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Et si le Royaume-Uni ne quittait jamais l'Union européenne?

Publié par MaRichesse.Com sur 27 Juin 2016, 05:41am

Catégories : #EUROPE, #ANGLETERRE

Et si le Royaume-Uni ne quittait jamais l'Union européenne?

Un nombre croissant de responsables directement impliqués se gardent de garantir la réalité d'un divorce entre le Royaume-Uni et l'Union européenne. David Cameron a fait savoir qu'il laisserait à son successeur le soin de provoquer la rupture, au plus tôt à l'automne.

 

Le Brexit? N'y comptez pas trop... Les 52 % de Britanniques qui viennent de voter «non» à l'UE ont déclenché un tremblement de terre en Europe, sur les marchés et dans les chancelleries. Mais de là à garantir un divorce officiel entre le Royaume-Uni et le Continent, il y a comme un bras de mer qu'un nombre croissant de responsables directement impliqués se gardent de franchir, à Bruxelles, à Londres et à Berlin.

 

Le premier flottement a surgi vendredi lorsque David Cameron a fait savoir qu'il laisserait à son successeur le soin de provoquer la rupture, au plus tôt à l'automne. Un haut responsable européen confirme que le premier ministre défait ne répondra pas à la question, lorsqu'il se retrouvera face à ses pairs des vingt-sept autres pays de l'UE, mardi soir à Bruxelles. «Je suis prêt à en mettre ma main au feu», renchérit un diplomate au fait des discussions.

 

Fuite calculée à Berlin?

Le doute s'est renforcé dimanche lors d'un couac - ou d'une fuite calculée? - à la chancellerie à Berlin. Peter Altmaier, confident d'Angela Merkel et hommes des dossiers difficiles, a amorcé une bombe: «La classe politique londonienne devrait avoir la possibilité de réfléchir une nouvelle fois aux conséquences d'un retrait». Le Royaume Uni pourrait-il rester dans l'UE, contrairement au leitmotiv officiel des 27? Le conseiller Altmaier a rectifié le tir, précisant que l'Allemagne n'entendait pas faire revenir les Britanniques sur leur choix.

Mais garantir que l'on ne cherchera pas à faire changer d'avis n'interdit pas au Royaume-Uni de se raviser de lui-même, poursuit un responsable. Après avoir mariné quelques mois dans un bouillon de chaos politique interne et d'instabilité économique, les Britanniques pourraient bien faire marche arrière. Pourquoi les Continentaux brusqueraient-ils le tableau, quand le problème peut se dissoudre tout seul, dans la durée? La chancelière, le premier ministre Cameron en sursis et son vainqueur Boris Johnson se disent prêts à attendre jusqu'à l'automne, sinon plus.

 

L'hypothèse d'élections législatives anticipées

«Ce qu'un référendum a fait, un autre référendum peut le défaire sans déni de démocratie», estime le diplomate. La Chambre des communes, où dominent les élus pro-européens, pourrait tout aussi bien ignorer le vote puisqu'un référendum n'est pas contraignant selon la loi. Des élections législatives anticipées dues à l'incapacité du successeur de David Cameron d'honorer les rêves de grandeur du 23 juin pourraient bouleverser la donne politique. Chut! Il ne faut pas (encore) le dire trop fort à Londres. À Bruxelles et à Berlin, beaucoup y pensent. À Paris, on semble s'en inquiéter.

Cette tournure ne ferait ni l'affaire de François Hollande qui juge le référendum «irréversible». Ni celle de Manuel Valls qui compte sur le départ immédiat du Royaume-Uni pour enterrer un traité commercial honni avec les États-Unis. Ni celle encore d'Emmanuel Macron qui a proposé sans rire d'adresser un «ultimatum» à Londres. L'ambitieuse promesse franco-italienne d'une refondation rapide de l'UE et de la zone euro risque au passage d'être écornée, ce qui ne déplairait pas à Angela Merkel.

Le Brexit connaîtrait ainsi le même sort que le «Grexit», sortie de la Grèce à laquelle beaucoup croyaient dur comme fer il y a tout juste un an. Elle ne s'est jamais produite. Alexis Tsipras, champion du désordre établi s'est depuis transformé en réformateur-modèle, avec la bénédiction de Bruxelles. Autre référendum, autres élections peut-être, Boris Johnson pourrait-il lui aussi se heurter à la réalité et emprunter le même chemin? «Mon sentiment personnel est que le Royaume-Uni ne signifiera jamais à ses vingt-sept partenaires qu'il veut quitter l'UE», assure le diplomate.

L'article 50 du traité de Lisbonne, désormais invoqué à toutes les sauces, ne permet en aucun cas de forcer le départ du Royaume-Uni. C'est à Londres qu'il revient légalement de l'invoquer, à sa guise et sans délai imparti. Il y aura de fortes pressions. Mais pourquoi les Britanniques se tireraient-ils dans le pied, en s'imposant un divorce aux conditions de l'UE, avec de surcroît un compte-à-rebours de deux ans, vraiment irréversible celui-là? De fait, un discret rendez-vous des «sherpas» a confirmé, dimanche, que les Vingt-Sept changent peu à peu d'approche, à la veille du sommet: en clair, le «non» du 23 juin n'implique plus nécessairement un Brexit en bonne et due forme. Et dans tous les scénarios, Londres peut rester maître du calendrier... 

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