Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


«Je n’arrive pas à me sortir mon premier amour de la tête»

Publié le 19 Mai 2016, 09:37am

Catégories : #SCIENCE, #SANTE-BIEN-ETRE

«Je n’arrive pas à me sortir mon premier amour de la tête»

Cette semaine, Lucile conseille Bénédicte, une jeune femme en couple hantée par le premier homme qu'elle a aimé.

«C’est compliqué» est une sorte de courrier du cœur moderne dans lequel vous racontez vos histoires –dans toute leur complexité– et où une chroniqueuse vous répond. Cette chroniqueuse, c’est Lucile Bellan. Elle est journaliste: ni psy, ni médecin, ni gourou. Elle avait simplement envie de parler de vos problèmes.

Si vous voulez lui envoyer vos histoires, vous pouvez écrire à cette adresse:cestcomplique.slate@gmail.com.

Pour retrouver les chroniques précédentes, c’est ici.

J’ai 31 ans, je suis en couple et maman d’une petite fille de 2 ans. Sur le papier nous menons une vie idéale: nous sommes très amoureux l’un de l’autre, heureux en ménage et en famille, des amis et des vies sociales épanouies. Je me sens très chanceuse. 

Vous sentez le «mais» arriver et vous avez raison.

Je n’arrive pas à me sortir mon premier amour de la tête. Nous nous sommes rencontrés à l’âge de 13 ans. Un vrai coup de foudre «comme dans les films», je m’en rappelle comme si c’était hier. Tout le monde a cru à une amourette d’adolescents mais nous savions déjà à l’époque que ça allait plus loin que ça.

Nous ne sommes «pas quittés» pendant dix ans. Je mets des guillemets car en réalité, il m’a bien quitté pour une autre quatre ans après notre rencontre (avec laquelle il vit toujours aujourd’hui). Nous avons gardé le contact et on se voyait toujours. Tantôt en douce quand sa nouvelle petite amie n’approuvait pas, tantôt ouvertement quand il décidait d’assumer ce lien indéfectible qui nous unissait. Il disait que c’était ELLE, qu’il était amoureux d’elle, mais qu’il ne voyait pas sa vie sans moi. Comme je ne voyais pas la mienne sans lui non plus, j’ai accepté de l’aimer à distance, de loin et en silence. Et puis un jour, évidemment, ça a dérapé. Nous avons couché ensemble, ma première fois…

S’en sont suivies des années de tromperie, de mensonge et de dissimulation. Nous étions incapables de ne pas revenir l’un vers l’autre, de ne pas finir par céder. De vrais a(i)mants. Peu importe que nous ayons construit nos vies chacun de notre côté, que nous ayons des conjoints respectifs ou pas. Nous avons essayé plusieurs fois de couper les ponts, de se séparer pour de vrai. Mais j’étais connectée à lui, réellement. Il disait qu’on était lié à vie, que même lui ne savait pas expliquer comment ni pourquoi… La seule fois où sa femme m’a adressé la parole, c’était il y a sept ans: «Je sais qu’il y a ce truc bizarre entre vous, cette attache… Je chercherai plus à comprendre ni à m’immiscer, je vais faire avec». C’était après avoir cru qu’elle l’avait perdu et qu’il était revenu vers moi pour de bon. Il l’avait laissée seule à l’autre bout du pays, et était revenu dans la région. On passait alors tout notre temps ensemble, tentant d’être amis. Comme si on le pouvait! On avait fait illusion quelques semaines avant que je cède à son assaut. Encore…

Je me dis souvent que s’il devait m’arriver quelque chose, je voudrais qu’il sache que même quand il était loin et avec elle, il ne m’a jamais quittée

 

Elle est revenue le chercher, ils sont repartis ensemble et depuis je n’ai plus de nouvelles.

Sept ans de silence radio brut après tout ce qu’on a vécu… J’ai laissé faire, je n’ai pas pleuré, pas bataillé ni cherché à reprendre contact puisque persuadée que la force de ce qui nous liait finirait par nous réunir un jour ou l’autre, même si ça devait être des années plus tard. Alors je fais ma vie avec en arrière-plan ces souvenirs et ces pensées pour lui, pour ce qu’on a été.

