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Pourquoi l'Argentine a de nouveau la cote sur les marchés financiers

Publié le 20 Avril 2016, 14:47pm

Catégories : #ECONOMIE

Pourquoi l'Argentine a de nouveau la cote sur les marchés financiers

L’agence de notation Moody’s vient de relever d’un cran la note de la dette souveraine du pays. Le risque est moins élevé, mais le pays reste encore dans la catégorie des notes spéculatives.

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     Pourquoi l'Argentine a de nouveau la cote sur les marchés financiers

Le président argentin, Mauricio Macri, en avait rêvé, les marchés financiers l’ont fait. Au ban de la communauté financière internationale depuis décembre 2001, lorsque le pays avait fait défaut sur sa dette publique, l’Argentine a réussi ce mardi un retour en fanfare sur le marché international de la dette. Afin de solder le contentieux avec les fonds spéculatifs, le Parlement argentin avait récemment donné son feu vert à une émission de dette obligataire de 12,5 milliards de dollars (près de 11 milliards d'euros), avec en prime une levée d’argent frais de 2 milliards pour financer des infrastructures. Ce sont donc près de 15 milliards de dollars déboursés par des investisseurs étrangers qui viennent d’être récupérés en échange d’une émission de bons émis par l’Etat argentin. Le nouveau président de centre droit s’est félicité de cette opération financière, estimant que l’Argentine était «sortie de conflits financiers avec le reste du monde». Et il y avait beaucoup de figurants du côté des prétendants à la dette publique. Au total, leur poids affichait 70 milliards de dollars, soit cinq fois plus que l’objectif initial de Buenos Aires. «Un record», s’est réjoui à sa une le premier quotidien argentin, Clarín. 

Le pays a proposé aux investisseurs des obligations à échéance de trois ans, cinq ans, dix ans et trente ans. Les taux d’intérêt de cette nouvelle émission devraient se situer entre 6,75 % et 8,6 % selon la durée des titres émis. Certes, il s’agit de la plus importante levée de fonds en Argentine depuis vingt ans, après des années de contentieux juridiques avec une poignée de fonds spéculatifs qui ont toujours refusé d’accepter, comme l’ont fait 93 % des créanciers du pays, une décote sur les titres publics argentins qu’ils détiennent. Bien sûr, nombre d’observateurs ne manqueront pas d’expliquer que l’Argentine vient ainsi de prouver un retour en grâce non seulement pour elle-même, mais (bientôt) pour d’autres pays émergents. Ralentissement économique oblige, il est vrai que ces pays n’exercent plus la même attraction qu’autrefois. Du Brésil à la Russie, en passant par la Chine, les marchés financiers s’en méfient toujours plus. Au point qu’ils n’ont pas hésité à liquider massivement leurs investissements en dette souveraine de ces pays, provoquant le déficit des comptes courants et autres dépréciations des devises nationales. 

«Fonds vautours»

Ce retour sur les marchés financiers de l’Argentine était l’une des priorités du nouveau président argentin, Mauricio Macri, arrivé au pouvoir en décembre et qui a rapidement négocié un compromis avec les fonds d’investissements américains Elliott Management et Aurelius Capital, que l’ex-présidente Cristina Kirchner traitait de «vautours».L’agence de notation Moody’s vient ainsi tout juste de relever d’un cran la note de la dette souveraine de l’Argentine. Le risque est moins élevé, mais le pays reste encore dans la catégorie des notes spéculatives. Car malgré les réformes engagées par la nouvelle équipe dirigeante, le pays pourrait bien continuer à s’enfoncer dans une crise économique. Après une légère croissance de 1,7 % en 2015, l’année 2016 devrait se solder par une récession de -0,5 %. Quant à l’inflation, ce mal endémique dont souffre le pays, elle ne cesse d’accélérer et devrait largement dépasser les 30 % de 2015. Comme au Brésil, la spécialisation dans la production de matières premières est passée de la colonne des avantages à celle des faiblesses à mesure que les cours internationaux du soja, du maïs, de la viande piquaient du nez.

 

Mais ces faiblesses structurelles de l’Argentine n’ont pas découragé toute une flopée d’investisseurs étrangers à acheter de la dette d’Etat argentine. Alors, comment expliquer ce soudain entichement ? Et si une partie de l’explication se trouvait à des milliers de kilomètres de Buenos Aires ? Aux Etats-Unis, au Canada, en Allemagne, au Japon… là où sont localisées les banques centrales les plus puissantes au monde, celles qui ont mis en œuvre des politiques monétaires non conventionnelles. Celles qui ont contribué à une explosion de la liquidité monétaire mondiale, qui représente désormais 30 % du PIB mondial, soit 20 000 milliards de dollars, contre 6 % à la fin des années 90. Comment fonctionne cette politique monétaire ultra-expansionniste qui se confond, depuis peu, avec l’expression de«quantitative easing» ? Elle revient à acheter de la dette obligataire émise par des Etats et déjà détenue par des banques commerciales, des compagnies d’assurances ou des fonds d’investissements. C’est ainsi que la FED (Etats-Unis), la BCE (UE) ou la Boj (Japon) mettent de l’argent en circulation. Et c’est ainsi que cet argent frais sert à acheter de nouvelles obligations avec un résultat mécanique : une forte hausse de la demande de dette souveraine doublée d’une baisse des taux d’intérêt. C’est la magie (absurde) des taux d’intérêt négatifs en Allemagne, par exemple. Pour l'instant, la liquidité mondiale coule à flots, et l'Argentine en profite… Pour l'instant. 

Vittorio De Filippis

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