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Conseils, science, sante et bien-être


Médicaments contre le cholestérol : un bien maigre bilan

Publié le 4 Mai 2016, 12:52pm

Catégories : #SANTE-BIEN-ETRE

Médicaments contre le cholestérol : un bien maigre bilan

C'est dans les années 1960 qu'a commencé la recherche clinique (chez l'homme) de médicaments susceptibles de faire baisser un taux de cholestérol trop élevé dans le sang. Le but était – et il l'est toujours – de diminuer le risque d'accident cardiovasculaire majeur et de mort prématurée. « En 50 ans, de très nombreuses substances ont été testées et commercialisées, avec divers mécanismes d'action », peut-on lire dans la revue médicale Prescrire de mai. On y parle donc non seulement des statines, objets de polémiques récentes, mais aussi de toutes les autres possibilités thérapeutiques.

La liste des produits expérimentés au fil des décennies est très variée. Il y a eu, par exemple, l'acide nicotinique et ses dérivés, des dérivés thyroïdiens, la levure de riz rouge… « De 2006 à 2015, dans un groupe appelé inhibiteurs de la protéine de transfert des esters de cholestérol, le développement de trois substances a été arrêté soit en raison d'une surmortalité, soit en raison d'un manque d'efficacité pour réduire les accidents cardiovasculaires », précisent les auteurs.

Le gemfibrozil* a un effet bénéfique sur l'infarctus du myocarde

Même si, aujourd'hui, il ne reste plus « que » cinq grandes familles de médicaments destinés à lutter contre l'excès de cholestérol, dont ces fameuses statines. Elles inhibent une enzyme qui intervient dans une des premières étapes de la synthèse du cholestérol par le foie. Il en existe un certain nombre, mais « seules la simvastatine* et la pravastatine* ont une efficacité démontrée en termes de morbidité et de mortalité totale et cardiovasculaire chez certains patients », peut-on lire. La pravastatineest celle qui expose le moins à des interactions avec d'autres médicaments. Quant à la cérivastatine, elle a été retirée du marché en 2001 en raison du risque d'atteintes musculaires mortelles.

Autre groupe au nom bien connu des patients concernés, les fibrates. Là encore, Prescrire se montre sévère. La revue estime que, malgré les nombreuses études et des dizaines d'années de commercialisation, leur mécanisme d'action reste mal identifié. Et que seul le gemfibrozil* a un effet bénéfique démontré sur le risque d'infarctus du myocarde. « À l'inverse, le clofibrate a été associé à une surmortalité, liée à plusieurs pathologies, dont des cancers. »

Parmi les autres traitements, on trouve les résines échangeuses d'ions, qui augmentent l'élimination fécale du cholestérol. « L'évaluation clinique de la colestyramine* a montré un bénéfice en termes de diminution du risque d'infarctus du myocarde chez certains patients. » L'acide nicotinique manque d'efficacité, tout comme les inhibiteurs de l'absorption du cholestérol, pour lesquels Prescrire dénonce en plus un effet cancérogène suspecté. Reste les anticorps monoclonaux dirigés contre la PCSK9.L'évolocumab* et l'alirocumab* font bien baisser le taux de cholestérol circulant, mais les éventuelles complications cardiovasculaires de ces médicaments récents ne sont pas connues. « Force est de constater que le bilan de ces molécules n'est pas fameux », conclut la revue. De quoi relancer les polémiques sur leur prescription chez un trop grand nombre de personnes.

* Dénomination commune internationale

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