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Appel de quarante personnalités pour légiférer sur le salaire des patrons

Publié le 19 Mai 2016, 10:15am

Catégories : #ECONOMIE

Appel de quarante personnalités pour légiférer sur le salaire des patrons

Quarante personnalités, dont des responsables politiques et syndicaux ou des intellectuels, lancent, dans le quotidien Libération du jeudi 19 mai, un appel pour demander au gouvernement de légiférer afin delimiter les salaires des patrons. Les signataires de ce texte proposent qu’un dirigeant « ne puisse pas êtrerémunéré plus de 100 smics, soit 1,75 million d’euros par an ».

Cette initiative intervient après les polémiques sur les salaires de patrons comme ceux de Renault et PSA, Carlos Ghosn et Carlos Tavares, et la menace brandie mardi par le président François Hollande de passer par la loi. L’appel est assorti d’une pétition en ligne.

Parmi les signataires, le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone (PS), mais aussi des responsables syndicaux, l’économiste Thomas Piketty, les sociologues Dominique Méda et Michel Wieviorka, ou encore l’historien Pierre Rosanvallon.

 Lire aussi :   Hollande menace de nouveau de légiférer sur la rémunération des patrons

« Un motif de fierté nationale »

Les signataires y estiment que l’on vit « une période inédite dans l’histoire du capitalisme contemporain » où l’écart entre les rémunérations a « explosé »« Le gouvernement a fait en 2013 le pari de l’autorégulation et celui-ci a échoué », insiste le texte. « En 2015, la rémunération totale des patrons du CAC 40 a augmenté entre 5 % et 11 % selon les évaluations. »

L’appel précise par ailleurs que le principal argument justifiant ces salaires parfois mirobolants  « celui d’un marché mondial des très hauts dirigeants qui nécessiterait un alignement des salaires par le haut » – n’est corroboré par aucune étude économique sérieuse : « En se comportant de la sorte, notre élite économique entretient un sentiment de chacun pour soi délétère. »

 

 Lire aussi :   « Les salariés  de PSA n’ont pas été aussi bien récompensés que Carlos Tavares »

Anticipant la possibilité d’une censure du Conseil constitutionnel en cas de loi, les signataires avancent que « le gouvernement peut trouver les moyens » d’éviter cet écueil et mettent l’accent sur le fait que la France sera pionnière en la matière : « Un motif de fierté nationale. » Quant aux craintes éventuelles des investisseurs étrangers, ils rétorquent qu’ils « profiteront d’un vivier de dirigeants bon marché ».


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