Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


Les sans préférence partisane, premier parti de France

Publié le 13 Mai 2016, 09:23am

Catégories : #POLITIQUE

Les sans préférence partisane, premier parti de France

Une enquête de l’institut Elabe révèle que les Français qui ne se sentent proches d'aucune des grandes formations politiques sont désormais les plus nombreux.

Les Français sans préférence partisane forment aujourd’hui le premier groupe «politique»de la population en âge de voter. C’est le résultat d’un cumul d’enquêtes d’opinion de l’institut Elabe portant sur 11.999 individus représentatifs de la population française, dont Slate publie les résultats.

Ces enquêtes, réalisées de janvier à mars 2016, révèlent que près de 28% des Français se déclarent «sans préférence partisane», alors qu’«aucun des principaux partis ne parvient à atteindre le seuil de 20% des préférences exprimées».

«Un espace partisan sens dessus dessous», Elabe, mai 2016.

Plus nombreux chez les femmes, les jeunes, dans les milieux populaires et au sein du groupe des artisans-commerçants, ces sans-étiquette prennent de l’importance jusque dans les groupes sociaux traditionnellement les plus disposés à s’identifier à un parti, les cadres et professions intellectuelles supérieures, qui «ne comptent pas moins de 22% d’individus n’exprimant aucun choix.»

«Décomposition partisane»

Derrière ce bloc des «sans partis», trois grandes forces politiques se partagent les électeurs affiliés à un parti, dans «un champ politique fragmenté voire atomisé»: LR, PS et FN se retrouvent tous trois au coude à coude et ont chacun la préférence d’environ 15-16% de Français –respectivement 16,8%, 15,8% et 15% des Français interrogés. Les socles partisans de chacun confirment une polarisation entre, d’un côté, des sympathisants LR et PS où les retraités sont surreprésentés et, à l’inverse, une structure socioprofessionnelle des sympathisants FN où dominent les actifs, les jeunes et les catégories sociales populaires.

«Un espace partisan sens dessus dessous», Elabe, mai 2016.

Le bloc de gauche (extrême gauche, Front de gauche, Verts, PS et autres formations) a la préférence de 30% des Français interrogés, le bloc des droites hors FN 27% (en ajoutant aux Républicains les centristes du MoDem et de l’UDI).

Bon nombre des électeurs n’exprimant aujourd’hui aucune préférence partisane participeront au scrutin phare de la vie politique française

Yves-Marie Cann, directeur des études politiques d’Elabe

Si l’année «2015 a été l’année de la “tripolarisation” de la vie politique»«2016 semble l’année de la décomposition partisane», comme l’a écrit sur Slate Philippe Guibert. Ces résultats confirment la défiance vis-à-vis de partis politiques et «l’essoufflement des appareils partisans», dont l’écrivain et coorganisateur d’une «Primaire des Français»Alexandre Jardin aime à répéter qu’ils comptent moins d’adhérents que la fédération française de pétanque (ou de canoë kayak).

Arithmétique électorale

Le suivi de l’institut TNS Sofres sur l’état de l’opinion enregistre un niveau identique de Français sans préférence partisane en janvier 2016: 28%. Des niveaux similaires ont déjà été enregistrés, lors de périodes de mi-mandat présidentiel comme début 2010, mais l’offre politique ne se répartissait pas alors en ces trois tiers à peu près égaux qui caractérisent la situation actuelle.

De plus à un an de l’élection présidentielle, ces «sans parti» rendent tangible la fragmentation de l’espace politique et partisan, qui interroge partis et candidats à l’approche de l’année électorale 2017. Comme l’écrit Yves-Marie Cann, directeur des études politiques d’Elabe, «bon nombre des électeurs n’exprimant aujourd’hui aucune préférence partisane participeront au scrutin phare de la vie politique française».

En conséquence, «la construction d’une majorité présidentielle durable» passera, sauf à miser sur une abstention très massive, par «la capacité du futur vainqueur à dépasser voire à s’affranchir des logiques partisanes traditionnelles pour bâtir une majorité de projet». Une arithmétique électorale qui pourrait alors profiter à des candidats, déclarés ou putatifs, qui se positionnent justement sur des projets se présentant comme rassembleurs et transpartisans, comme Alain Juppé ou Emmanuel Macron.

Jean-Laurent Cassely

 
 
 

Commenter cet article

Archives