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Transformation des produits marins : le revers de l'embauche de travailleurs étrangers

Publié le 30 Avril 2016, 11:06am

Catégories : #POLITIQUE

Transformation des produits marins : le revers de l'embauche de travailleurs étrangers

 En permettant aux usines de transformation de poissons et de fruits de mer de l'est du pays d'employer davantage de travailleurs étrangers temporaires, le gouvernement fédéral a raté une occasion d'encourager ces entreprises à offrir de meilleures conditions de travail, selon une note interne consultée par Radio-Canada.

Un texte de Raphaël Bouvier-Auclair

Au début du mois de février, des fonctionnaires avaient fait valoir à la ministre de l'Emploi, du Développement de la main-d'œuvre et du Travail qu'une approche plus rigide dans ce dossier aurait forcé ces entreprises à embaucher localement, en plus d'offrir des conditions de travail plus intéressantes.

Dans cette note destinée à la ministre, on reconnaît que des usines ont fait des efforts par le passé, mais qu'avec un accès plus limité aux travailleurs étrangers temporaires elles devraient en faire davantage.

Peu de temps après avoir reçu cette note, la ministre a autorisé les industries saisonnières, y compris les usines de transformation de poisson, à avoir recours à plus de travailleurs étrangers temporaires cette année.

Depuis longtemps, des représentants de l'industrie de la transformation de produits marins réclamaient la flexibilité d'Ottawa dans la gestion du dossier des travailleurs étrangers temporaires.

Après des scandales sur l'utilisation des travailleurs étrangers temporaires par certaines entreprises liées à d'autres secteurs de l'économie, l'ancien gouvernement conservateur avait décidé de resserrer le programme à l'échelle du pays.

Le gouvernement de Stephen Harper avait toutefois accordé l'année dernière plus de flexibilité aux transformateurs de poissons et de fruits de mer pour l'embauche de travailleurs étrangers temporaires, leur permettant de dépasser la limite qui leur est imposée. Le gouvernement Trudeau a décidé à son tour d'alléger les contraintes imposées aux entreprises saisonnières, y compris les usines de transformation. 

Assez de chômeurs pour répondre aux besoins

Pourtant, des documents obtenus par le Nouveau Parti démocratique (NPD) en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, et consultés par Radio-Canada, avancent qu'il y a suffisamment de personnes à la recherche d'emploi dans les régions touchées pour ne pas avoir recours à des travailleurs étrangers temporaires.

Ces informations sont contenues dans une note rédigée au début du mois de février par des fonctionnaires et destinée à la ministre de l'Emploi et du Développement social MaryAnn Mihychuk.

L'inaction pourrait entraîner la critique de certaines usines de traitement de poissons et de fruits de mer. Mais cette approche pourrait encourager les employeurs à faire des efforts supplémentaires pour employer et retenir des travailleurs canadiens, améliorer leurs conditions de travail et augmenter leurs salaires.

Mémorandum destiné à la ministre de l'Emploi

À la lumière de ces informations, le député néo-démocrate Guy Caron critique la décision d'Ottawa de répondre aux demandes des transformateurs, surtout de la part d'un « gouvernement qui se targue de gouverner selon les preuves, selon les faits qu'il a à sa disposition ».

Il est beaucoup plus simple pour une compagnie de dire on va garder les salaires comme ils sont, on va demander aux gens s'ils veulent travailler à ces salaires et, à ce moment-là, on va créer un besoin pour les travailleurs étrangers temporaires.

Guy Caron, député néo-démocrate de Rimouski-Neigette—Témiscouata—Les Basques

Le bureau de la ministre n'a toujours pas répondu à nos questions.

Pas un problème d'argent, dit l'industrie

Usine de transformation de homards
PHOTO : ICI RADIO-CANADA

L'industrie estime que la décision du gouvernement libéral était nécessaire. Malgré le nombre élevé de chômeurs en Atlantique, le porte-parole de l'Association des transformateurs de homard du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse, Jerry Amirault, affirme qu'il n'est pas évident de recruter de la main-d'œuvre.

Ce n'est pas une barrière monétaire, c'est plutôt le type de travail. Il y a une idée préconçue défavorable à ce type d'emploi et nous enseignons à nos enfants à être médecins, avocats et notaires.

Jerry Amirault, porte-parole de l'Association des transformateurs de homard du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse

Jerry Amirault rappelle que pour chaque poste pourvu par un travailleur étranger temporaire, les employeurs devront faire des demandes dans lesquelles ils devront justifier leur besoin d'avoir recours à ce type d'employé.

Le mémorandum destiné à la ministre de l'Emploi indique d'ailleurs que les efforts du ministère auprès de chômeurs pour faire la promotion d'employeurs locaux, dont les usines de transformation, ont eu peu d'effets. 

Par ailleurs, l'industrie se réjouit que le gouvernement Trudeau se soit engagé à revoir le programme des travailleurs étrangers temporaires pour mieux répondre aux besoins des entreprises dont le travail est saisonnier. L'accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne n'est toujours pas ratifié, mais les usines de transformation prévoient déjà qu'à l'avenir leur demande augmentera. Leurs besoins de main-d'oeuvre devraient également être plus importants.

Le recours aux travailleurs étrangers temporaires en baisse dans les usines de transformation

 

Pour consulter ce graphique sur votre appareil mobile, cliquez ici. 

 

Pour consulter ce graphique sur votre appareil mobile, cliquez ici. 

Revoir l'assurance-emploi

Pour l'Institut atlantique d'études de marché, le problème de main-d'œuvre ne sera pas résolu à long terme par l'embauche de travailleurs étrangers temporaires. Si son président-directeur général Marco Navaro-Génie reconnaît que les demandes de certaines usines de transformation sont légitimes, il croit que c'est le système d'assurance-emploi qui doit être revu.

Il y aurait peut-être des places où on peut avoir plus de travailleurs étrangers et ce serait bien. Mais il faudrait tout d'abord régler la question des travailleurs locaux qui sont là, mais qu'on ne réussit pas à attirer à travailler.

Marco Navarro-Génie, président-directeur général, Institut atlantique d'études de marché

Dans son budget, le gouvernement Trudeau a annoncé qu'il annulait certaines mesures critiquées qui avaient été mises en place par les conservateurs, notamment celles exigeant que les chômeurs doivent se rendre plus loin de chez eux pour chercher un emploi.                                         source

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