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Conseils, science, sante et bien-être


Les riantes confessions d’une sage-femme

Publié par MaRichesse.Com sur 10 Avril 2016, 06:11am

Catégories : #LIVRES-A-LIRE, #SANTE-BIEN-ETRE, #PEOPLE

Les riantes confessions d’une sage-femme

Dans «Poussez, Madame!», Sylvie Coché raconte trente années passées à mettre des bébés au monde. Rencontre avec une femme chaleureuse et drôle, dont le livre fait un tabac

Bienheureux bébés! Si Sylvie Coché, sage-femme française de 54 ans, accueille les nouveau-nés aussi chaleureusement que la journaliste venue la trouver à Lyon, pas de doutes, ils sont bien partis dans la vie. Cette petite blonde au sourire chaleureux et à la bonne humeur contagieuse propose d’aller boire un verre à deux pas de la gare. Elle doit reprendre le train dans quelques heures. Depuis la sortie de Poussez, Madame!, ouvrage dans lequel elle raconte sa vie de sage-femme, les rendez-vous s’enchaînent et les chaînes de télévision l’invitent sur leur plateau.

Si Sylvie Coché, mère d’un ingénieur de 24 ans, est ravie de son succès, elle n’en revient pas. «Je me disais que je vendrais une dizaine de livres à ma famille et quelques-uns à des collègues qui me l’achèteraient pour me faire plaisir…» Publiées début mars, ces confessions d’une sage-femme en sont à leur troisième impression et ont déjà été vendues à 10 000 exemplaires. De fait, le travail n’a été ni trop long ni trop fastidieux, puisque toutes les histoires et anecdotes rédigées, Sylvie Coché les racontait déjà à ses collègues, durant les gardes. «Le plus difficile a été de faire le tri. Je voulais un livre qui fasse rire et sourire, un ouvrage qui ne soit ni trop gore, ni trop caca-boudin.»

 

Bébé sauteur

Mission accomplie: le lecteur sourit, s’amuse et est ému en découvrant les mille et une histoires liées aux premiers moments de la vie. Comme celle de ce bébé si pressé de venir au monde qu’il a rebondi dans la culotte de sa mère, alors que la sage-femme aidait celle-ci à se déshabiller avant de s’installer sur la table d’accouchement. «Il a sauté comme sur un trampoline, puis glissé, en moins de temps qu’il ne faut pour le dire sur le sol carrelé.» Sylvie Coché raconte également le choc ressenti la première fois qu’un bébé, calfeutré dans le ventre maternel, lui a tété le doigt, alors qu’elle procédait à un contrôle. «Il arrive aussi que la tête soit haute et que l’enfant à naître puisse passer une de ses petites mains sur le côté de son crâne. Au moment du toucher vaginal, on tombe sur de minuscules doigts qui, parfois, attrapent les vôtres!»

La sage-femme décrit comment une maman turque a calmé les pleurs de son garçon de quatre kilos, né deux jours auparavant. «La montée laiteuse ne s’étant pas encore produite, le bébé se manifestait par des cris puissants, car la politique de l’hôpital ne laissait pas la place aux compléments de lait artificiel.» Le matin du troisième jour, le bébé dormant tranquillement, la sage-femme pense que le lait est enfin monté. «Mais la maman m’a montré un sachet de café soluble, sa tasse de lait vide et un fond de biberon avec des traces de café. J’ai averti les puéricultrices afin qu’elles surveillent d’éventuelles complications. Inquiétude inutile. Le lendemain, l’enfant avait repris du poids et passé une nuit de rêve.»

 

Métier à risques

Si Sylvie Coché a vécu de très beaux moments en salle d’accouchement, elle a aussi expérimenté le pire. «Je me suis fait calotter, mordre, griffer et même arracher la blouse.» Son index a également été sauvé par une collègue. «Alors que je sentais les contractions d’une patiente, ma main posée sur son ventre, elle me l’a saisie pour me mordre. La sage-femme auxiliaire a juste eu le temps de sauver mon doigt.» Une autre fois, c’est par ses poignées d’amour qu’une future maman l’a agrippée en criant: «Ne me laissez pas!» «Allez ensuite expliquer les bleus sur cet endroit à votre mari, en rentrant du travail…» Une fois leur nouveau-né dans les bras, les femmes me disent, en s’excusant: «J’ai dû vous dire des horreurs», sans se souvenir de leurs paroles.» De fait, Sylvie Coché se considère comme un réceptacle. «Il faut savoir être dans l’empathie tout en étant directive et autoritaire. J’ai appris à l’être sur le tas.»

