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Quand entreprise belge cherche clients… belges

Publié le 9 Mai 2016, 11:28am

Catégories : #ECONOMIE

Quand entreprise belge cherche clients… belges

Ne dites plus « panneaux photovoltaïques », mais bien « verres actifs ». Créée en 2006, l’entreprise verviétoise Issol est devenue une spécialiste fort convoitée sur ce marché tellement particulier. Olivier Van Langenacker, l’un des associés, ne compte plus les contrats signés avec les plus grands architectes de la planète pour participer à des projets de renommée internationale.« Nous avons placé la toiture, la sous-toiture ainsi que l’enveloppe de verre du Résidence Palace, siège du Conseil européen à Bruxelles dessiné par Philippe Samyn, explique ainsi le patron. Notre clientèle comprend également le ministère de la Défense à Paris conçu par Nicolas Michelin, la Cité de la musique de Christian de Portzamparc ou encore le Tribunal de grande instance porté par Renzo Piano. En dix ans, nous avons capté les plus gros projets français. »

Cela pourra paraître surprenant, mais cette renommée à l’international pose problème à Issol et à ses 45 employés. « Notre expertise effraie les grands acteurs immobiliers belges, qui croient que nous sommes trop chers pour eux, avance Olivier Van Langenacker. L’exemple du Treurenberg est là pour démontrer le contraire. »

Et de fait, notre interlocuteur a tenu à nous montrer de près ce tout nouveau bâtiment imaginé par Assar pour Axa, et qui vient d’être achevé à deux pas du parc Royal, en plein centre de la capitale. La Commission européenne a tout juste investi les lieux sur le toit desquels on aperçoit un bardage de couleur noire qui s’étend sur plusieurs centaines de mètres carrés. De la rue, impossible de voir qu’il s’agit en fait de panneaux en verre.« C’est du verre martelé et imprimé dans la masse, derrière lequel ont été installées des cellules photovoltaïques, expose Olivier Van Langenacker. Posés et connectés, ces panneaux ont coûté environ 450 euros/m2. Or, quand vous saurez que chaque mètre carré va générer entre 15 et 20 euros d’énergie par an, et que ce résultat pourra être doublé grâce aux certificats verts, le calcul est vite fait : l’installation sera amortie en moins de dix ans. »

Garanti 30 ans, le verre actif qui sort des ateliers de production de Verviers coûte évidemment plus cher que les panneaux chinois qui ont investi le marché à partir de 2009 et qui ont injecté dans le marché une concurrence face à laquelle aucune entreprise européenne ne peut rivaliser. « Avant l’arrivée des Chinois, l’Europe absorbait 70% de la production mondiale de panneaux photovoltaïques et le marché était activé par des incitants fiscaux monstres, assure notre homme. Mais elle n’a pas su conserver ses industriels car beaucoup d’acteurs ont disparu, qu’ils soient allemands, italiens, français ou belges. Les Etats-Unis ont compris comment concurrencer les Chinois : ils imposent 200 % de droits de douane sur leurs produits... »

Issol ne réalise pas que des projets de grande envergure. Le département « Pro » s’occupe de tous les bâtiments non résidentiels en proposant des solutions techniques répétables un peu partout, tandis que la section « Plus » prend en charge la fabrication de panneaux à destination des particuliers, qui seront posés par des installateurs extérieurs. « Nous avons un énorme potentiel sur des bâtiments industriels à relifter. Je pense aux habitations sociales, aux écoles, mais il y en a beaucoup d’autres… »

Aujourd’hui, isoler sa façade par l’extérieur est devenu monnaie courante. « Mais si l’on peut utiliser l’enveloppe du bâtiment comme élément générateur d’énergie et de revenus, c’est encore mieux, sourit notre interlocuteur. En Norvège, nous avons imprimé un motif et une couleur sur la face intérieure du verre pour un bâtiment public. Les possibilités de personnalisation des façades pour une entreprise (logo, enseigne…) sont nombreuses. »

En contemplant une fois encore la toiture du Treurenberg (« C’est la première fois que je la vois achevée… »), le patron d’Issol dit regretter l’émergence en Belgique de grands centres commerciaux qui comportent beaucoup de surfaces vitrées, mais où aucune n’est photovoltaïque. « Je pense notamment à Docks Bruxsel le long du canal, la Strada à La Louvière ou Rive Gauche à Charleroi, dit-il à regret. Mais c’est aussi un peu de notre faute, nous aurions dû démarcher en amont. C’est pourquoi nous sommes allés au Mipim cette année. »

Aidée depuis 2014 par la Sriw (Société régionale d'investissement de Wallonie), Issol est aujourd’hui en phase active de recherche de clients belges, un comble tout de même pour une entreprise entièrement belge. « Nous avons mis un peu trop de temps à comprendre que ce dont nous avons le plus besoin aujourd’hui, ce sont des projets usuels, conclut Olivier Van Langenacker. Le Treurenberg est à ce sujet une parfaite vitrine. Des banques nous envoient leurs clients. C’est bon signe… »

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