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Conseils, science, sante et bien-être


Comment le cerveau a-t-il conscience de la rougeur du rouge?

Publié le 4 Mai 2016, 10:52am

Catégories : #SANTE-BIEN-ETRE

Comment le cerveau a-t-il conscience de la rougeur du rouge?

La recherche de ce qui, dans les neurones, est associé à l’expérience consciente est un des sujets les plus chauds des neurosciences.

Imaginez que vous venez tout juste de vous réveiller d’un sommeil profond et sans rêve. D’abord, plein de confusion, vous prenez subitement conscience de votre environnement, de votre corps, de votre réalité. À ce stade, nous disons que vous êtes conscient. Pourtant, même si elle est familière et intime pour chacun de nous, la conscience reste un des phénomènes les plus troublants de la science.

Comment l’activité électrique et chimique de votre cerveau engendre-t-elle vos expériences subjectives, la rougeur du rouge, le goût du chocolat ou la douleur dans votre dos?

Jusqu’à présent, la science n’a pas expliqué de façon convaincante comment les qualités subjectives (qualia) sont produites par le cerveau.

Au lieu de s’attaquer directement à ce «problème fondamental» de la conscience, les neurosciences se sont attachées à identifier les corrélats neuronaux de la conscience (CNC). Ce sont les éléments neuronaux associés à l’expérience consciente.

Oscillations de l’activité cérébrale

L’activité du cerveau oscille comme des vagues. Ces oscillations peuvent se mesurer grâce à des techniques de neuroimagerie, comme l’électroencéphalogramme (EEG) –des électrodes collées sur le cuir chevelu enregistrent les charges électriques produites par l’activité des cellules du cerveau–, la magnétoencéphalographie (MEG) –une technique qui dresse la carte de l’activité cérébrale en enregistrant les champs magnétiques des courants électriques– ou l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) –qui mesure l’activité du cerveau en détectant les changements associés au flux sanguin. Tout cela selon des échelles de temps allant des millisecondes aux secondes.

 

Les toutes premières études ayant mesuré l’activité électrique du cerveau à l’aide d’électrodes pendant le sommeil et l’état de veille avaient montré que les fluctuations pendant l’état de veille conscient étaient courtes et rapides (oscillations alpha entre 8 et 12 Hz) comparées aux grandes et lentes oscillations delta (entre 0,25 et 4 Hz) produites pendant le sommeil profond, quand les personnes ne sont plus conscientes.

Étudier la dynamique cérébrale pendant la perte et le recouvrement de la conscience peut nous faire découvrir une sorte de signature de la conscience

Mais le changement de ces oscillations (des alpha rapides aux delta lentes) ne reflète peut-être pas l’image complète de ce qui se produit dans votre cerveau quand vous perdez ou regagnez l’état conscient.

Les études IRMf pendant le repos éveillé ont montré que les fluctuations à basse fréquence (<0,1 Hz) entre des zones distantes dans le cerveau sont en réalité synchronisées et constituent des modèles de corrélation particuliers à travers le cerveau. La forme de ces modèles de corrélationse transforme quand nous perdons conscience.

Imaginez chacun de ces modèles comme une construction en cours, constituant dans le cerveau des modèles d’activité changeants, de la même façon que les notes de musique composent une mélodie. Par analogie avec un ensemble en train de s’édifier, la dynamique cérébrale consciente est constituée d’un répertoire de modèles corrélatifs, plus riche et plus flexible que ce qu’il se passe dans le cerveau pendant le sommeil naturel ou sous anesthésie.

Étudier la dynamique cérébrale pendant la perte et le recouvrement de la conscience à travers ces modèles corrélatifs peut nous permettre une meilleure compréhension des corrélations neuronales et nous faire découvrir une sorte de signature de la conscience. Mais pourquoi donc avons-nous besoin de cette«signature»?

Minimum de conscience

En plus de la curiosité spontanée qui pousse à appréhender les mécanismes internes du cerveau, il y a un besoin clinique urgent de comprendre et de diagnostiquer de façon précise les troubles de la conscience.

Après plusieurs semaines de coma –un état dans lequel les patients sont inconscients et incapables de se réveiller à l’aide de stimuli–, la plupart d’entre eux meurent ou basculent dans ce qu’on appelle un état végétatif. Là, n’offrant aucun signe de comportements et n’ouvrant même pas les yeux, ils sont considérés comme inconscients. Mais des découvertes récentes prouvent que quelques-uns de ces patients diagnostiqués auparavant comme inconscients car plongés dans un état végétatif présentent en réalité un minimum de conscience.

 
 
 
 

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