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TAFTA : le double langage de François Hollande est un poison mortel pour la France et l'Europe

Publié le 5 Mai 2016, 12:00pm

Catégories : #ECONOMIE

TAFTA : le double langage de François Hollande est un poison mortel pour la France et l'Europe

Le projet de grande zone de libre-échange entre l'Europe et les Etats-Unis a été lancé début 2013 par le Président américain Barack Obama et les dirigeants de l'Union européenne José Manuel Barroso et Herman Van Rompuy, avec le soutien de tous les Etats-membres. Ce projet s'est appelé alternativement TAFTA (Transatlantic Free Trade Agreement) et TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership).

L'objectif d'un accord favorisant les échanges commerciaux et les investissements de part et d'autre de l'Atlantique, entre deux puissances économiques qui portent un potentiel de progrès, de croissance et de prospérité considérables, apparaît comme une nécessité.

Contre l'affrontement économique, la nécessité d'un accord

Une nécessité parce que personne n'a intérêt à un affrontement économique qui confine parfois à l'affrontement diplomatique. Des règles claires, respectueuses des modèles économiques de chaque partie, des objectifs et engagements communs de respect de l'environnement, issus des accords internationaux tel que la COP 21, et des valeurs culturelles de chaque pays, sont indéniablement nécessaires.

Une nécessité car après l'échec de l'OMC à conduire avec ses 160 membres un accord pour le commerce mondial, les Etats-Unis ont conclu de leur côté un accord avec 11 Etats du pourtour pacifique; la Chine est en négociation avec l'Inde et 14 pays asiatiques pour un accord régional le RCEP (Regional Comprehensive Economic Partnership); 54 membres de l'Union africaine discutent d'un projet africain de libre-échange, le CFTA (Continental Free Trade Area). L'Europe ne peut rester à l'écart de ces recherches d'accords commerciaux, sauf à se marginaliser dans la compétition économique mondiale.

Négociations (trop) secrètes

C'est dans ces conditions que la France, sous l'autorité de François Hollande, a confié à la Commission européenne un mandat de négociation. Ce mandat est tenu secret. Il n'a pas été mis à disposition des parlementaires. De même, l'avancée des négociations est d'une très grande opacité. Les documents sont rédigés en anglais, accessibles pendant deux heures seulement par les parlementaires dans une salle de lecture. Ils sont par ailleurs incomplets et amputés des éléments fondamentaux de la négociation.

Naturellement chacun peut comprendre qu'une négociation ait besoin de discrétion pour préserver la recherche d'un accord. Pour autant, l'objectif et les lignes rouges que les négociateurs sont tenus de respecter doivent être connus et partagés. La recherche de l'adhésion de l'opinion publique au mandat de négociation est une des conditions de la réussite. Celle-ci permet d'afficher la détermination et de garantir le soutien le plus large aux différentes étapes d'un processus forcément long et difficile.

Après avoir confié en 2013 à la Commission européenne un mandat secret au nom de la France pour négocier le TAFTA, après avoir demandé le 11 février 2016 une accélération du processus, François Hollande s'offusque aujourd'hui de la tournure des évènements et feint de découvrir l'état des négociations.

A quoi joue François Hollande?

Or soit la Commission européenne a dépassé le mandat qui lui a été confié et alors il faut dès à présent réunir un Conseil européen afin de recadrer les bases de la négociation. Soit la Commission européenne exécute convenablement le mandat qui lui a été confié, auquel cas prétendre le contraire revient à fragiliser la France et l'Europe.

Ce double langage permanent de François Hollande est un poison mortel. Il empêche la compréhension et donc l'adhésion de l'opinion publique, il crée des tensions ingérables et des réactions violentes dans le pays, il décrédibilise la parole de la France dans ses relations avec ses partenaires internationaux.

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