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Marichesse.com

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Conseils, science, sante et bien-être


On a passé un an dans la peau des marchés

Publié le 23 Avril 2016, 09:47am

Catégories : #ECONOMIE

On a passé un an dans la peau des marchés

Accrochez-vous, ça va secouer.

Il y a un mois environ, les marchés ont eu un gros chagrin.


«Les marchés»: une entité aux contours indéterminés, dont la propension à se pavaner dans les gros titres à grands renforts d'anthropomorphisme n’a d’égale que leur opacité latente. Est-ce que ce sont les banques? Les hedges funds? Les traders? Les ordinateurs qui fournissent des cotations à la seconde? Peut-être un peu de tout ça. Mais si beaucoup s’accordent à dire qu’ils n’ont pas d’âme, «les marchés» ont en tout cas leurs humeurs, les médias leur prêtant la plupart du temps un état d’esprit versatile, voire des affections carrément pathologiques. Pour preuve, les derniers mois écoulés, qui n’ont vraiment pas été faciles. Comment c’est, de vivre une année dans la peau des marchés? Préparez les mouchoirs, ça va secouer.

 

Dès avril 2015, les marchés sonten proie au doute. Une panne des terminaux Bloomberg, outil incontournable de nombreux traders, a paralysé momentanément les échanges. Coup dur pour les marchés, qui sentent que les derniers mois écoulés à profiter de la vie le coeur léger sont bel et bien terminés. Les cours sont encore très haut, certes, mais ils sentent bien que quelque chose est différent.


Voilà mai, et patatras: la peur fait son retour sur les marchés. Et avec elle l’instabilité, les insomnies… Heureusement que la Banque centrale européenne est à leur chevet pour leur faire des grosses injections de liquidités. Mais elle garde, comme trop souvent avec les marchés, la bougie bien trop près du malade, puisque voilà qu’ils s’enflamment (c’est un peu dans leur tempérament, en même temps).

En juin, malgré les beaux jours, c’est encore la déprime. Le problème, c’est la Grèce, ses dettes et ses envies d’ailleurs. Mais cette fois, c’est décidé, c’est l’optimisme et le sang-froid qui vont primer. On se replie, d’accord, mais surtout, sans paniquer.


Avec juillet, ses baignades et ses chaudes soirées, revient enfin la sérénité.

«Les marchés se sont montrés perturbés, mais ne se sont pas effondrés», diagnostique Le Monde. Forts de ce nouvel état d’esprit, il s’agit maintenant de tourner la page, rappelle le Figaro Bourse, l’un de leurs principaux confidents, semble-t-il.

Malheureusement les vacances sont toujours trop courtes, et la rentrée s’approchant à grand pas, le stress revient: les marchés s’affolent. Cette fois, c’est la Chine qui fait souci. C’est de nouveau la panique, qui mène cette fois jusqu’au plongeon.

Pas de quoi attaquer septembre tranquille, surtout avec la Réserve fédérale américaine qui, en chouchoutant les marchés avec ses taux d’intérêt bas, les laisse penser que le pire est à venir (mais n’est-ce pas toujours le cas?).

La météo est à l’avenant: voilà les marchés plongés dans le brouillard, et c’est donc sans surprise qu’on les découvre victimes d’un coup de froid.


Difficile en octobre de savoir comment se sentent vraiment les marchés, un jour rassurésselon certains, affolés peu de temps après: il semblerait bien que leur relation ancienne avec les banques centrales soit très nocive.

En novembre frappent les terribles attentats de Paris. Cette fois, pas de quoi effrayer les marchés, à qui l’on prête alors ces mots«Même pas peur». «Une fois de plus, les marchés financiers ont évolué à contre-courant de l'âme humaine», analyse même La Tribune.


Les marchologues de décembre ne savent plus où donner de la tête. Si l’on en croit leurs diagnostics, voilà nos héros déprimésaffolés et enfin sereins, le tout en l’espace de quelques jours, après que la Fed a décidé de remonter ses taux directeurs pour la première fois en dix ans. Difficile cette fois de vraiment savoir ce qui se passe dans la tête des marchés: c’est que ça doit être vraiment grave.

On oublie les bonnes résolutions pour janvier, puisqu’ils débutent 2016 du mauvais pied, perturbés par les places asiatiques. Les voilà même au stade pathologique, si l’on en croit Valeurs actuelles, qui annonce finement que la fièvre jaune frappe les marchés .


Normal, avec cette grave maladie, que la fin d’hiver soit marquée par la fébrilité, encore, suivie évidemment d’une grosse déprime. On plie sous les inquiétudes, on broie du noir, encore et encore.

A force de vivre d’aussi près les états d’âme des marchés, on est capable aujourd’hui de tout imaginer. Et si on allait plus loin?

Par exemple, plutôt que:


Oui, est-ce grave, docteur? Imaginons cette version:


Ou encore, plutôt que:


On peut l’envisager comme ça:


Et enfin, remplaçons:


Par quelque chose de plus réaliste:


Allez, courage, les marchés, ça va aller.

Sophie Gindensperger

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