Je me dis souvent que s’il devait m’arriver quelque chose, je voudrais qu’il sache que même quand il était loin et avec elle, il ne m’a jamais vraiment quittée. Que je n’ai jamais aimé comme je l’ai aimé lui, et qu’il est parti avec cette part de moi que je ne retrouverai jamais.

Ce que je ressens, mes souvenirs, les incertitudes liées à son départ (il est parti pour s’arracher à moi et faire sa vie ou parce qu’il ne ressentait finalement plus rien?), tout ça pèse lourd. Je n’y pense pas tous les jours mais régulièrement.

Est-ce que je dois lui dire? Est-ce qu’il faut vraiment vivre comme si on allait mourir demain? Est-ce que je devrais me moquer des conséquences et du risque qu’il me rie au nez? Cette perspective me glace le sang, je ne supporterais pas qu’il dénigre notre histoire…

Bénédicte

Chère Bénédicte,

Il y a des histoires comme ça qui nous marquent à jamais. Au moins un temps, avant que le cœur ne s’emballe pour autre chose. C’est du moins ce qui m’est arrivé quand je croyais ne jamais pouvoir tourner la page.

Que faire? Plutôt que vivre dans le passé à tout jamais et donc s’interdire le bonheur, je crois qu’il faut se confronter à l’autre. Mettre des mots sur ses sentiments et ses doutes et les partager avec celui qui a fait battre votre cœur. La façon dont vous racontez cette histoire vous est unique et c’est un trésor que vous pouvez chérir toute votre vie. Mais pour tourner la page, vous devez entendre sa version de l’histoire. Vous devez avoir le courage de voir cet amour à travers ses yeux et accepter les différences de sentiments ou d’intensité qui pourraient exister.

Il y a maintenant quinze ans, j’ai eu une sorte de premier vrai grand amour. Celui qui est amené à ne jamais durer, celui sur lequel se fonde toute la vie amoureuse future. Et cette histoire s’est bien sûr finie avec un goût amer d’inachevé. Nous nous sommes éloignés pendant quelques années. Il s’est mis en couple de son côté et moi aussi. Mais je suis restée convaincue que nous aurions pu vivre quelque chose d’exceptionnel et qu’il ne nous manquait que l’expérience et les années. J’ai décidé de le revoir d’une façon bien romanesque et qui s’est conclue par un flop.

Il est fort probable que ses gestes et ses mots ne soient pas du tout conformes à vos rêves. Mais pour vous, c’est un deuil à faire

Ce rendez-vous manqué, je l’ai pris comme un signe et j’ai décidé de continuer ma vie. Mais je ne l’avais toujours pas oublié. Je l’ai revu quelques années après avec la ferme intention de clôturer les choses. Et ce nouveau rendez-vous, qui a bien eu lieu cette fois, fut catastrophique. Un épisode humiliant mais nécessaire. Il reste à ce jour mon premier grand amour, une aventure intense que je ne regretterais jamais. Il m’a construite évidemment mais il fait aussi partie de mon passé.

Mon conseil est donc le suivant: sortez de la version fantasmée de votre relation en la confrontant au réel. Oui, vous avez peur de sa réaction. Et vous faites bien. Il est fort probable que ses gestes et ses mots ne soient pas du tout conformes à vos rêves. Mais pour commencer à vivre, pour vous, il le faut. C’est un deuil à faire. Et ce sera douloureux un temps avant que vous ne commenciez à en voir les aspects positifs. Peut-être qu’il ne verra jamais quelle chance il a eue d’être aimé ainsi. Mais, même si cela fait de vous une flamboyante héroïne de roman dramatique, vous ne devez pas continuer à vivre dans le passé. Vous vous attachez probablement à des fantômes et vous en oubliez de vivre, d’aimer, de chérir ceux qui vous entourent et qui n’auront été que des passe-temps. Respectez-les et respectez-vous. Trouvez le courage de le revoir. Cela fera probablement mal mais c’est la seule solution pour commencer à construire votre avenir.

Lucile Bellan

source

Commenter cet article

Archives