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Etats-Unis: des employés du secteur volailler portent des couches, privés de pauses-toilettes

Publié le 15 Mai 2016, 13:13pm

Catégories : #ECONOMIE

Etats-Unis: des employés du secteur volailler portent des couches, privés de pauses-toilettes

Les employés du secteur volailler aux Etats-Unis travaillent dans un tel climat de peur qu'ils n'osent pas demander de pauses pour aller aux toilettes et portent des couches au travail, affirme l'ONG britannique Oxfam dans une étude.

Les employés du secteur volailler aux Etats-Unis travaillent dans un tel climat de peur qu'ils n'osent pas demander de pauses pour aller aux toilettes et portent des couches au travail, affirme l'ONG britannique Oxfam dans une étude.

D'après l'étude publiée mardi, «la grande majorité» des 250.000 ouvriers du secteur avicole américain «dit ne pas bénéficier de pauses-toilettes adéquates», en «claire violation des lois américaines de sécurité au travail».

Ils «luttent pour s'adapter à ce déni d'un besoin humain de base. Ils urinent et défèquent debout face à la ligne d'assemblage, portent des couches au travail, réduisent leurs prises de liquides et fluides à des niveaux dangereux» et risquent «de graves problèmes de santé», martèle l'étude.

L'américain Tyson Foods, l'un des plus gros groupes volaillers au monde, a répondu dans un communiqué «ne pas tolérer le refus des demandes d'aller aux toilettes» dans ses usines.

«Nous sommes inquiets de ces accusations anonymes et bien que nous n’ayons pour l'instant pas de preuves qu'elles soient vraies, nous vérifions que nos règlementations sur les toilettes sont appliquées», ajoute le groupe.

Oxfam cite une enquête menée auprès de 266 ouvriers en Alabama (sud) par l'association anti-discriminations Soutern Poverty Law Center, selon laquelle «presque 80% des ouvriers disent ne pas avoir le droit d'aller aux toilettes quand ils en ont besoin», ainsi qu'une autre dans le Minnesota (nord) où «86% des ouvriers disent avoir moins de deux pauses-pipi par semaine».

Les rares employés du secteur qui disent pouvoir se soulager quand ils veulent travaillent dans des usines syndiquées. Or, les deux tiers ne le sont pas, selon Oxfam.

Les ouvriers, régulièrement, voient leurs demandes de pauses-pipi ignorées par leurs supérieurs qui leur répondent avec des moqueries ou menaces de sanctions voire de renvoi. Ils doivent alors patienter pendant plus d'une heure ou «se précipiter» pendant des pauses de dix minutes.

Un délai difficile à tenir lorsqu'il faut traverser de vastes plateaux d'usines où les sols peuvent être glissants, couverts de sang ou résidus d'animaux, et sachant qu'il leur faut enlever puis remettre des vêtements de protection.

Les chefs de ligne refusent aux ouvriers ces pauses «parce qu'ils sont sous pression pour maintenir la vitesse de production», fait valoir Oxfam.

«Le secteur volailler affiche aujourd'hui des bénéfices records» tandis que «les ouvriers gagnent de faibles salaires, souffrent de taux élevés de blessures et maladies, évoluent dans des conditions difficiles» et «un climat de peur», dénonce l'étude.

Si c'est un problème qui touche toute la filière avicole aux Etats-Unis, les quatre poids lourds sont particulièrement montrés du doigt: Tyson Foods, Pilgrim’s, Perdue et Sanderson Farms, qui contrôlent 60% du secteur et emploient conjointement plus de 100.000 personnes.

Oxfam note que récemment, face à la pression des consommateurs, les gros acteurs du secteur ont accepté de diminuer progressivement leur utilisation d'antibiotiques et les appelle à faire de même sur ce problème.

Pour l'ONG, les entreprises pourraient trouver une première solution en mettant en place suffisamment d'ouvriers «flottants» pour remplacer temporairement les employés qui s'absentent quelques instants, sans avoir besoin d'arrêter toute la chaîne.

Dans sa réponse à Oxfam, Tyson Foods assure avoir déjà en place «assez d'ouvriers flottants» et avoir déjà «rencontré des représentants d'Oxfam» et d'une autre association.

Perdue, Sanderson Farms et Pilgrim's n'étaient pas disponibles dans l'immédiat pour répondre aux demandes de commentaires de l'AFP.

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