Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


Le gros cerveau des humains? Une histoire de métabolisme

Publié le 9 Mai 2016, 10:33am

Catégories : #SCIENCE

Le gros cerveau des humains? Une histoire de métabolisme

Au cours de l'évolution, les humains ont vu leur métabolisme s'accélérer par rapport à leurs cousins primates. Ce qui pourrait expliquer notre gros cerveau, la lenteur de notre croissance, notre bonne rentabilité reproductive, notre remarquable longévité, mais aussi notre propension à devenir obèses et diabétiques.

Les humains se distinguent des autres primates par un cerveau plus gros, unrendement reproductif élevé, une croissance lente et une longévité exceptionnelle. Selon une étude publiée le 4 mai dans la revue Nature, ces différences pourraient être la conséquence d'une accélération de notre métabolisme survenue au cours de notre histoire évolutive. En consommant quotidiennement davantage de calories que leurs cousins et stockant mieux les graisses –une expertise lipidique d'autant plus manifeste chez les femelles–, les humains ont pu se doter de toutes ces caractéristiques si cruciales pour leur conquête du monde.

De fait, les variations dans les histoires de vie des espèces sont le reflet d'une diversification de l'économie énergétique survenue au cours de l'évolution. Chaque organisme doit allouer l'énergie que lui permet son métabolisme –ce qui dépend largement de sa taille– aux besoins concurrentiels de diverses tâches vitales –la croissance, la reproduction, ou encore la maintenance. Ainsi, les organismes qui se reproduisent «trop» vite par rapport à leur taille ont en général une espérance de vie très limitée, vu qu'ils dépensent énormément d'énergie pour leur reproduction et n'en laissent que tripette à leur maintenance.

A ce titre, les humains semblent relever d'un paradoxe énergétique: par rapport aux autres hominoïdes, ils se reproduisent beaucoup (dans des contextes dits de «fertilité naturelle», c'est-à-dire sans contraception), ont de gros bébés aux gros et longs besoins, vivent vieux et possèdent un cerveau extrêmement gourmanden ressources. D'où la question que se posent des tas de scientifiques depuis de nombreuses années: comment se sont-ils débrouillés pour réussir un tel exploit?

L'étude de Nature, menée par 17 chercheurs travaillant dans six pays différents, teste l'hypothèse selon laquelle les humains auraient, au cours de l'évolution, acquis un métabolisme plus rapide et un budget énergétique plus conséquent. Ce qui leur aurait permis d'échapper à la plupart des «compromis» (tradeoffs) que sont bien obligés d'accepter les autres primates. Pour ce faire, les scientifiques comparent la dépense énergétique totale des humains avec celle de leurs plus proches cousins et observent qu'en moyenne, nous consommons 400 kcal de plus que les chimpanzés et les bonobos, 635 kcal de plus que les gorilles et 820 kcal de plus que les orangs-outangs.

Des différences qui se creusent si on prend le sexe en considération. Ainsi, l'étude montre que chez tous les grands singes, la dépense énergétique totale est plus élevée chez les femelles que chez les mâles –dans des proportions oscillant entre 178% pour les gorilles, 124% pour les humains, les chimpanzés et les bonobos et 109% pour les orangs-outangs. Reste que les humains sont les hominoïdes au dimorphisme sexuel le plus marqué en termes de stockage des graisses: en moyenne, le corps d'un homme va abriter 22,9% de masse graisseuse, pourcentage quasiment doublé chez celui de la femme, avec 41,7% de graisses. Chez les autres grands singes, les proportions sont plus homogènes: la masse grasse des mâles orangs-outangs équivaut à 70% de celle des femelles et chez lesPan (chimpanzés et bonobos), le pourcentage atteint presque l'équilibre (93%). On notera que les gorilles sont les seuls hominoïdes où les mâles (15,2% M.G.) sont plus gras que les femelles (13,9% M.G.).

Une masse grasse élevée qui, avec d'autres facteurs –comme le fait que nous ayons des intestins plus courts, que notre régime alimentaire contienne davantage d'aliments riches en calories, une opulence exacerbée par la cuisson, ou encore que nous soyons plus égalitaires que les autres primates dans le partage des ressources–, pourrait expliquer que les organismes humains soient devenus de meilleurs gestionnaires énergétiques et aient eu davantage de rab pour satisfaire à leurs fonctions «supérieures».

En outre, concluent les chercheurs, savoir que «les humains manifestent une prédisposition évolutive au stockage des graisses, tandis que les autres hominoïdes restent relativement maigres, même en captivité où leur niveau d'activité est modeste» pourrait permettre «de promouvoir et de réparer la santé métabolique humaine dans les populations industrialisées».

Pourquoi? Parce que les mêmes avantages métaboliques qui nous ont permis de conquérir le monde et de le plier à nos besoins (notamment énergétiques) se retournent aujourd'hui contre nous en nous rendant massivement obèses et diabétiques.   

Slate.fr

source

Commenter cet article

Archives