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Vincent Bolloré n’entend pas vendre i-Télé

Publié le 17 Mai 2016, 11:04am

Catégories : #ECONOMIE

Vincent Bolloré n’entend pas vendre i-Télé

Dans un entretien aux Echos, mardi 17 mai, le président du conseil de surveillance de Vivendi met fin aux spéculations récentes concernant une possible vente d’i-Télé, la chaîne d’information en continu du groupe Canal+. « Il ne faut pasvendre i-Télé, mais, au contraire, la garder et la redéployer en utilisant les forces de Vivendi et de Canal : on peut y couvrir plus de sport, plus de cinéma, plus deculture, plus d’économie, plus d’international, explique M. Bolloré. Il faut sedémarquer de la concurrence en jouant sur nos forces. »

Lire aussi :   Spéculations en chaîne sur l’avenir d’i-Télé

En revanche, le milliardaire breton confirme l’hypothèse d’une réduction des plages en clair de l’antenne de Canal+ France. « Il n’y a pas une seule chaîne payante au monde qui ait des tranches en clair, affirme celui qui a pris les commandes de Vivendi il y a un an. Et, pour nous, ce n’est pas une obligation réglementaire. Nous pouvons donc les réduire. Il faut que l’arbitrage sur ce point soit rendu d’ici à l’été. »

Lire aussi :   Chez Canal+, la question de l’avenir du « Petit Journal » est posée

L’annonce du départ de Yann Barthès et de l’équipe du « Petit Journal », lundi 9 mai, a été le signe le plus récent du fait que Canal+ assume l’affaiblissement de ses tranches en clair. « Quand on ouvre une plage en clair, on gagne certes à court terme des recettes publicitaires, mais, à long terme, on perd des abonnés,théorise M. Bolloré. Surtout quand on diffuse en clair des émissions qui auraient vocation à être réservées aux abonnés payants ou quand elles n’ont rien à voiravec la programmation en crypté. La bonne méthode pour générer de l’abonnement, c’est au contraire de commencer à diffuser un match et de basculeren crypté. »

 

Le sport est au centre des préoccupations de l’industriel. Sans la nommer, celui-ci adresse un message à l’Autorité de la concurrence, qui doit se prononcer, d’ici à la fin du mois de mai, sur l’accord de distribution exclusive noué entre Canal+ et beIN Sports, le bouquet de chaîne qatarien qui lui mène une rude concurrence depuis 2012. « Je pense non seulement que Canal+ est sauvable, mais qu’il sera sauvé, sous réserve des accords prévus et des économies à faire », affirme M. Bolloré. Une façon de poser les enjeux avant la décision du régulateur : le patron de fait du groupe Canal+ juge que celui-ci a entre ses mains la préservation du modèle Canal+, sur lequel repose notamment le financement de la production cinématographique française.

 Lire aussi :   Bolloré impose une cure d’austérité à Canal+

M. Bolloré s’attache enfin à tordre le cou à l’idée selon laquelle il ne serait que de passage chez Vivendi. « La démarche s’inscrit dans le long terme », assure-t-il, en détaillant : « On est passés par une première phase de prise de conscience, puis on a mis en place l’équipe qu’il faut, et la direction est maintenant claire. » La télévision par abonnement garde, selon lui, du potentiel : « Le taux de pénétration de la télé payante est de 45 % en Angleterre. Et de seulement 20 % en France », note-t-il.

Au rang des perspectives, M. Bolloré évoque également la possibilité d’un rapprochement entre Vivendi et Havas, le groupe publicitaire dont il détient 60 % et que dirige son fils Yannick. « Il est évident qu’un jour il y aura quelque chose entre Vivendi et Havas »déclare M. Bolloré, une semaine après la nomination de Yannick Bolloré au conseil de surveillance du groupe de médias. Un rapprochement qui serait scruté, tant les conflits d’intérêt potentiels sont nombreux entre un groupe de médias et un autre de publicité et communication.

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