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Conseils, science, sante et bien-être


Les applis de santé, des médicaments comme les autres ?

Publié le 27 Avril 2016, 10:24am

Catégories : #SANTE-BIEN-ETRE

Les applis de santé, des médicaments comme les autres ?

Pour rassurer les petits hypocondriaques qui sommeillent en nous, les applications d’e-santé se sont démultipliées ces dernières années. On estime aujourd’hui leur nombre à 165 000 et d’ici 2020, le chiffre d’affaires de ce secteur devrait atteindre les 31 milliards de dollars contre 10 milliards aujourd’hui d’après les chiffres avancés par Research 2 Guidance, une entreprise qui analyse le marché des applications mobiles.

Problème  : comment s’assurer de leur fiabilité technique et de leur intérêt réel ? Un simple détour sur les deux principaux magasins d’applications (Google Play et App Store) suffit pour mesurer la difficulté de l’exercice.

Du podomètre au journal de bord pour les personnes souffrant de sclérose en plaques  : tout se télescope avec pour seuls repères des catégories subjectives et des classements établis sur les meilleures ventes.

Diagnostiquer, soigner, compenser

Thierry Sirdey, directeur adjoint à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), souligne :

«  Il est important de distinguer les applications qui relèvent du bien-être, comme le podomètre qui incite à faire de l’exercice, de celles qui sont un dispositif médical.  »

Produits de santé définis par le code de la santé publique à travers une directive européenne, ces dernières doivent nécessairement servir à diagnostiquer une maladie, la soigner, ou compenser une blessure.

A titre d’exemple, une application destinée au calcul de la dose d’insuline qu’un patient diabétique doit s’injecter – après que celui-ci a renseigné son taux de glycémie, des informations relatives à son activité et à ce qu’il vient de manger – sera un dispositif médical.

Le marquage CE

Pour ces applications, indique Thierry Sirdey :

« Les exigences techniques vont être plus élevées car s’il y a une erreur, on peut compromettre la santé d’un patient. Elles devront donc être conformes à la réglementation du dispositif médical. »

Dans ce cas, il appartient aux éditeurs de déclarer eux-mêmes leur application conforme aux textes réglementaires pour ensuite lui apposer le marquage CE.

Une méthode partant «  d’un a priori favorable aux concepteurs  », remarque Jacques Lucas. Le vice-président du conseil national de l’Ordre des médecins argumente :

«  Il serait dommage de tuer l’innovation par trop de réglementation.  »

Finalité médicale ou rôle éducatif

Aussi, l’ANSM effectue une surveillance du marché seulement après la mise en ligne des applications. Un fonctionnement qui ne plaît que moyennement à Thierry Sirdey  :

«  Nous travaillons à l’évolution de la réglementation pour l’adapter à ces nouveaux dispositifs. Mais c’est la contrepartie de ce foisonnement très intéressant qui sert les patients.  »

Néanmoins, si l’ANSM découvre une application disposant du marquage CE mais ne remplissant pas les dispositions réglementaires, elle détient les pouvoirs de police sanitaire pour demander une remise en conformité.

« Récemment, nous avons observé une application qui proposait de prendre en photo un grain de beauté afin d’évaluer le taux de mélanome qu’il contient.

On peut penser qu’il y avait clairement une finalité médicale. Mais dans les conditions générales d’utilisation, on découvrait que l’éditeur ne s’engageait à aucune validité du résultat et précisait que finalement l’application n’avait qu’un rôle éducatif.

Nous pouvons agir si les indications ne sont pas claires pour les utilisateurs. Par ailleurs, un article scientifique avait pointé des qualités de résultats moyens pour ce type d’application. »

L’aspect « gaming » des applis

Mais lorsqu’elle échappe au marquage médical, la santé mobile n’en conserve pas moins un aspect préventif digne d’intérêt. C’est en filigrane ce qu’observe David Sainati, président de Medappcare.

Applis Runkeeper et Health sur iPhone
Applis Runkeeper et Health sur iPhone - Jason Howie/Flickr/CC

Depuis quatre ans, son entreprise met en place une grille d’évaluation pour ce type d’application. Pour y parvenir, elle sollicite des experts, des médecins et des avocats.

«  Derrière leur aspect amusant, ces applications permettent de faire passer des informations et de responsabiliser le patient.  »

Un discours que partage Michael Stora, psychologue et expert des mondes numériques :

« Des personnes qui ne font jamais de sport vont être séduites par l’aspect “gaming” qu’apportent les applications pour la course à pied, notamment, avec des récompenses virtuelles à la clé, des statistiques sur les calories perdues, etc.  »

Une économie de 99 milliards d’euros ?

En définitive, chaque versant de la santé mobile s’avère digne d’intérêt. Reste à demeurer attentif aux conditions d’utilisation et à ne surtout pas hésiter à demander l’avis d’un professionnel de santé. Thierry Sirdey résume :

«  La santé mobile, c’est un peu comme le médicament sur Internet, il est préférable de consulter d’abord un médecin si vous avez un problème. »

Après l’édition d’un livre vert sur le sujet en 2014, la Commission européenne a constitué cette année un groupe de travail réunissant différents experts pour définir un cadre réglementaire plus abouti.

Et pour cause  : en 2013, le cabinet d’audit PWC prophétisait que d’ici 2017, la santé mobile dans son ensemble permettrait d’économiser 99 milliards d’euros à l’Union européenne grâce à l’amélioration de l’état de santé collectif.                                                                                                source

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