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En Afrique, être dans l'opposition et candidat à une présidentielle mène à la prison

Publié par MaRichesse.Com sur 27 Juin 2016, 06:23am

Catégories : #AFRIQUE, #POLITIQUE, #JUSTICE

En Afrique, être dans l'opposition et candidat à une présidentielle mène à la prison

L'année 2016 est très chargée sur le plan électoral en Afrique. Pas moins de seize pays ont déjà voté ou ont encore à le faire pour élire leur chef d'Etat, de Djibouti à la Zambie en passant par le Bénin, l'Ouganda ou le Ghana. 

Certains scrutins organisés dans cette première moitié de l'année 2016 se sont très bien déroulés, comme au Bénin où l'affrontement intense mais régulier entre Patrice Talon et Lionel Zinsou – et qui a vu la victoire du premier– a donné un beau signal à l'Afrique démocratique. 

Mais hélas, dans certains pays des autocrates font tout ce qui est en leur pouvoir pour se maintenir à la tête de l'Etat. Pour arriver à leurs fins, ils n'hésitent pas à dépouiller de leur sens des élections multipartites, en écartant toute opposition crédible de la course à la victoire. À ce titre, on assiste depuis quelques semaines au retour d'une mode ancienne en Afrique: à savoir jeter en prison les opposants sérieux en se cachant derrière une justice corrompue. 

 

«Moïse Katumbi vit traqué»

C'est ce qui est arrivé en République démocratique du Congo (RDC) à l'homme politique Moïse Katumbi. Ce millionnaire très populaire dans la province du Katanga, son fief dont il a été le gouverneur, a fait part en 2015 de sa volonté de se présenter au scrutin présidentiel prévu en théorie à l'automne 2016 en RDC. Mais depuis sa déclaration de candidature, le pouvoir lui mène la vie impossible. Et l'a fait condamner mercredi 22 juin à trois ans de prison, ce qui le rend inéligible pour la présidence, pour un motif que beaucoup d'observateurs jugent bidon: une affaire de spoliation immobilière. 

 

 

 

 

 

Avant cela, l'Etat congolais avait déjà émis un mandat d'arrêt contre sa personne pour avoir, selon la justice, recruté des mercenaires américains pour assurer sa sécurité. Comme le raconte le journal Le Monde, Moïse Katumbi était en fait traqué depuis des mois par le pouvoir congolais:

«Moïse Katumbi vit traqué. Pour sortir, il doit emprunter à pied des ruelles terreuses ou utiliser des voitures banalisées. Sa flotte de 4 × 4 attend au garage. Son jet privé ne peut plus ni décoller ni atterrir en RDC. Deux chaînes de télévision qui lui étaient acquises ont fermé sur décision de justice. Il a récemment été empêché d’aller à Kinshasa, la capitale, assister aux obsèques du roi de la rumba congolaise, Papa Wemba.»

Dans le rôle du méchant: Joseph Kabila. Elu en 2006 à la présidence, puis réélu en 2011, il n'a pas le droit de se représenter selon la constitution congolaise. Mais il est accusé par l'opposition de tout faire pour repousser le scrutin dans le but de se maintenir au pouvoir. 

 

Même scénario au Gabon

Si les acteurs changent, le même scénario se répète au Gabon. Une élection présidentielle est prévue le 28 août 2016. Ali Bongo, fils de l'ancien président Omar Bongo, vise une réélection. Il avait été à l'issue d'un scrutin très contesté en 2009. 

Un candidat de l'opposition s'avance comme son principal rival: Jean Ping. Un ancien proche du clan Bongo qui a décidé de tracer sa propre route. Ancien président de la commission de l'Union africaine, il a une vraie carrure politique et jouit d'un certain soutien populaire. Ce qui inquiète évidemment Ali Bongo. 

Le gouvernement a donc annoncé qu'il poursuivait Jean Ping en justice pour avoir tenu des propos discriminatoires à l'encontre des Gabonais. Jean Ping  risque six mois à cinq ans de prison et une amende de 24 000 à 250 000 francs CFA. Et si la sentence tombe dans un mois, il ne pourra plus être candidat à la prochaine élection présidentielle. Un triste hasard. 

 Source

 

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