Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


EDF se veut rassurant sur la sûreté des réacteurs nucléaires

Publié le 13 Mai 2016, 10:07am

Catégories : #ECONOMIE

EDF se veut rassurant sur la sûreté des réacteurs nucléaires

Il n’y a pas de menace sérieuse sur les 58 réacteurs nucléaires exploités en France. C’est l’assurance exprimée par les dirigeants d’EDF, jeudi 12 mai, lors de l’assemblée générale des actionnaires du groupe, réunie à Paris. Fournisseur historique du géant de l’électricité, Areva avait récemment reconnu avoirdécelé, au sein de son usine du Creusot (Saône-et-Loire), des « anomalies » dans le suivi de la fabrication de pièces pour les centrales, et des falsifications de documents, laissant planer un sérieux doute sur la sûreté des centrales.

A ce jour, « ni l’analyse d’Areva ni celle de nos équipes ne conduisent à identifier un quelconque réacteur du parc en fonctionnement qui devrait être mis à l’arrêt », a indiqué Dominique Minière, directeur exécutif d’EDF, chargé du parc nucléaire et thermique. Ces conclusions du fabricant de réacteurs et de son exploitant ont été présentées, mardi 10 mai, à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui doit les examiner. Elle seule est en effet habilitée à tirer des conclusions définitives.

A la demande du « gendarme » du nucléaire, les ingénieurs d’Areva NP (filiale réacteurs et services) et d’EDF ont repris 10 000 dossiers du Creusot, dont certains remontent aux années 1960. Ils se sont penchés en priorité sur 65 d’entre eux, qui concernaient les centrales en exploitation. L’usine de Saône-et-Loire, rachetée en 2006 par Areva, ne forgeait pas que des pièces pour le nucléaire. Mais, dans ce secteur plus sensible que d’autres, il resterait un peu moins de 200 dossiers de moindre urgence à étudier.

 Lire aussi :   EPR : la série noire continue pour Areva et EDF

Des défauts « sérieux »

Même si la solidité et la fiabilité des pièces sont finalement confirmées par l’ASN, ces anomalies dans le processus de contrôle au Creusot « ne sont pas des pratiques conformes à l’assurance qualité requise dans le nucléaire », a néanmoins reconnu M. Minière. Chez Areva, on les juge même « inacceptables », tout en précisant que la situation s’est fortement améliorée à partir de 2010.

Dès le 4 mai, la ministre de l’environnement et de l’énergie, Ségolène Royal, s’était voulue rassurante après la mini-tempête médiatique déclenchée par cet « aveu » d’Areva.« Je peux vous dire, sans anticiper, que les premiers résultats sont bons, c’est-à-dire que les pièces sont conformes. Ce sont les documents qui ont été mal faits », avait déclaré Mme Royal sur RTL, tout en invitant à la « prudence » tant que l’ASN ne s’est pas prononcée.

Lire aussi :   Areva : pour Ségolène Royal, les premiers tests réalisés sur des pièces de l’usine du Creusot sont « bons »

Creusot Forge d’Areva est sous surveillance depuis des mois. Dès sa nomination à la tête d’Areva NP, en septembre 2015, Bernard Fontana, ex-patron du cimentier LafargeHolcim, avait réclamé un audit de cette usine, mais aussi des sites industriels de Châlon-Saint-Marcel (Saône-et-Loire) et de Jeumont (Nord). L’activité de fabrication et de maintenance d’Areva, valorisée 2,5 milliards d’euros, est en cours d’acquisition par EDF, qui doit clore l’opération fin 2016-début 2017. Le groupe veut connaître toutes les faiblesses d’une filiale dont les performances opérationnelles se sont dégradées au fil des ans, entraînant la dérive financière de nombreux projets.

C’est notamment au Creusot qu’a été forgée la cuve du réacteur EPR (European pressurized water reactor) de Flamanville (Manche). En 2015, une concentration anormale de carbone a été découverte sur le fond et le couvercle. Ces défauts, rapidement qualifiés de « sérieux » par le président de l’ASN, Pierre-Franck Chevet, risquent de réduire la résistance de la chaudière, qui est soumise à de très fortes pressions et à des chocs thermiques.

Or la sûreté de cet équipement-clé de la centrale doit être totale : c’est là que se produit la fission des atomes et la réaction en chaîne ; et cette pièce de 425 tonnes, qu’on ne peut plus changer une fois le réacteur mis en service, est la première barrière de confinement de la radioactivité, avant la double enceinte de béton du bâtiment, en cas d’accident grave et de fonte du cœur.

Confiance prudente

Pour l’heure, le PDG d’EDF affiche une confiance prudente quant à la solidité de la cuve. « Les premiers résultats que nous avons sont très encourageants », a assuré Jean-Bernard Lévy, jeudi sur BFM Business. Mais « tous les doutes ne sont pas levés, parce que nous devons faire des démonstrations exhaustives sur un programme d’essais très lourd », a aussi reconnu le PDG d’EDF. « Oui, il y a des endroits où il y a un petit peu plus d’atomes de carbone dans la cuve que ce que nous aurions souhaité », a-t-il ajouté, mais « nous sommes très confiants » sur le fait qu’il n’y a « pas d’effet sur la sûreté ».

Il reste que les premiers tests lancés en 2015 ont montré que les défauts décelés étaient plus importants que prévu. Cette fâcheuse découverte a contraint les experts d’Areva et d’EDF à se donner jusqu’à la fin de l’année pour faire des examens et des tests complémentaires. Le dossier sera remis à l’ASN « en novembre », a précisé Xavier Ursat, directeur exécutif chargé des projets de nouvelles centrales nucléaires, devant les actionnaires. L’Autorité ne pourra donc se prononcer que dans les premiers mois de 2017.

En attendant, le montage de l’îlot nucléaire de Flamanville avance vite, alors qu’il n’est pas exclu qu’EDF soit obligé de remplacer cette cuve – déjà installée dans le bâtiment réacteur – si l’ASN la juge non conforme aux normes de sûreté requises. Cela rendrait impossible le démarrage de l’EPR au quatrième trimestre 2018, calendrier confirmé jeudi par les dirigeants EDF. Cela alourdirait aussi la facture de l’EPR, qui a déjà triplé depuis 2007, pour atteindre 10,5 milliards d’euros.

source

Commenter cet article

Archives