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Jeune très qualifié cherche emploi stable et logement

Publié par MaRichesse.Com sur 21 Juin 2016, 07:03am

Catégories : #EMPLOI, #TRAVAIL

Jeune très qualifié cherche emploi stable et logement

Sale temps pour entrer sur le marché de l’emploi. Les résultats de l’enquête menée le mois dernier par Le Temps auprès de quelque 1200 personnes mettent en lumière de sérieuses préoccupations quant à la situation professionnelle des jeunes.

 

Alors que le niveau et la durée des études ne cessent d’augmenter, près de 24% des trentenaires qui nous ont répondu pensent être trop qualifiés pour le poste qu’ils occupent. Plus de 28% estiment ne pas être assez rémunérés. Une insatisfaction qui touche deux fois moins de quadragénaires, selon les résultats de notre coup de sonde en ligne, sans prétention scientifique et plus représentatif du lectorat du Temps plutôt que de la société suisse dans son ensemble.

Ces frustrations sont-elles à mettre sur le compte de l’arrogance de la jeunesse? Pas si sûr. Même s’il reste l’un des plus bas d’Europe à 6,4%, le chômage des jeunes en Suisse reste 1,5 fois plus élevé que celui du reste de la population. Plus préoccupant: l’accès au marché de l’emploi se durcit année après année.

Selon la dernière étude de l’Office fédéral des statistiques (OFS) sur les personnes diplômées, les lauréats de 2008 ont été «nettement moins touchés par le chômage au sens du BIT que les personnes nouvellement diplômées de la volée 2012 et que la population résidente permanente».

 

Les trentenaires gagnent 720 francs de moins

Avec des difficultés supplémentaires pour les universitaires – comme 71% des personnes qui ont répondu à notre sondage. C’est que la compétition est désormais devenue globale. Goldman Sachs, considérée comme la banque la plus puissante du monde, a par exemple reçu plus de 250 000 candidatures de stages pour cet été, 40% de plus qu’en 2012.

Une pression également confirmée par les aînés. «Il y a 40 ans, on nous courrait après pour nous engager, commente une sexagénaire que nous avons interrogée (lire ci-dessous). Nos enfants ont fait des études et se retrouvent au chômage. Ils doivent accepter des postes que l’on obtenait après un apprentissage.» Depuis trois ans, le salaire annuel moyen des trentenaires recule. Entre 2011 et 2013 (dernières données disponibles à l’OFS), les 30-34 ans ont perdu 380 francs (-0,55%) et les 35-39 ans 720 francs (-1%).

 

La «génération deuxième pilier» gagne plus que des actifs

Une tendance qui contraste avec l’amélioration des conditions de vie des baby boomers. A Genève, les couples fraîchement arrivés à la retraite (65 à 69 ans) gagnent désormais davantage que les jeunes couples mariés (25-29 ans). Avec 102 000 francs de revenu médian – contre 96 000 pour leurs cadets, on est «loin de l’image du pauvre retraité, concède Matti Langel qui a mené l’étude pour l’Office cantonal de la statistique. Depuis 1990, les sexagénaires sont la population qui a vu, en proportion, ses revenus augmenter le plus».

Une première historique pour les jeunes retraités, première génération à avoir cotisé au deuxième pilier – généralisé en 1985 – durant toute leur carrière. Or, l’inversion de la pyramide des âges, l’essoufflement économique de l’Europe et l’environnement de taux bas qui perdure depuis la crise de 2008 pourraient bien effilocher le pacte intergénérationnel.

Le malaise ne date pas d’hier, selon certains de nos lecteurs. Une quadragénaire neuchâteloise cite l’ancien chroniqueur du TempsBeat Kappeler qui en juin 2003 déjà résumait la situation ainsi: «La génération qui a travaillé le moins de toute l’histoire, qui a accumulé la plus grosse dette publique en temps de paix, qui a fait le moins d’enfants de toute l’histoire humaine; cette génération réclame les retraites les plus élevées de tous les temps.» Tout en bénéficiant de logements meilleur marché, serait-on tenté d’ajouter.

 

A Lausanne, plus d’une heure de trajet pour aller en cours

Dans notre sondage, les tracas immobiliers touchent toutes les générations. Mais près de 24% des trentenaires sondés vivent dans un logement qui ne correspond pas à leurs attentes. Ce sont bien eux qui ont subi de plein fouet l’augmentation des loyers: +57% sur la région lémanique depuis 2005, selon la société Wüest & Partner. Dans les centres urbains, les jeunes finissent par payer des loyers plus élevés que leurs parents, pour une ou deux pièces en moins. Ou sont repoussés vers la périphérie.

A l’Université de Lausanne, 24% des étudiants de première année effectuent un trajet de plus d’une heure pour se rendre en cours. Contre 14,5% en 2007, selon une étude du Service d’orientation et carrière.

Le phénomène touche aussi les trentenaires. Arrivés en âge de fonder une famille, nombre d’entre eux s’installent dans les zones périurbaines. La commune de Palézieux, plébiscitée par les pendulaires depuis le passage de la ligne ferroviaire Lausanne-Berne, a par exemple vu sa population doubler en 30 ans, explique le chercheur de l’Université de Genève Mathieu Petite, coauteur de l’étude «Habiter (un temps) le périurbain».

Difficile de trouver un toit quand on est déjà exposé aux intempéries du marché de l’emploi. 

 Source

 

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