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Marichesse.com

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Conseils, science, sante et bien-être


Opérée du sein avec le robot "da Vinci Xi", elle témoigne

Publié le 26 Avril 2016, 12:24pm

Catégories : #SANTE-BIEN-ETRE

Opérée du sein avec le robot "da Vinci Xi", elle témoigne

À 34 ans, Anne est la deuxième patiente au monde à avoir bénéficié de la mastectomie avec le robot chirurgical da Vinci Xi. Entre doutes et soulagement, elle confie sa joie d'avoir préservé l'apparence de son sein.

Opérée du sein avec le robot "da Vinci Xi", elle témoigne
© iStock

En décembre 2014, le verdict est tombé : à 33 ans, j'avais un cancer au seingauche. Mes garçons avaient alors 2 et 6 ans. Aussi, je n'ai pensé qu'à une chose : vivre ! Et tout faire pour guérir. Après cinq mois de chimio, j'ai donc subi une mastectomie (ablation du sein) par chirurgie classique. Pendant des semaines, je n'ai pas pu me regarder dans un miroir, tant c'est douloureux de voir sa féminité mutilée par une cicatrice de 15 cm.

Cachée sous l'aisselle, la cicatrice est invisible

J'ai aussi appris que j'avais une prédisposition génétique, qui majore fortement le risque de cancer du sein. Je veux voir mes enfants grandir et qu'ils aient leur maman auprès d'eux. J'ai donc décidé de mettre toutes les chances de mon côté en subissant une mastectomie préventive au sein droit, pour limiter autant que possible le risque de cancer.

La HAS (Haute Autorité de santé) n'avait pas encore donné son accord à ce projet de mastectomie réalisée par un robot. J'ai demandé au chirurgien, stupéfaite :

« Vous ne l'avez jamais fait ! ?

- Non, ça va même être une première mondiale. »

J'ai renchéri : « Vous vous êtes entraîné quand même ?

- Oui, on l'a déjà fait sur des cadavres, ça se passe très bien. »

 J'ai rétorqué : « Certes, mais vos cadavres ne parlent pas ! Ce qu'ils en pensent après, vous n'en savez rien. »

Et j'ai cessé d'y penser, en me disant que cela ne se ferait peut-être pas, jusqu'au feu vert officiel de la HAS. Le chirurgien m'a alors expliqué que ce robot opérait déjà en neurologie et en gynécologie, que je n'aurais que trois incisions sous l'aisselle, réunies à la fin en une seule, cachée donc, et que mon sein resterait intact.

Je me suis dit : « Dans quoi je m'embarque ? L'année a été assez dure, qu'on me laisse tranquille. » Et, en même temps, résonnait dans ma tête le fait que je n'aurais pas de cicatrice visible sur le sein. J'avais plutôt confiance dans le robot. S'il faisait déjà de la neurochirurgie, il devait être calé au millimètre. C'était plus l'inexpérience du médecin qui me préoccupait. J'avais aussi très peur de perdre la mobilité de mon bras à cause des incisions sous l'aisselle. J'ai eu un curage axillaire lors de la première mastectomie et je ne peux plus porter de charges lourdes. Le chirurgien m'a rassurée. J'ai aussi demandé à parler à la première patiente. Le lendemain de sa double mastectomie préventive, elle m'a envoyé un SMS : « Allez-y, ne vous inquiétez pas, je vais très bien, je suis debout depuis ce matin. » En réalité, ma décision était déjà prise, car la perspective de n'avoir aucune cicatrice pèse très lourd dans la balance.

 

Seule la glande mammaire est enlevée

Le jour J, en décembre 2015, j'ai voulu voir le robot avant d'être anesthésiée. Je lui ai lancé : « Fais bien ton boulot, que j'en sois contente ! » Mon opération a duré près de trois heures Les suites opératoires ? Ça tirait légèrement au niveau du muscle pectoral, mais je ne sentais rien de particulier, j'allais bien. Au bout de deux jours, j'ai cessé tout antalgique, car je n'en avais pas besoin. Rien à voir avec les quinze jours de très fortes douleurs de la chirurgie classique, où j'étais, en plus, fiévreuse.

Très vite, j'ai voulu regarder mon sein et en fait... il n'y avait rien à voir, car mon sein était là. Il était bleui par des hématomes du fait de l'intervention, mais il était là. L'ablation de la glande mammaire avait été réalisée, mais je ne me sentais pas mutilée. Comme à la première mastectomie, j'ai pleuré en me regardant, mais de joie ! Rien que d'en parler, je suis très émue... Parce que mon sein est intact, ma féminité est préservée. Je n'ai qu'une cicatrice de 5 cm sous l'aisselle : c'est merveilleux en regard de l'enjeu cancérologique.

Je n'ai pas le sentiment de subir la double peine : le cancer, suivi d'une ablation préventive et d'une mutilation. Et j'ai gardé la sensibilité du mamelon. Côté volume, je porte un expandeur (dispositif que l'on peut augmenter de volume en y injectant du sérum) pour préparer la pose de la prothèse définitive dans un mois.

Cette chirurgie est beaucoup moins mutilante

Ne plus rester avec une cicatrice plate à la place du sein est considérable pour l'image de soi et la reconstruction de soi. C'est une avancée fabuleuse, moralement et esthétiquement, dans la prise en charge de ce cancer, d'autant que la chirurgie est le premier traitement. Attention, cela reste une épreuve très dure, mais, demain, les femmes penseront à la chimio, à la perte des cheveux, mais la chirurgie ne sera plus mutilante. Pour se protéger, en cas de mutation génétique, la décision de faire une ablation préventive sera moins lourde. Et ça joue aussi sur le regard des autres : les peurs liées à la représentation de l'ablation tombent et il n'y a plus cet apitoiement, difficile à vivre. Le plus incroyable, c'est que je suis si contente d'avoir gardé mon sein, que j'en arrive à oublier que j'ai eu une ablation.

Grâce aux quatre bras du robot, le chirurgien peut réaliser l'ablation de la glande mammaire et placer ensuite la prothèse par la même incision.

 

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