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Le chômage influencerait la mise en couple

Publié par MaRichesse.Com sur 4 Avril 2016, 12:22pm

Catégories : #COUPLE, #EMPLOI, #TRAVAIL, #ARGENT

Le chômage influencerait la mise en couple

Ne pas avoir d'emploi a un effet sur les projets de fécondité et leur réalisation. Mais l'explication diffère en fonction du sexe, selon un chercheur de l'Ined (institut national des études démographiques).

Les jeunes qui s’insèrent difficilement sur le marché de l’emploi après leurs études mettent plus de temps à avoir leur premier enfant, d’après l'"étude des relations familiales et intergénérationnelles" de l’Institut national des études démographiques (Ined).

Arnaud Régnier-Loilier est chargé de recherche à l’Ined. Il a mené ce travail sociologique avec Ariane Pailhé. Voici ses explications: 

 

 

BFM Business: Les Français passent souvent par une période de chômage au sortir de leurs études et ont des enfants plus tard. Comment la précarité impacte-t-elle l’arrivée du premier enfant?

Arnaud Régnier-Loilier: Dans la tête des individus, le choix de devenir parent dépend de ce que l’on va pouvoir offrir aux enfants. La période des études est donc exclue car le jeune ne gagne pas suffisamment d’argent. Par ailleurs, quasiment rien n’est fait en France pour concilier le suivi d’études avec la parentalité.

Une fois les études terminées, la première étape consiste à réussir à s’insérer professionnellement, ce qui permet d’emménager dans un logement à soi, puis de s’installer en couple. C’est souvent seulement à partir de ce moment-là que les individus envisagent d’avoir un enfant.

Dans ce contexte, le chômage induit une forme de précarité, d’instabilité. C’est un écart dans le cheminement que je viens de décrire. D’où le fait que les personnes repoussent l’arrivée d’un enfant.

 

Une période de chômage retarde donc l’arrivée du premier. Mais si elle intervient après cette naissance, impacte-t-elle ensuite l’arrivée d’autres enfants?

Non. Nous avons mené des entretiens en administrant des questionnaires à six ans d’intervalle, entre 2005 et 2011. Au départ, nous avons demandé aux jeunes personnes que nous avions sélectionnées si elles avaient l’intention d’avoir un enfant dans les trois prochaines années. Quelques années plus tard, nous les avons à nouveau questionnées et nous avons constaté que celles ayant été au chômage alors qu'elles avaient déjà un ou des enfants n'ont pas retardé la naissance des suivants. 

Cela tient du fait que les personnes qui ont déjà un ou deux enfants ont déjà réuni d’autres éléments de stabilité, et notamment vivent généralement en couple. Elles ont alors un conjoint susceptible d’avoir une situation professionnelle stable qui permettra d’assurer des revenus au foyer.

Un autre élément d'explication: le chômage n’est sans doute pas de même nature quand il intervient en tout début de carrière ou par la suite. Dans le premier cas, il traduit une difficulté d’insertion sur le marché et s’accompagne d’une absence d’indemnité puisque la personne n’a pas travaillé avant. A contrario, une fois que les individus se sont construit une vie stable, en couple dans un logement commun, le cheminement pour être prêt à avoir un enfant est déjà fait. Être au chômage impacte moins le niveau de vie à court terme lorsque l'on a déjà travaillé précédemment, dans la mesure où l'on bénéficie alors généralement d’indemnités.

 

Y-a-t-il une différence d’impact selon que l’on est un homme ou une femme?

Oui d'une certaine manière. L’impact est le même mais l'explication est différente selon le sexe. Le chômage influence la mise en couple des hommes: ils trouvent moins souvent une conjointe lorsqu’ils n’ont pas d’emploi. Cela montre combien le schéma un peu traditionnel de l’homme qui subvient aux besoins du foyer reste ancré. Du coup, entre un homme ayant été au chômage et un autre ayant toujours travaillé, le premier aura moins eu tendance à devenir père que le second, en raison du fait qu’il a moins de probabilité de s’être mis en couple. Chez les femmes en revanche, le fait d’être au chômage impacte moins la mise en couple. Ce qui ne les empêche pas de repousser l’arrivée d’un enfant si elles sont au chômage, en raison de l'absence d'une stabilité économique.

 

L’effet d’une période de chômage varie-t-il selon la profession exercée ou le secteur d’activité? 

Nous ne l’avons pas mesuré. Certaines personnes interrogées n’avaient pas de profession au début de l'étude. Par contre le niveau de diplôme détermine l’âge de la fin des études donc des études longues repoussent de fait l’arrivée du premier enfant. Mais, indépendamment de l'âge de fin d'études, on n'observe pas un impact différent du chômage selon le niveau de diplôme sur la réalisation des projets de fécondité.

 

La fécondité est-elle pour autant directement liée à la situation économique du pays?

Ce n’est pas le cas en France où la fécondité est restée relativement stable malgré une mauvaise conjoncture économique, mais il faut noter que la récession a été moins forte en France que dans d'autres pays européens. Par ailleurs, les politiques sociales et familiales ont amorti les effets de la crise.

Ceci dit, la réduction des allocations familiales récemment appliquée pourrait initier un changement, les jeunes risquant de perdre un peu plus confiance en l’avenir. Mais pour l’instant, il n’y a pas de corrélation au niveau national entre taux de chômage et le nombre de naissances en France.

En Espagne ou en Grèce en revanche, où les effets de la crise économique sont plus marqués, l’impact se fait sentir sur la natalité. Elle y est particulièrement faible. Mais le contexte est différent: le taux de chômage est beaucoup plus élevé, il y a moins d’aides, le niveau de revenus est plus faible. 

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