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Conseils, science, sante et bien-être


«Le marché à la Côte a changé mais il reste attractif»

Publié le 30 Avril 2016, 12:05pm

Catégories : #ECONOMIE

«Le marché à la Côte a changé mais il reste attractif»

Grégory De Bisscop gère avec son frère Axel l’agence immobilière Immo Bis, implantée sur l’avenue du Littoral, à Knokke. Fondée il y a 35 ans par le père Michel De Bisscop, toujours actif au sein de la structure, elle est idéalement située entre la place Albert et le minigolf. Une location trois étoiles qui permet aux fils aujourd’hui à la barre de connaître en profondeur le marché knokkois, mais aussi les zones environnantes.

Peter Michiels est quant à lui plus « jeune » dans la profession d’agent immobilier puisqu’il a créé Lighthouseliving en 2011, en plein centre d’Oostduinkerke, une agen-ce également présente à Nieuport. Parallèlement à cette activité, Peter Michiels a également mis sur pied Lighthouseboating, une structure qui commercialise des lofts flottants, un marché qui connaît un joli succès de nos jours.

Nous les avons réunis l’un et l’autre à la rédaction duSoir-Immo pour un déjeuner sur le thème de la mer du Nord.

L’immobilier à la Côte est-il encore porteur ?

Gregory De Bisscop. C’est une question que l’on se pose chaque année quand on repart de zéro et qu’on se dit qu’il va falloir réaliser un nouveau chiffre d’affaires. Tout le monde connaît la situation actuelle, avec des taux d’intérêt bas et une Bourse loin d’être accueillante et qui voit s’éloigner beaucoup d’investisseurs. Mais acheter un bien à Knokke reste une tradition familiale.

Aujourd’hui, on n’y achète plus pour réaliser une plus-value. On préfère aujourd’hui joindre l’utile à l’agréable. Les prix ont baissé, il y a eu une correction évidente et les propriétaires l’ont très bien compris. Ils savent qu’ils doivent mettre sur le marché un bien à un prix juste s’ils veulent le vendre. Et si c’est le cas, la transaction a lieu.

De quelle correction parle-t-on ?

G.D.B. A Knokke, on peut segmenter le marché en trois zones géographiques. Le top du top est la digue piétonne où il n’y a pas eu de correction des prix, tout simplement parce qu’il y a trop peu d’offre. Ensuite, il y a la digue. Et puis, on a un troisième secteur qui fonctionne très bien depuis un an : les villas au cœur du Zoute, celles qui sont situées entre le golf et la mer. Une fois encore, si les prix sont justes, il y a énormément de transactions. Beaucoup de biens sont en vente et c’est vrai que les critères d’achat et de sélection sont devenus aujourd’hui plus sévères. Les gens n’achètent plus n’importe quoi, ils prennent le temps de se décider et de comparer les offres car le marché est devenu très transparent. Mais quand une transaction est amorcée, si le vendeur et l’acheteur sont tous deux gagnants, elle débouchera sur une signature.

Des alternatives à un achat à la mer du Nord existent pourtant…

G.D.B. C’est vrai et l’on doit citer avant tout l’Espagne, avec les Canaries, Ibiza et Marbella notamment. Avant, il y avait le Maroc et la Tunisie, mais avec les événements qu’on connaît, c’est terminé. Le Belge ne veut plus y acheter. Et c’est pareil avec les autres pays qui s’étendent vers l’Est. Mais investir en Espagne, voire dans le Sud de la France, implique que l’on doive prendre l’avion. Le privilège de la mer du Nord est qu’elle est facilement et rapidement accessible. Et puis, la France, justement, nous a amené un grand nombre de belles fortunes qui se sont installées à Bruxelles et qui commencent aujourd’hui à investir à la mer du Nord.

Si on vous a bien suivi, les gens n’achètent plus un bien à Knokke pour le mettre en location ?

G.D.B. Cela dépend. Il y a des gens qui achètent et qui ne louent jamais, mais il y en a d’autres qui se disent qu’ils peuvent louer leur villa ou leur appartement en location saisonnière, pendant qu’ils sont partis à l’étranger en juillet par exemple. Il faut savoir à ce sujet qu’on a de plus en plus de demandes de location saisonnière à la mer du Nord et on arrive difficilement à combler la demande. Avant, on louait pour un mois, puis pour deux semaines en moyenne. Maintenant, avec l’effet Airbnb, il y a beaucoup de demandes pour des séjours d’une semaine.

