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L’appel au secours d’Iwacu, dernier média indépendant du Burundi

Publié le 6 Mai 2016, 12:39pm

Catégories : #ECONOMIE

L’appel au secours d’Iwacu, dernier média indépendant du Burundi

Voilà bien une conséquence de la crise au Burundi qui ne fera pas les grands titres de la presse internationale : l’effondrement du marché publicitaire. Et pourtant, pour les médias du Burundi, dont l’existence est déjà menacée par une répression sans précédent de leur liberté d’expression et de mouvement, la chute des recettespublicitaires est une menace aussi sérieuse que la censure et les arrestations de journalistes.

 

Le groupe Iwacu, qui publie une newsletter quotidienne, un hebdomadaire imprimé, ainsi qu’un site et une web télé, se voit ainsi étranglé par un emprunt bancaire destiné à l’achat récent d’une rotative. Il lance un appel au secours sur la plateforme de financement participatif Ulule, que Le Monde a décidé de soutenir.

Prix RSF « Héros de l’information » 2016

Antoine Kaburahe, directeur des publications d’Iwacu, a dû s’exiler en Belgique à l’automne 2015. Menacé dans son pays, il continue de diriger à distance le dernier média indépendant du Burundi. Le 2 mai, il a reçu au théâtre du Rond-Point à Paris, des mains de la maire Anne Hidalgo, l’une des quatre médailles des « héros de l’information 2016 », en partenariat avec Reporters sans frontières (RSF). « Je salue le courage d’Antoine parce que je sais combien la situation des journalistes est difficile au Burundi », a déclaré pour sa part Michaëlle Jean, secrétaire générale de la Francophonie.

Lire aussi : Antoine Kaburahe : « Iwacu, notre journal, est toujours là ! »

C’est dans Iwacu (et sur LMonde Afrique) qu’a été publiée en avril la tribune de 61 chercheurs et enseignants en lien avec le Burundi et en provenance de prestigieuses universités africaines, américaines ou européennes. « La peur a réduit à néant l’espace de débat et d’analyse », dénonce ce texte intitulé « Que reste-t-il de la liberté de pensée au Burundi ? ».

Lire aussi : Dans les geôles de Bujumbura

C’est aussi sur la web télé d’Iwacu que l’on découvre les détails du traquenard dans lequel le général Athanase Kararuza a été tué le 25 avril à Bujumbura. Quand l’information est sensible, les journalistes d’Iwacu signent en nom collectif, pour que la répression ne s'abatte pas que sur l’un d’eux en particulier. Ils racontent au quotidien les manifestations et la répression, les pénuries et les angoisses de ce pays qui s’enfonce dans la crise en raison de la volonté d’un seul homme, le président Pierre Nkurunziza, qui a refusé de céder sa place en juillet 2015 à l’expiration d’un second mandat qui devait être le dernier.

Lire aussi : Au Burundi, « le black-out est presque total »

Par ailleurs, Le Monde a signé, lundi 2 mai, un accord de partenariat avec Iwacu qui permettra la publication croisée d’articles et de vidéos des deux titres. « Ce partenariat sera l’un de nos moyens de suivre de près un pays qui vit des moments cruciaux et où le travail des journalistes est extraordinairement difficile, estime Serge Michel, rédacteur en chef du Monde Afrique. Nous sommes fiers de nous associer à Iwacu, un média indépendant et de qualité. » Antoine Kaburahe, de son côté, s’est félicité du soutien et de la reconnaissance internationale que gagne son titregrâce à cette association.

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