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"Nuit Debout": un mois après, où en est le mouvement?

Publié le 30 Avril 2016, 13:43pm

Catégories : #POLITIQUE

"Nuit Debout": un mois après, où en est le mouvement?

POLITIQUE - Ni déconfiture, ni raz-de-marée. Un mois après son émergence quasi-spontanée place de la République en marge d'une manifestation contre la loi Travail, où en est "Nuit debout"? Lointain écho des Indignados espagnols et du mouvement Occupy Wall Street né aux Etats-Unis, cette manifestation hors-norme s'est durablement installée depuis le 31 mars en plein coeur de la capitale où se retrouvent, tous les soirs, plusieurs centaines de jeunes et de moins jeunes pour débattre, chanter, boire et surtout refaire le monde.

Difficile pour autant de prendre le pouls d'un mouvement "horizontal", sans chef ni porte-parole attitré. D'autant qu'il se refuse à jouer le jeu revendicatif balisé des organisations syndicales. Aucun comptage officiel n'est effectué place de la République par les organisateurs ou les forces de l'ordre. Ce qui rend hautement subjective toute évaluation de la progression de la participation. Et si le mouvement, très marqué à gauche, a essaimé dans plus d'une cinquantaine de villes (et parfois même à l'étranger), la mobilisation y est encore plus aléatoire, voire totalement absente dans les campagnes ou les banlieues.

Quant à l'efficacité même du mouvement, elle fait l'objet d'âpres débats entre les participants. Car si elle ne s'est pas tarie, cette source de démocratie directe n'a pas (encore) emporté tout sur son passage. S'agissant de la loi El Khomri, les concessions importantes obtenues du gouvernement ont été négociées par les syndicats réformistes et par les organisations étudiantes.

"Libérer la parole"

Faute de plateforme revendicative commune ou de coordination nationale, rares sont les participants capables de définir les objectifs pratiques des noctambules, si ce n'est la remise en cause globale d'une société jugée inégalitaire et d'un système politique périmé. Malgré l'absence de financements et de soutien institutionnel, des modes d'action se sont toutefois rapidement mis en place dans le désordre et avec les moyens du bord pour "libérer la parole".

Depuis un mois, une Assemblée générale (AG) se réunit de manière quotidienne. Quiconque y réclame la parole peut la prendre pour exprimer son opinion et/ou ses doléances. Autour se sont greffés des médias "libres", un site officiel, une université populaire, un kiosque d'information libertaire, de l'assistance juridique... En bordure de la place, des commissions thématiques (presse, action, migration, féministe...) planchent sur des sujets précis, proposent et préparent des opérations sauvages diverses et variées, légales ou pas, pacifiques ou violentes.

Là encore, ces actions (blocage de fast-food ou de conférence, bûcher de cartes d'électeurs...) dépassent rarement le stade symbolique. Au point de nourrir la frustration chez certains participants qui redoutent que le mouvement ne finisse par s'immobiliser dans un nombrilisme idéaliste.

Convergence des luttes et grève générale

"L'étape d'après": la question est posée avec empressement par les initiateurs du mouvement, le journaliste et réalisateur François Ruffin, le directeur du Monde Diplomatique Serge Halimi et l'économiste souverainiste et antilibéral Frédéric Lordon. Si tous trois ont vu avec bonheur la "Nuit debout" leur échapper, ceux-ci plaident désormais pour une convergence des luttes avec les forces syndicales contre la loi El Khomri.

"Un mouvement qui ne se donne pas d'objectif politique s'éteindra rapidement. Soit parce qu'il aura épuisé la joie d'être ensemble. Soit parce qu'il sera recouvert à nouveau par le jeu électoral", a prévenu en AG Frédéric Lordon. Si le chercheur au CNRS fixe "la grève générale" comme objectif absolu, il n'en élève pas moins le retrait total de la loi El Khomri au rang de "victoire intermédiaire".

Pour François Ruffin, créateur du site "Fakir" et auteur du documentaire "Merci Patron", la priorité est de faire se rejoindre les deux mouvements de contestation dans la rue. La traditionnelle fête du travail du 1er mai devrait servir de prétexte pour amorcer ce rapprochement. Après une rencontre avec une délégation de la CGT, Fakir a annoncé que Philippe Martinez, le patron de la centrale, prendrait la parole dans la soirée du 1er mai, après la dissolution du cortège officiel.

Le temps est compté. Car après une phase d'observation curieuse voire intriguée, de plus en plus de responsables politiques prennent leur distance avec un mouvementtaxé de "sectarisme" et dont les débordements parfois violents inquiètent les autorités. A droite notamment, les demandes d'interdiction en plein état d'urgence se font de plus en plus pressantes. Pour l'heure, la ville de Paris et la préfecture de Police ont toléré le mouvement tout en fixant leurs conditions. Mais pour combien de temps?

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