Évidemment, avec la généralisation de la péridurale, les salles d’accouchement sont devenues beaucoup moins bruyantes. «Il y a moins de douleurs, donc moins de cris. Mais lorsque pour des raisons médicales, on ne peut pas poser de péridurales, les jeunes collègues ont plus de difficultés à gérer une patiente qui part en cacahuète.» Si le volume sonore a baissé, la présence des smartphones, elle, a augmenté de manière exponentielle. «Aujourd’hui, en salle d’accouchement, les hommes et même les femmes, pendant le travail, sont sur leur téléphone portable. On nous demande également la télévision. Mais pourquoi donc regarder Les Feux de l’amour pendant qu’on a des contractions?» Et quand le bébé arrive, les parents ne sont plus là, car ils envoient des photos et des textos. Et lisent les réponses. «Le nouveau-né, qui n’a pas de smartphone, attend. C’est bien de communiquer, mais il y a des moments qui ne sont pas faits pour ça».

Au fait, les pères qui assistent à la naissance, elle conseille? «Ils sont toujours les bienvenus s’ils veulent être là, mais il ne faut pas qu’ils cèdent à la pression sociale ou familiale.» Elle constate que les hommes qui se forcent ne savent souvent pas où se mettre, pas quoi dire ni quoi faire. «Après avoir assisté à un accouchement, certains sont perturbés et le sexe de leur femme n’est plus une salle de jeu.» Ce qui fâche par-dessus tout cette professionnelle de la naissance, ce sont les Monsieur-je-sais-tout qui se mêlent de son travail. «Certains me disent: «Il faut mettre la péridurale maintenant», d’autres décident: «Il ne faut pas lui mettre de péridurale, ça ne vaut pas la peine.» J’ai déjà fichu certains maris dehors, car ils mangeaient l’oxygène de mes patientes. Certains ont le nez au-dessus du sexe de leur épouse. Je les envoie alors à la tête du lit. Je plains certaines femmes, mais également certains maris. Tout existe.»

 

Plus de dix mille accouchements

Et comment fait-elle avec les couples antipathiques? «On fait le service minimum. On remarque très vite à qui on a affaire, c’est quasi instantané. Généralement, un con est avec une conne, ou alors, il s’agit d’un gros nul qui est avec une femme qu’il domine. Mais heureusement, ce genre de couples est rare.» La sage-femme évoque encore la bourde que toutes ses collègues et elle-même ont déjà faite dans leur carrière: poser la question «vous êtes le grand-père?» à un homme d’âge mûr qui accompagne une jeune femme sur le point d’accoucher. «On ne tombe qu’une seule fois dans ce piège. Par la suite, on demande: Vous avez quel lien de parenté?».

Aujourd’hui, après plus de dix mille accouchements, Sylvie Coché – qui vit en couple avec un chirurgien qui vient de prendre sa retraite – garde le même enthousiasme pour sa profession. «Une naissance c’est émouvant, stressant, jubilatoire. Ça fait battre le cœur à 150 kilomètres à l’heure. Je respire et je pousse en même temps que la femme qui accouche. J’ai un périnée en béton armé. Et quand le couple pleure de bonheur, je fonds en larme avec lui.»

Sylvie Coché, «Poussez, Madame! Confessions d’une sage-femme», avec la collaboration de Capucine Roche. Ed. de l’Opportun, 192 p.


Son livre des records

• Son plus gros bébé né par voie naturelle: 5,48 kg

• Son plus petit bébé tenu dans les bras: 580 g

• La femme enceinte la plus âgée: 49 ans

• Sa plus jeune maman: 12 ans

• Le père le plus âgé: 80 ans

• Le plus grand nombre de bébés nés d’une même mère la même année: 3. Il s’agit d’une de ses collègues sage-femme mariée à un médecin. Ils ont eu un fils en janvier et des jumelles en décembre de la même année. «Ils étaient censés être assez informés pour savoir comment éviter cette grossesse rapprochée, mais comme on dit, ce sont les cordonniers les plus mal chaussés».

• Le plus grand nombre de césa­riennes pour une même patiente: 6. Alors que c’est contre-indiqué au-delà de trois.

• Le plus grand nombre d’accou­chements pratiqués seule un jour de garde: 12, en onze heures.


Les jours de l’année où les femmes accouchent le moins

• La Toussaint, car la fête des morts provoque un blocage.

• Lors des matchs de l’équipe de France pendant les coupes du monde de football.

• Les jours de fortes neiges, lorsque les routes sont très peu praticables. «À croire que les conditions climatiques et de circulation influent sur les contractions. Les femmes n’a­ccouchent pas non plus dans d’autres établissements plus proches.» 

 Source

 

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