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Acheter sur Internet : le nouveau casse-tête grec

Publié le 10 Mai 2016, 12:55pm

Catégories : #TECHNOLOGIE

Acheter sur Internet : le nouveau casse-tête grec

(D’Athènes) Pour valider sa quatrième année de médecine, il fallait absolument à Anastasia un manuel de neurologie qui n’existe qu’en anglais. La jeune fille de 23 ans a écumé toutes les librairies spécialisées de la capitale, en vain. Impossible de mettre la main sur l’ouvrage en question.

« Ça ne m’a pas trop inquiétée, je pensais que je pouvais le commander en ligne », confie l’étudiante. Force est de constater qu’elle avait oublié un détail : sa carte bancaire grecque.

« Rien à faire, le site ne voulait pas valider mon paiement. J’ai dû faire le tour de mes amis étrangers pour trouver quelqu’un qui accepte de m’avancer la somme en payant avec sa Visa italienne. Entre-temps, impossible d’avancer dans mes révisions... »

Quotidien paralysé

Anastasia est loin d’être la seule à rencontrer des difficultés pour faire des achats en ligne dans le pays. Le contrôle des capitaux instauré depuis juillet dernier continue de paralyser le quotidien. Destiné à protéger les banques d’une vague de retraits massifs – ces derniers sont limités à 480 euros par semaine – il sert aussi à éviter la fuite des capitaux hors de Grèce.

Résultat, les paiements, les virements et les transferts à l’étranger sont interdits dans la plupart des cas. En toute logique, les paiements émanant de cartes bleues hellènes aussi. Une discrimination à l’achat qui ne fait qu’empirer la situation déjà fragile des ménages dans le pays.

Un graffiti
Un graffiti « Non » devant une banque grecque, en juillet 2015 - SAKIS MITROLIDIS

Selon un récent sondage du Centre Européen des Consommateurs en Grèce, les cartes nationales sont rejetées une fois sur deux par les sites de vente en ligne. Pire : 30% des consommateurs se sont vu refuser une livraison en Grèce et 44% d’entre eux ont constaté une augmentation des prix pendant le remplissage du formulaire, après avoir précisé leur position géographique.

La carte étrangère de Sophia

L’enquête précise qu’ils ne sont que 36 % à savoir où adresser une réclamation le cas échéant. Certains parviennent néanmoins à braver l’interdit en utilisant des fonds stockés à l’étranger. En Grèce, les plus aisés possèdent souvent un second compte en banque dans un autre pays de l’Union européenne.

C’est le cas de Sophia. Cette Grecque de 58 ans a fait ses études en Angleterre. Elle n’a jamais fermé le compte qu’elle y a ouvert à l’époque, par mesure de précaution. « La situation économique de mon pays a toujours été instable », note-t-elle. Aujourd’hui installée dans un vaste appartement du très chic quartier de Kolonaki, elle ne regrette pas son choix.

« J’utilise cette carte étrangère pour payer mes vols vers Londres, où vivent mes deux enfants. Je peux aussi leur transférer un peu d’argent s’ils en ont besoin, payer leurs frais de scolarité. Vous savez, la Grèce est un pays de diaspora. Nous sommes plus de 6 millions à vivre à l’extérieur du pays ! Comment font ceux qui n’ont qu’un compte “local” pour envoyer ou recevoir de l’argent de leurs proches ? C’est un vrai problème. »

Privés d’Amazon

Un problème qui se pose aussi pour les entreprises internationales, qui ont vu leur chiffre d’affaires amputé à la suite de ces restrictions bancaires. Si le géant Amazon demeure le leader dans le pays (12 % des ventes en ligne en 2015) ce chiffre devrait drastiquement diminuer en 2016, les acheteurs grecs ne pouvant plus utiliser le site. Paradoxalement, selon l’analyste Elpida Chatzopoulou du cabinet d’études de marché Euromonitor, les seules firmes à ne pas souffrir de la situation sont grecques.

« L’interdiction de payer avec une carte n’est effective que sur les sites étrangers. Les marques nationales, elles, acceptent ces règlements. Ceci étant dit, c’est effectivement une forme d’exclusion géographique. Pour les billets d’avion par exemple, les Grecs doivent passer par des agences de voyages nationales ou utiliser des cartes étrangères, ce qui complique beaucoup les choses. »

Depuis les diverses hausses de la TVA, les Grecs étaient de plus en plus nombreux à utiliser les sites de vente en ligne, dans l’espoir de trouver des produits aux meilleurs prix.

Ces mêmes foyers se voient aujourd’hui contraints de renoncer à certains achats, faute de ne pouvoir utiliser leurs cartes bleues devenues indésirables.

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