Vous parliez des villas au cœur du Zoute en disant qu’il s’agissait de biens encore et toujours recherchés. Or, dans la plupart des cas, il s’agit de maisons anciennes qui ne répondent plus aux standards énergétiques actuels. Est-ce un frein à leur acquisition ?

G.D.B. Les biens qui nécessitent une rénovation totale n’atteindront jamais le même niveau de prix que ceux qui sont tout fait achevés et en parfaite condition. Aujourd’hui, l’acheteur veut bien mettre le prix fort à la condition que le bien soit en parfait état. Mais s’il demande une importante remise en état, il fera l’objet de négociations intenses. Par ailleurs, on constate que beaucoup de ces villas de caractère, qui ont fait la réputation de Knokke, sont aujourd’hui placées en location saisonnière. Et c’est normal, puisque beaucoup d’entre elles sont en indivision. Les enfants n’en profitent que quelques semaines par an et comme ils ne sont pas entièrement propriétaires et qu’ils n’ont pas envie d’investir de l’argent et du temps dans ces biens, ils les mettent en location saisonnière pour payer les frais d’entretien. Cela se voit très fréquemment.

La situation est-elle différente dans le centre de Knokke-Heist ? Comment se porte ce marché ?

G.D.B. Il a subi une correction, lui aussi, en raison notamment de la construction à l’entrée de Knokke d’un nouveau village appelé Duinenwater. Il comprendra un nouveau golf de vingt-quatre trous et offre déjà un grand mixe de biens et d’offres au même prix que ce que l’on trouve dans le centre de Knokke. On parle ici de villas-résidences avec garages et emplacements pour vélos. On n’est pas au bord de la mer, mais on est malgré tout idéalement situé au bord d’un lac en pleine nature. Il y aura aussi un hôtel avec un centre de conférences. Tout cela devrait amener du monde et faire fonctionner les commerces de Knokke dont beaucoup sont en difficulté en ce moment car les baux sont restés très élevés.

De quels prix parle-t-on quand on évoque Duinenwater ?

G.D.B. On commence avec des appartements à 200.000 euros, et l’on peut aller jusqu’à des penthouses à 1 million d’euros. Mais il y a beaucoup d’autres biens : des maisons mitoyennes, des lots à bâtir, des maisons clé-sur-porte, etc. Il y en aura pour tous les goûts et tous les budgets. Orpea y a installé un nouveau centre pour personnes âgées. Albert Hein a repris le Delhaize, un A.S. Adventure va aussi s’y implanter. D’autres grands promoteurs immobiliers y investissent également. C’est le cas notamment d’Allfin qui vient de relancer deux nouvelles résidences au lac, vu le succès des deux premières qui ont été entièrement vendues. Tout cela a cannibalisé l’offre dans le centre de Knokke-Heist. Mais pour ceux qui veulent encore et toujours un bien proche de la mer, l’offre est plus réduite et la recherche peut prendre de quatre à six mois.

Peter Michiels, quelle est la situation sur votre territoire, à Oostduinkerke ?

Peter Michiels. Moi, je vends principalement entre Dunkerque et Ostende. Je sélectionne beaucoup. Si on me propose dix biens à vendre, je n’en garde que quatre. Si le prix est trop élevé ou si le bien n’est pas correctement entretenu, je ne prends pas le mandat car je sais que je vais perdre mon temps. Ceci dit, chaque commune a son marché. Je viens par exemple de vendre un très grand loft en superbe état à Leffrinckoucke, une localité française située entre Dunkerque et La Panne. Pour ce genre d’opérations, ce sont surtout les investisseurs belges qui achètent.

Et chez vous, à Oostduinkerke ?

P.M. Il y a beaucoup trop de villas à vendre entre 350.000 et 650.000 euros. Du coup, les gens sélectionnent les cinq biens les moins chers et ils n’hésitent plus à faire des offres parfois incroyables. Un exemple parmi beaucoup d’autres : pour une villa à 365.000 euros, j’ai eu des offres à 200.000 euros. Elle a été faite sans gêne par téléphone et de manière anonyme. Et quand je demande un mail de confirmation, je n’en reçois pas. Ce sont, en fait, des marchands de biens qui sont à l’affût de bonnes occasions et ils savent qu’il y en a beaucoup à faire, donc ils n’hésitent pas.

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