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Pour nous fliquer sur Internet, tous les moyens sont bons

Publié par MaRichesse.Com sur 27 Mai 2016, 07:52am

Catégories : #INTERNET, #ECONOMIE

Pour nous fliquer sur Internet, tous les moyens sont bons

Ils ont pisté les pisteurs : deux chercheurs de l’université américaine de Princeton viennent de mener une énorme étude sur les «  trackers  », ces lignes de code insérés dans une page web qui permettent de suivre le comportement des internautes. Surtout utilisés à des fins publicitaires, ils permettent de savoir beaucoup de choses sur nous.

Les chercheurs, Steven Englehardt et Arvind Narayanan, ont étudié le million de sites web les plus fréquentés, selon le classement d’Alexa(une boîte de stats web qui appartient à Amazon). Ils ont employé des programmes simulant une visite, des bots (ou robots logiciels), qui ont analysé les trackers utilisés sur chaque site. Voici plusieurs de leurs observations.

1

Google nous suit presque tout le temps

 

Parmi les mouchards, Google se taille la part du lion  : Google Analytics est présent dans 70% des sites scannés et sa régie publicitaire DoubleClick sur 50%, devant Facebook (20%) et Twitter (10%). De quoi leur permettre de nous balancer des pubs en théorie mieux ciblées.

Comme l’observe la revue du MIT, un tracker qui sait que vous avez visité récemment des pages sur la grossesse et les vêtements pour bébé pourra vous afficher des publicités adaptées.

Ce suivi (automatisé) de nos vies est déjà discutable en soi, mais en outre il peut avoir des effets collatéraux, par exemple de la discrimination. Une étude a montré que des offres d’emplois s’affichaient différemment selon que l’on est un homme ou une femme.

2

Les sites porno bien moins curieux que les sites d’actu

 

Les trackers sont généralement utilisés à des fins publicitaires ou marketing, ou pour mesurer une audience. Là où on en trouve le moins, assez logiquement, c’est sur les sites d’organismes à but non lucratif, d’universités ou d’administrations n’affichant pas de publicité.

Mais de façon plus surprenante, c’est ensuite sur les sites pornos, qui en utilisent en moyenne six – alors que la moyenne tous sites confondus est d’une vingtaine par site.

Nombre de trackers par site, selon les catégories : actus, sports, etc.
Nombre de trackers par site, selon les catégories : actus, sports, etc. - Projet WebTAP/université de Princeton

A l’inverse les sites les plus gourmands d’infos sur leurs visiteurs sont... les sites d’actus, qui en comptent en moyenne presque 40 chacun, le double de la moyenne.

Sur Rue89, il y en a 13 (mais certains scripts appellent eux-mêmes d’autres scripts) : quatre pour compter des visites, cinq pour placer les pubs, quatre pour les petites annonces.

3

Même le traitement sonore par notre ordi peut nous identifier

 

Les éditeurs de sites ne manquent pas de créativité pour pister leurs visiteurs. A côté des outils les plus répandus mentionnés ci-dessus, on trouvait déjà l’image invisible (ou «  canvas fingerprinting  »), qui tel le sparadrap du capitaine Haddock est indécollable : lorsque vous allez sur un site qui l’utilise, à votre passage sur un second l’ayant aussi, ce dernier « saura » que vous êtes allé sur le premier.

Mais une techno similaire a été remarquée par les chercheurs, cette fois sonore et non plus visuelle  : l’« audio fingerprinting » (empreinte digitale audio) analyse le traitement du son par l’ordi de l’internaute (chaque machine a sa « signature »). Elle n’est utilisée que par 67 sites, une goutte d’eau dans l’océan du million de sites étudiés, mais plusieurs méthodes du même genre, créant des «  empreintes  » pour identifier les visiteurs, ont été détectées.

Manifestement, la montée des adblocks et autres bloqueurs de pubs incite certains à chercher de nouveaux moyens de nous pister.

Main essayant de cacher le clavier
Main essayant de cacher le clavier - Pixabay/domaine public
4

On peut lutter contre le pistage

 

C’est l’éternelle histoire du bouclier et de l’épée  : mouchards et anti-mouchards se courent après. Les technos du genre des «  empreintes digitales  » précitées ne sont pas (ou pas encore) combattues par les moyens les plus courants, mais la plupart des trackers peuvent être bloqués sans trop de difficulté, soulignent les chercheurs de Princeton.

Les analyses d’empreinte sonore et autres joyeusetés passeront à travers le filet, mais selon les chercheurs, pour la grande majorité des trackers, deux outils de protection des données perso sont efficaces : les extensions de navigateur Ghostery et uBlock

 Source

 

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