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Primaire à droite : un compromis trouvé pour régler le litige sur le vote des Français de l’étranger

Publié le 19 Mai 2016, 09:56am

Catégories : #POLITIQUE

Primaire à droite : un compromis trouvé pour régler le litige sur le vote des Français de l’étranger

C’est finalement la voie du compromis qui a été choisie pour résoudre ce qui est considéré comme le premier vrai couac dans l’organisation de la primaire de la droite pour la présidentielle, les 20 et 27 novembre.

Lors d’un bureau politique tenu mardi 17 mai au soir, Les Républicains (LR) ont adopté à l’unanimité la solution proposée par Thierry Solère, président de la commission nationale d’organisation de la primaire, concernant le vote des Français de l’étranger. Il s’agit d’un mode de vote double : à la fois papier pour les expatriés habitant dans 30 grandes villes, telles que Londres ou Genève, mais aussi électronique dans les endroits les plus reculés et là où un vote papier ne serait pas possible juridiquement ou pour des raisons de sécurité, comme en Chine ou au Canada.

Cette solution de compromis vise à apaiser les tensions entre Nicolas Sarkozy et ses rivaux, qui contestaient la décision prise par le bureau politique LR de renoncer àorganiser par voie électronique le vote des Français établis hors de France, soit près de 1,2 million électeurs. Cette décision, votée le 3 mai à l’initiative du président du parti, avait été prise de manière inattendue et en l’absence de ses principaux concurrents – Alain Juppé, François Fillon et Bruno Le Maire – qui avaient ensuite dénoncé « un coup de force ».

Lire aussi :   Primaire : les rivaux de Sarkozy dénoncent un « coup de force »

Mardi soir, ces derniers ont tous approuvé le compromis présenté dans une ambiance tendue mais sans éclat de voix, selon des participants. Le « clash » que certains prédisaient n’a pas eu lieu. Primaire oblige. « Tous ont voulu se contrôler pour ne pas apparaître comme des diviseurs aux yeux des électeurs », explique un participant.

Un échange de piques – assez tendu – entre MM. Juppé et Sarkozy a tout de même eu lieu. Le premier a jugé « inutile » de perdre du temps à débattre aussi longtemps d’un article de la charte de la primaire, alors que le second, au contraire, a vanté « un débat utile » pour trancher un désaccord interne. Sur le fond, Alain Juppé et Bruno Le Maire ont souligné que la haute autorité (dirigée par la juriste Anne Levade) devait piloter l’organisation du scrutin en toute indépendance, sans être court-circuitée par le bureau politique du parti (présidé par M. Sarkozy). « Il ne faut pas revoir en permanence les règles. C’est la haute autorité qui doit décider », a lancé le maire de Bordeaux, sur un ton strict. Nathalie Kosciusko-Morizet a, elle aussi, de nouveau dénoncé les changements de règles successifs de la primaire, après la modification des conditions de parrainage.

Les modalités fixées d’ici au 15 juillet

Depuis deux semaines, les rivaux de M. Sarkozy dénonçaient une manœuvre de ce dernier, revenant à empêcher les expatriés de se prononcer, au motif que les difficultés matérielles inhérentes à un vote papier les empêcheraient de voter. Certains le suspectaient même de vouloir limiter la participation à la primaire pour pénaliser son principal rival, Alain Juppé, qui souhaite le corps électoral le plus large possible et paraît plus populaire chez les expatriés.

D’autres croyaient y déceler la volonté de M. Sarkozy de tester le niveau de résistance de ses concurrents. Saisie par les rivaux de l’ex-chef de l’Etat, qui voulaient à tout prixrétablir le vote électronique, la haute autorité chargée d’organiser la primaire avait désavoué ce dernier en recommandant que le bureau politique se réunisse de nouveau pour revoir la décision prise le 3 mai.

 Lire aussi :   Nicolas Sarkozy désavoué par la haute autorité chargée d’organiser la primaire

L’accord permet à chacun de garder la face. M. Sarkozy s’était dit favorable au compromis de M. Solère. « Quelle est la raison qui pourrait justifier qu’on vote papier à Paris et électronique à Londres ? Et en même temps, s’il faut voter par papier à Papeete, il faut le faire par un vote électronique aux Marquises, qui sont à quatre heures d’avion de Papeete », a-t-il confié au Monde, lundi 16 mai. Une liste précise des modalités de vote doit être arrêtée par le comité chargé de l’organisation de la primaire d’ici au 15 juillet.


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