Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


Les 7 questions que soulèvent les inondations

Publié par MaRichesse.Com sur 4 Juin 2016, 07:34am

Catégories : #FRANCE, #ENVIRONNEMENT

Les 7 questions que soulèvent les inondations

La Seine est en vigilance orange, le RER C ne fonctionne plus à Paris. Et les questions sont nombreuses après un épisode de pluies exceptionnel.

1. L'épisode météo à l'origine des inondations est-il exceptionnel et est-ce l'impact du changement climatique?

Les prévisionistes de Méteo France sont formels, les 139 millimètres de pluie tombés à Orléans représentent plus de deux fois la quantité de pluie tombée par rapport à la normale. Et sur les cumuls constatés sur l'ensemble du mois de mai à Paris, Orléans, Blois ou Trappes, un tel niveau de pluie n'a jamais été atteint depuis que les statistiques existent. On parle d'une durée de retour centenale.

Problème, cet événement historique est intervenu sur des sols déjà très humides, donc propices au ruissellement. Problème aussi, dans le cas particulier de l'Ile-de-France, l'épisode pluvieux intervient aux deux tiers du printemps, alors que les quatre lacs réservoirs qui permettent de stocker les écoulements en période de crise sont déjà pratiquement pleins . Ils servent en effet de réservoir pour alimenter la Seine l'été lorsque les débits du fleuve sont insuffisants. En 1910, la situation était encore plus difficile à gérer car la pluie ne pouvait s'infiltrer sur des sols gelés. Résultat, il avait fallu plus de deux mois pour que le fleuve retrouve son niveau normal.

 

image: http://www.lesechos.fr/medias/2016/06/03/2003377_ile-de-france-les-7-questions-que-soulevent-les-inondations-web-tete-021992153114.jpg

Le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a montré la responsabilité de l'homme sur l'augmentation du niveau de gaz à effet de serre et l'augmentation des températures. Mais il est difficile de faire un lien direct avec chaque épisode exceptionnel, si ce n'est l'idée qu'ils vont devenir plus fréquents et qu'il faut améliorer la résilience des territoires. Pour les jours qui viennent, l'onde de crue se rapproche de la capitale et le niveau devrait atteindre ce vendredi entre 5,30 et 5,90 mètres, loin des 8,62 mètres de 1910 et des 6,15 mètres de janvier 1982. La Seine a été placée en vigilance orange à Paris . La vigilance rouge, dernier stade de l'alerte crues, n'est déclenchée qu'au-delà de 7,30 mètres, seuil de danger pour les habitants.

2. Quelle est l'étendue de la crue en Ile-de- France?

« Nous sommes loin, bien sûr, de la crue de 1910 », a déclaré Ségolène Royal, la ministre de l'Environnement, lors d'une visite au service chargé de la prévention des crues. « Malgré tout, ça veut dire que des rez-de-chaussée vont être atteints, que des caves vont être inondées », a-t-elle ajouté, indiquant qu'un « certain nombre de décisions préventives » avaient été prises, comme des fermetures de parking.

La préfecture a fait état de 6.000 interventions des pompiers en Ile-de-France. Le département le plus touché est la Seine-et-Marne. A Nemours, la décrue est amorcée tandis que l'eau continuait à monter à Melun et à Moret-sur- Loing. Quelque 2.000 habitants ont été évacués de Nemours et 250 pompiers ont effectué plus de 2.200 interventions.

image: http://www.lesechos.fr/medias/2016/06/03/2003377_ile-de-france-les-7-questions-que-soulevent-les-inondations-web-tete-021991297857.jpg

En Essonne, le centre-ville de Longjumeau a été totalement inondé et 2.000 personnes devaient être évacuées. Corbeil-Essonnes devait être touchée dans la nuit de jeudi à vendredi. Des inondations plus ponctuelles touchent des villes comme Gif-sur-Yvette, Villeneuve-le Roi et Villeneuve-Saint-Georges.

A Paris, le musée du Louvre, qui dispose de pompes et de portes étanches dans les sous-sols, est en état de « vigilance restreinte ".

 

3. Quel est l'état des réseaux?

Des transformateurs électriques ont été submergés et le réseau a souffert. Jeudi midi, 9.300 foyers étaient privés d'électricité en Seine-et-Marne, 5.100 en Essonne et 1.600 dans les Yvelines. Dans les villes inondées, la distribution d'eau potable était perturbée, parfois interrompue.

 

Outre les routes coupées (Autoroute A 4 depuis Paris), le réseau ferré est perturbé. A la SNCF, le trafic banlieue, TER, et Intercités a été interrompu entre Paris- Montparnasse et Versailles-Chantiers en raison du risque d'éboulement d'un mur surplombant les voies. La ligne est coupée entre Moret et Montargis en raison de la crue du Loing. Sur le RER D, un glissement de terrain à Saint Fargeau interrompt les circulations sur l'axe Corbeil-Melun. De même, un glissement de talus à Beynes coupe la voie entre Plaisir-Grignon et Epône-Mezières.

Enfin, dans Paris, la montée des eaux de la Seine a conduit la SNCF à fermer la ligne du RER C entre la gare d'Austerlitz, Javel et la station Henri-Martin.

 

La navigation a été interrompue sur la Seine. Une situation qui perturbe la livraison des marchandises.

