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L’incompréhension entre entrepreneurs et investisseurs (suite et pas fin)

Publié le 16 Mai 2016, 09:50am

Catégories : #ECONOMIE

L’incompréhension entre entrepreneurs et investisseurs (suite et pas fin)

a 18e édition du Benelux Venture Forum, journée de rencontres entre fondateurs de start-up et investisseurs à risque (fonds d’investissement privés ou publics et départements ‘venturing’ de grosses entreprises) a fait pour la première fois escale en Wallonie hier, au Cercle du Lac de Louvain-la-Neuve. Organisée par la société privée Europe Unlimited (connue également pour ses « Tech Tours »), avec le soutien des organismes publics wallons SRIW et Sowalfin, la conférence a réuni 180 personnes, dont une petite vingtaine d’investisseurs et une petite centaine d’entrepreneurs. 56 start-up ont pu défendre leurs projets devant un panel d’investisseurs et experts : dans les secteurs ICT (21), dans les technologies vertes (10), dans les sciences de la vie (10) et le solde dans un domaine hétéroclite regroupant médias sociaux, éducation ou culture. Avec un bon équilibre entre entreprises innovantes belges (du nord comme du sud) et néerlandaises. On retrouvait aussi parmi les investisseurs une forte tonalité Benelux, agrémenté par quelques représentants venus des États-Unis ou d’autres pays européens.

11 start-up ont été épinglées pour la qualité de leurs présentations. Parmi elles, trois wallonnes : Aerodrot (connue pour sa marque de drones Fleye), Swan Insights (spécialiste des big data) et iTeos (immunothérapie).

Trop frileux ?

Le petit débat de clôture a permis de saisir à nouveau l’incompréhension, au moins aussi vieille que l’internet, entre les fondateurs et les investisseurs dits à risque. Les premiers, convaincus du potentiel énorme de leur projet, reprochent justement la frilosité au risque des seconds. Tandis que les seconds se retranchent derrière le manque de maturité ou de premiers résultats probants des premiers. Il ne faut pas cinq minutes pour que le spectre de la « Silicon Valley » n’apparaisse… « En Europe, les investisseurs à risque sont orientés vers une approche incrémentale, beaucoup plus prudente qu’aux États-Unis. Ils essaient de réitérer une réussite plutôt que de faire un énorme saut en avant. Sans de l’argent public, nous n’aurions pas été capables de combler le fossé entre la première et la deuxième levée de fonds », pointe Christian Homsy, le CEO de Cardio3 BioSciences, start-up wallonne devenue grande dans les biotechs.

Christian Homsy, le CEO de Cardio3 BioSciences, start-up wallonne devenue grande dans les biotechs. © René Breny
Christian Homsy, le CEO de Cardio3 BioSciences, start-up wallonne devenue grande dans les biotechs. © René Breny

Dans la salle, le fondateur d’une start-up technologique wallonne exprime son agacement quand il voit la facilité de ses concurrents outre-Atlantique à lever des millions à la pelle.« Parfois, j’ai l’impression que j’aurais plus de chances si je demandais d’emblée 10 millions plutôt qu’1 million… »

C’est alors qu’un investisseur néerlandais, Patrick Polak du fonds d’investissement Newion Investments, tente de parler vrai : « C’est vrai que sur 1.000 dossiers que nous traitons, nous en finançons au final 3 ou 4. Notre mission est de soutenir des entrepreneurs ambitieux, mais sans jamais oublier que derrière nous, il y a des actionnaires qui en veulent pour leur argent… » Il épingle qu’aux États-Unis, les investissements sont certes plus nombreux, mais avec un taux de déchets lui aussi très important, « mais de ce côté de l’Atlantique, on ne voit que les ‘success stories’… » Et d’affirmer que dans la Silicon Valley, à peine 2 ou 3 % des VC les plus influents détectent les pépites – les Google ou Facebook de demain – ce qui fait que le décompte final du « venture investment » est globalement positif. « Notre tâche en Europe est de compter davantage de VC parmi cette petite minorité qui fait une énorme différence. »

Des deux côtés de la barrière, une unanimité semble se dégager pour confirmer que c’est avant tout la qualité de l’équipe de direction d’une start-up, davantage que son projet intrinsèque, qui influence la décision des investisseurs. Avec ici aussi une différence d’approche entre l’Europe et les États-Unis. Plus prudent, l’investisseur européen lambda recherche le partenariat constructif avec l’équipe de cofondateurs, tandis que l’investisseur américain qui a flairé l’idée géniale n’hésitera pas à renverser l’équipe dirigeante en y plaçant ses propres pions.

Le petit débat se termine sur une question qui botte en touche : est-ce que finalement le problème n’est pas lié à la mentalité, soi-disant trop frileuse, des investisseurs mais plutôt à celle de la population européenne en général ? Aux États-Unis, cinq fois plus d’argent coule vers les investisseurs à risque…

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