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«C'est qui ce joueur?»: en Russie, les naturalisations font débat

Publié par MaRichesse.Com sur 21 Juin 2016, 06:00am

Catégories : #RUSSIE, #RELATIONS

«C'est qui ce joueur?»: en Russie, les naturalisations font débat

De plus en plus utilisée en équipe nationale à l'approche de la Coupe du monde 2018, cette procédure est âprement critiquée par les supporters dans le cas du joueur de Schalke Roman Neustädter, d'origine allemande.

Depuis quelques années, les naturalisations commencent à devenir fréquentes dans le football: Olisadebe pour la Pologne, Eduardo pour la Croatie, Edmar pour l’Ukraine, Pepe et Deco pour le Portugal ou encore Diego Costa pour l’Espagne, tout le monde se rappelant du débat ayant entouré sa sélection avec la «Roja». Un phénomène qui ne plaît pas forcément à tout le monde et qui a fait dire à Christian Gourcuff que «le foot national a vécu».

Sur ce plan, le football copie d’autres sports comme le rugby, le handball, le volley-ball ou le basket-ball. La Russie a déjà pratiqué cela dans certains de ces sports, le joueur américain JR Holden ayant notamment longtemps défendu les couleurs de l’équipe nationale de basket, et ne veut pas être en reste dans le football, à deux ans de sa Coupe du monde, alors qu’elle connaît un vide générationnel.

Elle a ainsi naturalisé le gardien de but d'origine brésilienne du Lokomotiv Moscou, Guilherme Marinato, qui va entamer sa dixième saison dans les cages des Cheminots et fait partie des 23 pour cet Euro en France. Marinato a de commun avec les noms précédemment cités de connaître le championnat depuis longtemps, d’être bien intégré et de parler la langue nationale. Mais cela ne suffit pas à convaincre dans un pays extrêmement patriote. Andreï Archavine, une des seules stars que le football russe moderne ait connu, déclarait d’ailleurs sur le plateau de Match TV, à la veille de l’ouverture de l’Euro, dans des propos relayés par le journal Sport Express: «Je ne suis contre personne en particulier mais contre les naturalisations en général, l’équipe nationale doit être composée de joueurs passés par nos écoles de foot.» Un avis partagé par d’autres joueurs de la sélection comme Artyom Dziouba ou Dmitri Kombarov.

 

«C'est qui ce joueur?»

Mais ce n’est pas tant le cas Guilherme qui pose problème que celui de Roman Neustädter. Tout le monde ne se fait pas à la présence de «l’Allemand» dans l’équipe nationale, et mon voisin de stade, pas forcément au fait de toutes les nouvelles, me demandait d’ailleurs «C’est quoi ce nom? C’est qui ce joueur?» au moment de sa sortie lors du match contre la Slovaquie à Villeneuve d'Ascq.

 

Roman Neustädter est né en Ukraine d’un père footballeur soviétique issu de la minorité allemande. Après avoir joué au Kazakhstan, en Russie puis au Dnipro après l’indépendance, il est parti s’installer en Allemagne et a pris la nationalité. Son fils a grandi en Allemagne et a obtenu deux sélections lors de matchs amicaux avec la Mannschaft avant d’être oublié par Joachim Löw du fait de ses performances en demi-teinte à Schalke.

Il aurait pu devenir ukrainien, le pays où il est né, il y a quelques années, mais l’affaire a capoté à cause d’une interview où il aurait assuré ne pas vouloir se séparer de son passeport allemand, selon Sports RU. Le joueur cumule donc, aux yeux de l’opinion publique russe, beaucoup de défauts: pas exceptionnel en club, étranger, ayant voulu jouer pour l’Ukraine dans le passé et ne connaissant pas la Russie ni son championnat, puisqu'il évolue en Bundesliga depuis ses débuts.

Néanmoins, aujourd’hui, il est russe par décret du président Vladimir Poutine, et sur l’insistance du sélectionneur Leonid Sloutski. Une autre chose que les supporters de la sélection ont du mal à comprendre: pourquoi une telle insistance de la part de ce dernier pour obtenir un joueur somme toute assez moyen? Sans doute pour pallier la pénurie défensive de la Russie (les stoppeurs ont 35 ans de moyenne d’âge) et faire le nombre sur le banc.

 

Largement et injustement attaqué

Mais le destin en a décidé autrement: Alan Dzagoev puis Igor Denisov forfaits, Denis Glushakov diminué, il ne restait plus que le polyvalent Neudstater à pouvoir remplir le rôle de numéro 6 d’entrée contre l’Angleterre (1-1). Un match où il a réalisé une performance correcte, sans plus, dans un milieu expérimental qui a globalement pris l’eau face aux Anglais. Ce que de nombreux supporters ont du mal à le reconnaître: la performance de «l’étranger» cristallise les débats tant dans les bars que sur les réseaux sociaux, et s’il est défendu par certains, il est largement et injustement attaqués par une partie des supporters pour qui il représente une cible plus facile de par ses origines…

Le climat restait encore respirable, grâce à l’exploit de l’égalisation en fin de match et du point pris contre les Anglais. C’est d’ailleurs ce qui a poussé Sloutski à le reconduire contre la Slovaquie malgré le retour de Glushakov: on ne change pas une équipe qui ne perd pas. Remplacé dès la mi-temps au cours du naufrage de la «Sbornaya» (1-2), Neustädter ne devrait pas être titulaire ce soir face au Pays de Galles à Toulouse (21 h) car cette fois, le sélectionneur a décidé de changer entièrement son milieu de terrain, maillon faible de sa formation. En attendant, les rumeurs vont bon train pour savoir qui seront les prochains naturalisés avant la Coupe du monde à domicile de 2018: Mario Fernandes (Brésil, CSKA), Mauricio Pereyra (Uruguay, Krasnodar), Ari (Brésil, Krasnodar) ou encore Wanderson (Brésil, Krasnodar)...

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