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Mourinho, le «rival spécial» de Ferguson

Publié par MaRichesse.Com sur 27 Mai 2016, 04:19am

Catégories : #SPORTS, #ANGLETERRE

Mourinho, le «rival spécial» de Ferguson

Le Portugais, nouveau manager de Manchester United, trouve grâce aux yeux de celui qui a occupé le poste pendant 27 ans et reste, aux yeux des supporters, une figure tutélaire du club

«Après 27 ans en tant que manager, pourquoi voudrais-je m’impliquer de nouveau dans le football? Il était temps de laisser cette partie de ma vie derrière moi.» Nous sommes en 2013. En mai, Alex Ferguson remporte un treizième et dernier trophée de champion d’Angleterre avec Manchester United et annonce son intention de quitter son poste. En octobre, il publie «My Autobiography», dont sont extraites les citations de cet article. Près de trois ans plus tard, les Red Devils portent toujours la marque de Sir Alex. Depuis son départ, ils n’avaient pas gagné le moindre titre avant la Cup soulevée samedi dernier et, après le règne sans partage d’un unique manager pendant près de trois décennies, deux autres ont occupé le poste en trois ans (David Moyes et Louis van Gaal), sans compter l’intérim de Ryan Giggs au printemps 2014. Un troisième s’apprête à relever le challenge la saison prochaine: José Mourinho. Son arrivée a été officialisée vendredi.

 

«Qu’en aurait pensé Alex Ferguson?» C’est pour éviter que cette question ne plane comme un nuage noir au-dessus de David Moyes que le mythique entraîneur avait, en annonçant sa retraite, publiquement adoubé son successeur. Rien de plus logique: c’était pour ainsi dire lui qui l’avait désigné. Ferguson voyait d’une certaine manière son compatriote Moyes comme un fils spirituel. «Beaucoup d’Ecossais ont une certaine dureté en eux, une forte détermination. Lorsqu’ils quittent l’Ecosse, c’est généralement pour une seule et unique raison: réussir. Les Ecossais (…) s’en vont pour devenir meilleurs.» Mais à Old Trafford, David Moyes échouera et sa nomination restera comme la dernière décision stratégique majeure de son illustre prédécesseur.

Un chapitre entier

Louis van Gaal, Alex Ferguson l’apprécie mais n’en parle pas dans son livre, trop égo (et anglo) centré pour évoquer un Néerlandais qui entraîne au pays, en Allemagne et en Espagne pendant que son auteur écrit l’histoire de Manchester United. José Mourinho, lui, est l’objet d’un chapitre entier. Un honneur partagé avec un seul autre technicien, Arsène Wenger. Le Français est un homme «de bonne compagnie et possède de nombreux sujets de conversation», estime Sir Alex, mais un entraîneur avec lequel ses relations ont parfois été «très tendues». Au contraire, il dresse du Portugais un portrait plus que flatteur.

«Quel jeune effronté!», s’est pourtant dit Ferguson lors de la première conférence de presse de Mourinho comme manager de Chelsea, en 2004. Le Portugais venait de s’autoproclamer «The Special One». «Une voix intérieure me disait que c’était le petit nouveau», écrit l’ancien manager des Red Devils. Renforcé dans sa première impression par son collaborateur Carlos Queiroz, qui lui assure que Mourinho était l’un de ses meilleurs étudiants au Portugal, il le prend au sérieux. «Je l’ai regardé surfer sur la vagues d’attentes qu’il avait créées. José était l’un de ces gars sur une planche de surf capables de tenir sur la vague plus longtemps que n’importe qui. J’ai tout de suite compris qu’il n’était pas sage de m’engager dans une guerre psychologique avec lui.»

Des équipes marquantes

Au contraire, au-delà d’une rivalité naturelle entre adversaires directs, les deux hommes apprennent à se connaître et s’estiment. En 2008, quand Ferguson parle de ses premières envies de tirer sa révérence, Mourinho lui répond: «Ne t’en va pas, tu me fais avancer.» L’Ecossais le lui rend bien: «José est exceptionnellement bon avec les joueurs. Il est méticuleux, fait attention aux détails. C’est quelqu’un de sympathique (…) et il peut rire de lui-même, retourner une plaisanterie contre lui.» Au-delà de l’homme, il est admiratif de ses équipes. Chelsea, une formation devenue «incroyablement difficile à faire déjouer» sous sa conduite. L’Inter et sa science «de la concentration et du positionnement» qui a éliminé Barcelone en demi-finale de Ligue des champions en 2010. Le Real, enfin, qu’il a été le premier à modeler à son image quand «tous les entraîneurs qui ont travaillé là-bas ont dû adhérer à la philosophie madrilène» et préférer «perdre 5-4 que 1-0» au nom du spectacle demandé par l’exigeant public de Santiago Bernabéu.

José Mourinho est bien à part. Il cherche d’abord «à s’assurer que son équipe ne perdra pas». Le grand public lui prête une certaine arrogance? Ses joueurs sont entièrement à son écoute et Ferguson le trouve «serviable et très communicatif». Plusieurs fois dans son livre, l’Ecossais compare Mourinho et Rafael Benitez (alors entraîneur de Liverpool), qu’il apprécie (beaucoup) moins, et prononce cette sentence terrible: «Quand on voyait José et Rafa debout, près de la ligne de touche, on savait qui choisir comme vainqueur.»

Début 2014, quand les choses commençaient véritablement à mal tourner pour David Moyes à la tête de Manchester United, les chroniqueurs sportifs britanniques se posaient tous la même question: pourquoi cet Ecossais au palmarès vierge et à l’expérience des plus grands clubs inexistante, alors que José Mourinho - deux Ligues des champions gagnées avec deux clubs différents - était libre? Mais c'est Alex Ferguson qui décidait, et Alex Ferguson ne l’avait jamais considéré autrement que comme un rival. Un «rival spécial», c’est le titre du chapitre qu’il lui consacre, mais pas un successeur potentiel. Depuis que le nom du Portugais circule, la presse britannique a tout dit: que Ferguson était derrière Louis van Gaal, favorable ou hostile à l’arrivée de Mourinho à Old Trafford. Mais à relire son autobiographie, c’est comme s’il l’avait adoubé (bien) avant l’heure. 

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