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Euro 2016: on sait pourquoi autant de buts sont marqués en fin de match

Publié par MaRichesse.Com sur 18 Juin 2016, 19:13pm

Catégories : #FOOTBALL, #EUROPE, #SCIENCE

Euro 2016: on sait pourquoi autant de buts sont marqués en fin de match

Vous avez l’impression de voir beaucoup de buts en fin de match? Vous avez raison. Et il y a plusieurs explications à ce phénomène.

Cette équipe de France ne nous fait peut-être pas rêver mais elle nous fait vibrer jusqu’au bout. Après deux matchs poussifs face à la Roumanie (2-1) puis face à l’Albanie (2-0), les Français sont les premiers à avoir validé leur ticket pour les huitièmes de finale de l’Euro 2016. Deux victoires acquises dans les toutes dernières minutes: la première grâce à un but de Dimitri Payet à la 89e minute et la deuxième grâce à des réalisations d’Antoine Griezmann et du même Payet à la 90e minute et au bout des cinq minutes d’arrêts de jeu.

Sur les trente-deux buts marqués pour l’instant lors de cet Euro, neuf (soit plus d’un sur quatre) l’ont été lors des cinq dernières minutes du temps réglementaire et dans les arrêts de jeu. Si on répartissait les buts de manière équitable sur l’ensemble d’un match, ce chiffre devrait être cinq fois moins élevé (1,8 but par tranche de cinq minutes). Alors pourquoi ces dernières minutes donnent-elles autant de buts?

Déjà, en 2013, le Guardian avait découvert que les dix dernières minutes étaient les plus prolifiques en Premier League et que c’était à la 89e minute que l’on avait le plus de chance de voir un but.

Déshydratation et hyperthermie

Dans un article de 2014 sur le moment où les buts sont inscrits, Wycliffe Njororai, de l’université du Texas à Tyler, avait analysé 3.354 matchs lors de la saison 2013-2014 dans différents championnats ainsi que d’autres de différentes compétitions internationales de tout temps. Il avait remarqué qu’à chaque fois c’était dans les quinze dernières minutes que le plus de buts étaient inscrits: entre 21,1% et 24,8% des buts.

 

Quand il a cherché des explications, il est revenu sur une étude menée par Armata et al. qui identifie un certain nombre de facteurs physiques permettant d’y voir un peu plus clair:

«Les facteurs qui contribuent à l’augmentation du nombre de buts en seconde période incluent la fatigue et la détérioration physique, l’augmentation du rythme des matchs, les rôles tactiques des joueurs, la déshydratation et l’hyperthermie, la diminution des fonctions cognitives qui mènent à faire des compromis et donc accroît les erreurs de défense et induit également une perte de concentration. En quatre-vingt-dix minutes, les joueurs de très haut niveau parcourent environ dix kilomètres avec une intensité moyenne proche du seuil d’anaérobie. [...]

 

Alors que la performance générale est en lien avec le talent, les buts dans les dernières minutes semblent liés au comportement

Jan van Ours et Martin van Tuijl, dans un article de 2010

Tous ces mouvements et toute cette activité peuvent user les joueurs et donc les amener à rater des mouvements techniques et tactiques ainsi qu’à faire preuve d’inattention. Des joueurs fatigués sont plus prompts à faire des erreurs de jugement dans leurs passes, dans leurs marquages, dans le timing de leurs tacles, dans leur passes au gardien ou dans leurs dégagements.»

Culture stratégique

Mais l’aspect physique ne suffit pas à expliquer pourquoi certains pays semblent s’en sortir mieux que d’autres dans les derniers instants d’un match. Jan van Ours et Martin van Tuijl, de l’université de Tilburg aux Pays-Bas, ont ainsi expliqué en 2010 que le pays pour lequel on joue peut aussi être un facteur. Si les différences entre les cultures stratégique et tactique se sont effacées avec la mondialisation du foot, on peut encore en trouver dans le «fighting spirit»:

«Surprenamment, il y a un élément lié à chaque pays dans les buts à la dernière minute. Alors que la performance générale est en lien avec le talent, les buts dans les dernières minutes semblent liés au comportement. Alors que des équipes nationales comme le Brésil ou l’Italie n’aiment pas perdre et s’arrangent pour ne pas avoir à marquer pendant les dernières minutes et ainsi limiter le risque d’encaisser un but, l’Angleterre, l’Allemagne et les Pays-Bas prennent des risques pour augmenter leurs chances de marquer mais au risque d’encaisser un but. C’est seulement dans le cas de l’Allemagne que nous trouvons que le risque d’encaisser un but augmente de manière significative. Apparemment, l’Allemagne veut gagner coûte que coûte.»

Les Anglais ont gagné ces dernières années une réputation de perdant magnifique, et ce notamment dans les grandes compétitions internationales. Après le match nul concédé dans les arrêts de jeu contre la Russie lors du premier match de l’Euro 2016, on a commencé à se dire que c’était écrit; Sky Sports a compté que c’était la septième fois que l’Angleterre concédait un but dans les dix dernières minutes d’un match d’un grand tournoi sur les trente buts encaissés en tout. Pire, depuis l’Euro 2000, les Anglais ont encaissé quatre buts dans les arrêts de jeu.

Reste que, malgré cela, les coéquipiers de Wayne Rooney sont aussi capables d’aller chercher des buts à la dernière seconde. En 2004, ils égalisaient à cinq minutes de la fin des prolongations contre le Portugal, en quarts de finale (avant de perdre aux tirs au but). En 2006, Steven Gerrard assurait la victoire en poule dans les arrêts de jeu face à Trinité-et-Tobago, et Daniel Sturridge a sauvé les siens face au pays de Galles lors de cet Euro 2016. De quoi ne pas quitter son siège avant la fin du match

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