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Le Parti de la prohibition se lance aussi dans la présidentielle américaine

Publié le 13 Mai 2016, 09:26am

Catégories : #POLITIQUE

Le Parti de la prohibition se lance aussi dans la présidentielle américaine

Jim Hedges, le candidat du Parti de la prohibition, aimerait juste atteindre les 6.000 voix.

Alors qu’une partie des Républicains s’active pour trouver une solution de rechange à Donald Trump et que la primaire démocrate n’a toujours pas donné de vainqueur définitif, il est temps de se pencher sur un candidat qui assure lui-même que ses chances de gagner sont «nulles»: «Zéro. Aucune chance.»

Cet homme, c’est Jim Hedges, le candidat du Parti de la prohibition (si, si, ça existe encore).D’autant que, comme le raconte le Guardian, qui lui consacre un long portrait, le parti n’est en lice que dans trois, voire six États: l’Arkansas, le Colorado, le Mississippi et peut-être l’Iowa, la Louisiane et le New Jersey. Dans le meilleur des cas, ce serait cinq de plus que lors de la dernière élection présidentielle, où il avait recueilli 518 voix, loin des 270.000 acquises en 1892, son meilleure score:

«Si je recueille un millier de votes dans chacun des six États, je serai heureux. Cela montrera que notre thématique revient au cœur des débats.»

En attendant, Jim Hedges reconnaît ne pas vraiment être le candidat idéal pour la Maison Blanche, même s’il est confiant dans ses qualités, comme l’expérience. Atlas Obscura souligne qu’il est le seul membre de l’histoire du parti à avoir été élu, même si Hedges en minimise l’importance: «C’était une petite ville, et il n’y avait pas d’opposition.»

Jim Hedges n’est pas vraiment du genre à chercher à en faire trop. Au Guardian, il admet qu’il n’est pas vraiment le candidat parfait: «Je suis trop vieux et trop infirme. Et puis je bégaye.»

Égalité salariale

Début mars, Atlas Obscura revenait sur l’histoire du parti et rappelait qu’il était «le plus vieux parti tiers aux États-Unis. Même s’il n’a jamais attiré plus de 2,2% du vote populaire, il a été présent sans discontinuer de la course présidentielle depuis 1872»:

«Même si la signature du parti est, et a toujours été, la prohibition de l’alcool, il “a toujours été intéressé dans les réformes sociales plus largement”, explique Jim Hedges.»

Le Parti de la prohibition a ainsi été le premier à appeler à l’égalité salariale entre hommes et femmes, et ce, dès 1892. Atlas Obscura rappelle égalemment que Susanna Madora Salter, la première femme politique élue (elle est devenue maire d’Argonia, dans le Kansas) était une candidate du Parti de la prohibition. Marie C. Brehm, la première femme à se présenter à la présidentielle (en tant que vice-présidente), venait également de ce parti.

La Prohibition a bien entendu été le plus gros coup du parti. Pendant treize années, de 1920 à 1933, «la fabrication, le transport et la vente d’alcool» étaient interdits aux États-Unis. «Mais paradoxalement, explique Atlas Obscura, ce succès voulait dire que la plupart des membres du parti l’ont quitté, estimant que leur travail était terminé»:

«Avec la fin de la Prohibition en 1933, et le début et la fin de la Seconde Guerre Mondial, le soutien au parti a continué à diminuer. Ils sont passés de dizaines de milliers de votes lors des élections présidentielles à quelques centaines. Leur base démographique a également changé: l’exode des progressistes et la non-arrivée de jeunes “a laissé le parti entre les mains des conservateurs religieux dont les congrégations interdisaient l’alcool”, explique Hedges. Aujourd’hui les baptistes et les méthodistes constituent encore la base du parti.»

Schizophrénie

Aujourd’hui, le parti semble un peu schizophrène, indique Atlas Obscura. On y trouve des appels progressistes en faveur de l’université gratuite ainsi des actions pour lutter contre le changement climatique au côté de déclarations contre le contrôle des armes et le mariage homosexuel:

«Des propositions pour relever le salaire minimum coexistent aux côtés de déclarations contre le système de santé fédéral. Le parti qui se vantait autrefoisd’avoir plus de membres féminins que masculins dans les grandes villes a désormaisun discours anti-avortement. Et puis il y a l’appel pour la prohibition lui-même qui s’étend désormais aux drogues récréationnelles. Il est difficile d’imaginer que des personnes attirées par certaines de ces propositions soient attirées par d’autres.»

Pour en revenir à Jim Hedges, le Guardian raconte que, si sa famille refusait de boire pour des raisons religieuses, ce n’est pas son cas. Même s’il n’est pas croyant, il a intégré le parti à son adolescence et a poursuivi le même style de vie. Il assure ne jamais avoir bu de bière dans sa vie, mais a déjà consommé de l’alcool d’une manière très spéciale:

«Si je suis quelque part avec des gens qui ont un cocktail, je vais plonger une cuillère dedans. Ensuite je lèche la cuillère pour voir quel goût ça a. De cette façon, je n’ai jamais bu une goutte d’alcool. J’aime bien le champagne. Je n’ai jamais bu une coupe, mais j’ai déjà léché la cuillère.»

Et, comme le conclut le Guardian, si jamais il dépasse les 6.000 votes en novembre, il aura peut-être sa cuillère près de lui.

Slate.fr

 
 
 

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