans près de deux tiers des collèges. En français, ceux-ci ont été évalués en lecture, orthographe, grammaire et vocabulaire. En maths, sur les nombres et calculs, la géométrie… En sciences, sur le vivant, la matière ou encore la pratique d’une démarche scientifique.

Il en ressort que les différences de niveau, fortement corrélées à l’origine sociale, sont déjà bien installées dès la fin du primaire. Différences que la politique d’éducation prioritaire ne parvient pas à réduire : en maîtrise de la langue, l’écart de niveau est de plus de 20 points entre les élèves de « REP + » (réseaux d’éducation prioritaire) et ceux scolarisés hors éducation prioritaire ; il atteint 30 points en mathématiques et sciences. Le constat est proche de celui fait par l’OCDE à travers son enquête triennale PISA menée sur des élèves de 15 ans. La dernière version, en 2013, classait la France parmi les pays les plus inégalitaires.

 

 

Déterminismes sociaux

Originalité de l’étude de la DEPP : elle s’intéresse aux écarts de réussite entre académies, qui « s’expliquent en grande partie par leur profil socio-économique », explique Fabienne Rosenwald, la directrice de la DEPP. Moins de 80 % des élèves ont des acquis suffisants en français dans les académies du nord de la France – Lille (77 %), Amiens (78 %), Rouen (78 %) et Créteil (79 %) –, ainsi que dans les départements d’outre-mer(autour de 70 % à la Réunion, en Guadeloupe et en Martinique, et seulement 40 % en Guyane). Or ces académies ont les indices de niveau social parmi les plus faibles.

A l’inverse, Paris affiche la plus haute performance en maîtrise de la langue en même temps que l’indice social le plus élevé. C’est également le cas des académies de Rennes, Versailles, Grenoble et Lyon, où performance et niveau social vont de pair.

Toutefois, « tout ne s’explique pas par le contexte socio-économique. A niveau social comparable, certaines académies s’en sortent mieux en termes de performance et d’équité », précise Mme Rosenwald. C’est par exemple le cas de Rouen et Besançon : les deux académies ont le même indice social, mais les performances sont meilleures dans la seconde.

« On voit bien qu’il existe des marges de manœuvre pour dépasser les déterminismes sociaux, ajoute la directrice de la DEPP. L’éducation nationale va se saisir de ces résultats pour tenter de comprendreces différences : est-ce que dans tel endroit, la scolarisation précoce est plus développée ? Est-ce que dans tel autre, un effort particulier est fait en matière de formation des enseignants ?… »

Autre information de l’étude, également révélée dans les tests de lecture réalisés chaque année lors de la Journée défense et citoyenneté (JDC) : les filles réussissent mieux que les garçons en maîtrise de la langue (86 % d’entre elles ont les bases suffisantes, contre 78,4 % des garçons). Cet écart n’apparaît pas, en revanche, dans le domaine scientifique. Enfin, les élèves ayant redoublé durant le primaire ont des résultats bien inférieurs aux autres (plus de 40 points de différence). Signe que leur redoublement n’a pas permis de rattraper leur retard.


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