4. Etait-on préparé à une telle crue en Ile-de-France?

Oui, mais il y a toujours une marge entre la théorie et la pratique. Les autorités ont préparé plusieurs scénarios dans l'hypothèse, certaine, d'une crue centenale. Selon les calculs rendus publics par l'OCDE en 2014, 850.000 habitants seraient inondés, 5 millions de personnes seraient touchés directement ou indirectement, le PIB français serait réduit de 1 à 3 % sur cinq ans. La préfecture d'Ile-de-France a procédé début mars à un exercice grandeur nature , Sequana, pour simuler une telle inondation. Certaines stations de métro peuvent être isolées pour ralentir l'envahissement du réseau.

5. Quelles conséquences pour l'activité économique?

Il est encore trop tôt pour dresser un bilan, mais certains territoires vont payer un lourd tribut. Dans le Loiret et en région Centre-Val de Loire, les récoltes 2016 s'annoncent mal, que ce soit pour les grandes cultures ou pour le maraichage. Les régions les plus touchées sont le Gâtinais, les environs d'Orléans, mais aussi des zones du Cher et du Loir-et-Cher. Dans certaines parcelles, le blé et l'orge ont de l'eau à hauteur des épis ou se retrouvent couchés dans la boue, alors qu'ils étaient encore en pleine période de floraison et de pollinisation. Avec la pluie, les moisissures se développent et vont empêcher la formation des épis. Pour les cultures de printemps comme le maïs, le tournesol ou la betterave, les jeunes plants ont pu être arrachés par le ravinement, ou pourrissent sous l'eau. Résultat, il faudra sans doute replanter, même si l'on est tard en saison, avec un coût supplémentaire élevé.

« Il est encore trop tôt pour faire le bilan précis des dégâts, car les eaux continuent encore de monter par endroits. Mais il risque d'être catastrophique, avec des conséquences humaines et financières dramatiques : la qualité et le rendement ne seront pas au rendez-vous », s'inquiète le président de la FDSEA du Loiret, Cédric Benoist, « Les risques sont certes assurables, poursuit-il, mais il faut compter avec une franchise de 25%. Et encore faut-il être assuré ! » Or, cette année, certains exploitants ont choisi de faire l'impasse, faute d'argent. « On a vécu deux années difficiles d'affilée, la trésorerie est à sec, et 15 à 20% des collègues sont même déjà carrément dans le rouge vif. Là, je ne sais pas où on va », explique un responsable agricole.

En Ile-de-France, outre le blé, les cultures maraîchères pourraient être affectées. Dans un communiqué publié jeudi, les producteurs de blé et de maïs (Orama) dénonçaient « l'extrémisme réglementaire dont a fait preuve l'Etat ces dernières années en matière d'entretien des cours d'eau et des fossés au nom de la protection de l'environnement ».

6. Les victimes des inondations seront-elles aidées financièrement?

Etat et collectivités locales n'ont guère tardé à se mobiliser. « L'état de catastrophe naturelle sera reconnu dans les territoires qui ont été les plus touchés par ces intempéries dès le prochain Conseil des ministres, et le Fonds de soutien aux collectivités locales touchées par les événements climatiques sera immédiatement activé », a assuré jeudi François Hollande aux maires de France, réunis en congrès.

La publication de ce décret de catastrophe naturelle permettra alors d'engager les démarches d'indemnisation auprès des compagnies d'assurances. Pour l'heure, l'Association française de l'assurance n'a pas encore dévoilé d'estimations. Fin 2015, elle avait indiqué que la facture des inondations s'était élevée à environ 700 millions d'euros par an pour les assureurs français entre 1988 et 2013.

Les collectivités locales ont également desserré les cordons de la bourse. Elles n'ont pas forcément le droit d'aider directement les particuliers, mais peuvent venir en appui aux communes. En Seine- et-Marne, le conseil départemental va débloquer 600.000 euros. La région Ile-de-France met, elle, sur la table 1 million d'euros afin d'aider les communes à «réhabiliter rapidement les équipements publics endommagés ». Dans le Loiret , la CCI a mis en place une cellule inondation. Objectif : recenser l'ampleur des dégâts matériels et aider les chefs d'entreprises dans leurs démarches d'indemnisation.

7. Comment la France se prépare-t-elle à résister aux inondations?

Au quotidien, 22.000 km de cours d'eau sont surveillés en permanence par un dispositif baptisé « Vigicrue » . Des cartes détaillées sur une vingtaine de départements sont disponibles sur Internet et permettent de s'abonner à un fil RSS. Sur le fond, depuis 2002, des programmes d'actions de prévention contre les inondations (PAPI) ont été mis en place. Ils ont permis d'établir des diagnostics, des cartes des surfaces inondables, de manière à fixer des règles nouvelles d'urbanismes, et de tenter de réduire le risque, qui concerne au niveau national - estime-t-on - près de 6 millions de personnes et 400.000 entreprises, réparties sur 19.000 communes. Selon les textes, des plans de gestion du risques inondation (PGRI) devaient être réalisés d'ici fin... 2015.

QUELLE EST LA SITUATION EN ALLEMAGNE?

Une crue d'une exceptionnelle rapidité a provoqué la mort de 9 personnes en Allemagne et 4 autres ont été déclarées disparues en Bavière, dans le Sud-Est du pays. Une habitante de Jullbach, âgée de 80 ans, a perdu la vie, emportée par les eaux lors de l'effondrement de sa maison. Cinq victimes s'ajoutant aux quatre décès enregistrés outre-Rhin dimanche et lundi dernier. « Je pleure les gens qui ont perdu leur vie dans les inondations », a déclaré la chancelière, Angela Merkel.

Source

 

Commenter cet article

Archives