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L’aventure de la Bank of China en Suisse s’achève par une accusation de gestion déloyale

Publié le 22 Mai 2016, 14:51pm

Catégories : #ECONOMIE

L’aventure de la Bank of China en Suisse s’achève par une accusation de gestion déloyale

Le procès de l’ancien directeur conclut la brève aventure du premier établissement bancaire chinois ouvert en Suisse

L’aventure de la Bank of China (BoC) à Genève trouvera lundi matin un nouvel épilogue, quatre ans après avoir été acquise par Julius Baer. Son ancien directeur, Jacques Méchélany, saura si le Tribunal de police de Genève retient l’accusation de gestion déloyale portée contre lui par le Ministère public cantonal qui exige une peine d’emprisonnement de 12 mois. Son avocat Philippe Grumbach a plaidé l’acquittement jeudi lors de l’audience unique de ce procès en première instance.

Jacques Méchélany se voit reprocher d’avoir perdu au printemps 2010 une trentaine de millions de dollars dans le cadre de la gestion de quatre fonds de placement dénommés «788», expliquait vendredi L’Agefi. Trois de ces fonds, investis dans des titres chinois et japonais, auraient perdu entre 70 et 100% de leur valeur lors de leur liquidation par la Bank of China le 7 mai 2010, au lendemain d’un «flash krach» qui avait brièvement affolé Wall Street.

Les détenteurs de parts de ces fonds ont été indemnisés par la Bank of China sauf un, Peper Investments, dirigé par le financier genevois Riccardo Tattoni. Ce dernier a fini par conclure un accord d’indemnisation extrajudiciaire l’été dernier et a retiré sa plainte contre l’ex-dirigeant de la Bank of China, désormais poursuivi par le seul Ministère public.

Climat «incestueux»

Ce dernier estime que Jacques Méchélany a créé un climat «incestueux» au sein de sa banque en cumulant les casquettes: celles de gérant de fonds de placement et celle de directeur général de la banque dépositaire, laquelle accordait des crédits aux fonds via un comité dont le directeur gérant était membre.

L’accusation se fonde notamment sur une étude de PricewaterhouseCoopers commandée par la Bank of China. Ce document affirme que les fonds étaient beaucoup trop endettés par rapport à leur capacité financière, avec des leviers allant de 7,9 fois à 17,2 fois leur valeur nette d’inventaire. De tels taux d’endettement auraient accéléré la déconfiture des fonds.

La défense estime que l’effondrement financier de ces fonds ne se serait produit qu’après le départ effectif de Jacques Méchélany de la direction de la banque, survenu le 16 avril 2010. Leur surendettement aurait été causé par la nouvelle direction chinoise mise en place après le retrait de l’accusé. Ce serait la décision «précipitée» et «illogique», selon les termes de l’avocat de la défense Philippe Grumbach, de liquidation des fonds au lendemain du «flash krach», qui aurait creusé les pertes imputées aux investisseurs.

Au-delà des reproches croisés, ce procès est celui de l’échec de la première expérience bancaire chinoise. Ouverte en 2008, la succursale genevoise du plus grand établissement financier chinois avait suscité de grands espoirs, ceux de voir la Suisse servir de porte d’entrée européenne aux banques chinoises. Il a néanmoins fallu attendre 2014 pour qu’un accord bilatéral entérine la possibilité de changes directs entre le franc suisse et le renminbi, et une année encore pour l’ouverture à Zurich d’une banque commerciale chinoise, la China Construction Bank. Entre-temps, Londres et Francfort se sont affirmées comme d’importants partenaires financiers de la Chine en Europe.

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