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Conseils, science, sante et bien-être


Pourquoi dort-on si mal hors de son propre lit ?

Publié le 29 Avril 2016, 11:03am

Catégories : #SCIENCE

Pourquoi dort-on si mal hors de son propre lit ?

Quand il s’agit de dormir« on n’est jamais mieux que chez soi », affirme le dicton. Quand on dort dans un endroit qui ne nous est pas familier, à l’hôtel ou chez des amis par exemple, il n’est pas rare de passer une mauvaise nuit. Des chercheurs en ont découvert la raison. Les résultats de leur étude publiée le 21 avril dans la revue Current Biologyindiquent qu’une partie d’un hémisphère du cerveau reste éveillée durant le sommeil et joue le rôle de veilleur de nuit.

Dans un environnement inhabituel, le sommeil met plus de temps à venir, il est discontinu et dure moins longtemps que d’habitude. Il a même un nom, « l’effet première nuit ». D’ailleurs, les spécialistes du sommeil n’utilisent pas les données enregistrées durant la première nuit où une personne dort dans un laboratoire. Seule la seconde session est prise en compte, quand le sommeil est redevenu normal.

Pourquoi le sommeil souffre-t-il de l’effet première nuit ? Pour le savoir, des chercheurs de l’université Brown aux Etats-Unis ont utilisé des techniques de neuro-imagerie avancées afin d’analyser le cerveau endormi.

Activité asymétrique

Ces images ont révélé un fait complètement inattendu. Au cours de la première nuit de sommeil, les deux hémisphères du cerveau montrent une activité asymétrique. Pour des raisons encore inconnues, le côté gauche du cerveau dort légèrement moins profondément que le côté droit. De plus, le côté gauche est plus réactif envers les sons, des stimuli externes intentionnellement provoqués par les expérimentateurs. Ces asymétries sont cependant transitoires. Elles n’ont été observées qu’au cours de la première nuit de sommeil, mais pas pour les nuits suivantes. La mauvaise qualité du sommeil serait donc due à un hémisphère cérébral trop vigilant, aux aguets, pour réagir en cas de menaces extérieures ?

 

Lire aussi :   Smartphones et tablettes, les ennemis du sommeil

Ce sommeil cérébral partiel a déjà été observé dans la nature. « Des cétacés comme les dauphins ou les baleines ainsi que certains oiseaux ont leurs hémisphères cérébraux qui dorment en alternance, explique José Haba-Rubio, médecin spécialiste du sommeil au Centre hospitalier universitaire vaudois.Les cétacés doivent respirer l’air à la surface de l’eau de manière volontaire – contrairement à l’homme. Une partie de leur cerveau doit toujours être en éveil pour pouvoir nager vers la surface et déclencher une respiration volontaire. »

Certains oiseaux, comme les canards colverts, ne dorment littéralement que d’un œil. « Pour ne pas devenir vulnérables, ils restent en état de surveillance constante afin de fuir en cas de menace », indique José Haba-Rubio. Le cerveau humain montrerait donc le même système de vigilance accrue, quoique moins sensible, lorsqu’il se trouve dans un environnement inconnu, potentiellement dangereux. Un trait peut-être hérité des temps préhistoriques…

 

Alors que le corps dort, le cerveau serait plus actif qu’on le croyait jusque-là. Selon José Haba-Rubio, « le sommeil n’est pas un phénomène global. Chaque partie du cerveau dort à des seuils et parfois à des moments différents. Le travail ne s’arrête jamais. Les informations extérieures sont toujours analysées, même si les réactions du corps sont généralement plus lentes ».

Evaluation des dangers

Comment le sommeil asymétrique a-t-il été détecté chez l’humain ? Cette découverte a été possible grâce à l’utilisation de différentes technologies de pointe peu répandues. Outre la polysomnographie qui, à l’aide d’électrodes, enregistre plusieurs variables physiologiques (dont le rythme respiratoire et cardiaque) au cours du sommeil, et les techniques d’imagerie par résonance magnétique (IRM), les chercheurs ont eu recours à la magnétoencéphalographie. Cette dernière enregistre l’activité magnétique des neurones et permet une meilleure localisation spatiale de l’activité neuronale comparée à l’électroencéphalogramme habituellement utilisé. Toutes ces techniques permettent de connaître l’intensité du sommeil.

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Une asymétrie de la profondeur du sommeil a été trouvée dans des zones spécifiques du cerveau, le réseau du mode par défaut (RMD). Constitué des régions cérébrales actives lorsqu’un individu n’est pas focalisé sur le monde extérieur, ce réseau est actif lorsque le corps est au repos. Durant la réalisation d’une tâche, un mouvement du corps ou même un mot prononcé, le RMD est désactivé.

C’est l’hémisphère gauche, siège de la raison et de l’analyse qui serait le plus vigilant durant l’effet première nuit. Peut-être évalue-t-il mieux les dangers que l’hémisphère droit, siège de la créativité et de l’émotionnel. Les chercheurs font l’hypothèse que la veille pourrait être assurée en alternance par les deux hémisphères, selon les cycles de sommeil, comme chez les cétacés. En effet, pour des raisons techniques, seules les premières heures de sommeil correspondant au premier cycle de sommeil ont été étudiées dans ces expériences. « L’inconfort dans les scanners ne permettait pas un sommeil de longue durée », explique Masako Tamaki, principale responsable de l’étude.

Bonne nouvelle cependant, la qualité de sommeil peut être améliorée avec des moyens très simples d’après les auteurs, par exemple « en apportant son propre oreiller » pour créer un environnement rassurant. Le cerveau humain est flexible. A force de découcher, l’effet première nuit finit par se dissiper.

 


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