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Marichesse.com

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Conseils, science, sante et bien-être


Un ancien antihypertenseur contre les tumeurs du cerveau

Publié le 21 Avril 2016, 10:26am

Catégories : #SANTE-BIEN-ETRE

Un ancien antihypertenseur contre les tumeurs du cerveau

Faire du vieux avec du neuf, l'idée n'est pas récente. Mais de là à découvrir qu'un « ancien » médicament contre l'hypertension artérielle pourrait devenir un « nouveau » traitement du cancer, c'est difficile à imaginer. Et pourtant, les résultats – expérimentaux – d'une collaboration internationale de chercheurs* coordonnée par Marie-Pierre Junier et Hervé Chneiweiss du laboratoire Neurosciences Paris-Seine (CNRS/Inserm/UPMC) sont porteurs de grands espoirs, notamment dans la lutte contre certaines tumeurs cérébrales redoutables, les gliomes. Ces résultats viennent d'être publiés dans la revue EMBO Molecular Medicine.

Les gliomes sont les tumeurs malignes les plus fréquentes se développant à partir de cellules du cerveau. Ils représentent la quatrième cause de mort par cancer chez l'adulte et la deuxième chez l'enfant. Ces chiffres dramatiques s'expliquent par l'absence de traitements efficaces. « En effet, un gliome peut résister et renaître à partir d'un très petit nombre de cellules tumorales, les cellules initiatrices de gliome (GIC) », explique l'Inserm dans un communiqué. C'est pourquoi l'équipe a soumis ces dernières (ainsi que des cellules souches neurales humaines normales, à titre de comparaison) à un grand nombre de principes actifs.

Alpha-bloquant

Le fait de tester, dans une indication précise, des molécules utilisées depuis très longtemps a un triple avantage : leur mode d'action est connu, tout comme les effets secondaires et, surtout, une fois leur brevet d'exploitation arrivé à échéance, leur coût est très bas (à la différence de tous les principes actifs innovants actuellement commercialisés, notamment en cancérologie). Les auteurs précisent que, sur les 1 200 molécules utilisées, « douze présentaient un effet toxique sur les GIC sans avoir d'effet sur les cellules souches neurales normales. La plus efficace était la prazosine. Testée sur des souris porteuses de cellules initiatrices de gliome, la prazosine a permis une nette diminution des tumeurs et une survie des souris prolongée de plus de 50 %. »

Cette fameuse molécule, prescrite depuis de nombreuses années contre l'hypertension artérielle, est un alpha-bloquant. Mais ce n'est pas son action sur les récepteurs alpha-adrénergiques qui explique son effet bénéfique sur les tumeurs cérébrales, pour la simple et bonne raison que ce type de récepteurs n'est pas présent sur les cellules initiatrices de gliome. La molécule agit par un autre mécanisme, que les chercheurs ont mis en évidence. Reste, bien sûr, à confirmer ces résultats chez des patients souffrant de tumeurs cérébrales. Des essais cliniques vont commencer cette année. D'autres pourraient, ensuite, impliquer des malades atteints de cancers colorectaux, du pancréas et du foie, sur lesquels la prazosine pourrait aussi avoir des effets bénéfiques. Vive le recyclage !

* Incluant des chercheurs du laboratoire d'innovation thérapeutique (CNRS/Université de Strasbourg), de l'Institut des cellules souches et de la médecine régénérative de l'université Stanford (États-Unis) et de l'Institut du cerveau Paolo-Niemeyer de Rio de Janeiro (Brésil).              source

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