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Non, un ado n'a pas découvert une cité maya: "Tout est faux"

Publié le 13 Mai 2016, 09:50am

Catégories : #SCIENCE

Non, un ado n'a pas découvert une cité maya: "Tout est faux"

Toute la presse en a parlé (7sur7 y compris) mais l'histoire était finalement trop belle pour être vraie. Les experts démontent aujourd'hui la thèse du jeune Québécois de 15 ans et accusent les médias d'avoir fait monter la sauce sans réfléchir...

L'histoire a bouleversé le Web: un jeune Québécois de 15 ans supplante la communauté scientifique mondiale en dévoilant l'emplacement d'une cité maya jusqu'alors inconnue. En effet, passionné d'archéologie et d'astronomie, William Gadoury se penche un jour sur le sujet quand lui vient une révélation: il compare la position des étoiles avec la localisation des principaux sites répertoriés (au Mexique, au Guatemala et au Belize) et constate une anomalie. Selon sa thèse, une ville, censée correspondre à l'une des étoiles en question, manque à l'appel. Or, à cet endroit, se trouve justement une structure en pierre et quelques "formes géométriques". Le lien est établi: CQFD. 

La communauté scientifique hilare
Le retour de manivelle ne s'est pas fait attendre. Gentiment tournée en ridicule par l'exposé "brillant" de ce jeune archéologue en herbe, la communauté scientifique démonte aujourd'hui la théorie de l'adolescent: "Avec mes collègues, on a beaucoup ri en regardant la carte censée situer l'emplacement de la cité", lâche Marie-Charlotte Arnauld, spécialiste de l'habitat et de l'urbanisation mayas. "L'information géographique fournie est particulièrement mauvaise et aberrante", ajoute-t-elle, relayée par Sciences et Avenir. "Inutile de perdre son temps à essayer de situer le nouveau site; les coordonnées, la carte, le principe de localisation, tout est faux, incohérent et absurde", confie-t-elle aux journalistes d'Arrêt sur Images, à l'origine de la contre-enquête. 

"Un gâchis"
En réalité, toute cette histoire et son incompréhensible retentissement est partie d'une source unique et d'un article publié dans Le Journal de Montréal. La suite est une avalanche de propos relayés en cascade, et non vérifiés, comme la presse en a parfois le secret: "Toute cette histoire est un gâchis, un terrible exemple de science de pacotille qui frappe un Internet en chute libre. Les anciens Mayas n'ont pas établi le plan de leurs anciennes cités selon les constellations", enrage David Stuart, expert de la civilisation maya, relayé par le magazine Wired. 

Un champ de maïs abandonné?
Les recherches du jeune Québécois mentionnent "des formes géométriques difficilement attribuables à des phénomènes naturels" et observées sur les lieux du mystérieux site via des images satellitaires. Or, pour l'archéologue Ivan Sprajc, il s'agirait plutôt d'un "champ de maïs abandonné" et d'un "petit lac asséché". En outre, la zone concernée s'avère bien connue des spécialistes qui la prospectent depuis des années. Les dimensions évoquées par William Gadoury sont également jugées "aberrantes" par les experts, quand l'on sait que le site est censé s'étendre sur 120km² alors que celui de Tikal, le plus grand connu, ne couvre qu'une surface de 20km², précise Marie-Charlotte Arnauld. 

Fausse hypothèse de départ
Selon la directrice de recherche émérite à l'ArchAm (Archéologie des AMériques), l'hypothèse de départ est tout simplement fausse. "Cette histoire de planification de l'ensemble des cités en fonction des constellations est une aberration: les constellations sont des constructions culturelles (il s'agit juste de relier des points) et les nôtres nous viennent des Grecs! De toutes façons, l'hypothèse de départ est fausse: elle oublie 3.000 ans d'Histoire. Les villes n'ont pas toutes été fondées ni occupées en même temps. Il n'y a pas de grand dessein maya et la forêt tropicale se gère comme n'importe quel milieu naturel, millénaire après millénaire. Ce n'est pas la planète Mars!". 

À suivre
Le jeune Québécois, lui, n'en démord pas et compte continuer ses recherches. Un survol de la zone en question dans les prochains jours permettra d'en savoir plus sur cette curieuse affaire qui égratigne également au passage l'emballement systématique irréfléchi de la presse (nous y compris) à l'égard des phénomènes viraux.

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