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L’élimination de Hollande au premier tour, en 2017, est « un risque majeur »

Publié le 21 Avril 2016, 13:57pm

Catégories : #POLITIQUE

L’élimination de Hollande au premier tour, en 2017, est « un risque majeur »

Il fut l’un des rares à avoir perçu le risque du 21 avril 2002. Analyste politique, proche du PS, Gérard Le Gall, qui dans la Revue politique et parlementaire a récemment décrit le scrutin régional de décembre comme des « élections de confirmation », décrypte l’opinion à 
un an de la présidentielle.

Vous aviez, à propos de 2002, diagnostiqué « un accident de l’histoire ». Alors que les sondages prédisent un François Hollande éliminé au premier tour, l’accident serait-il devenu la norme ?

Je fréquente les études d’opinion depuis assez longtemps pour les considérer comme de nécessaires matériaux à toute prospective, sans y voir l’énoncé du futur. 2002 fut un accident de l’histoire, moins par l’écart entre Lionel Jospin et Jean-Marie Le Pen que par l’incroyable absence de volonté de maîtrise de l’offre. Sans oublier l’indifférence au« lanceur d’alerte » que j’étais… Rappelons qu’en 1969, la gauche fut déjà éliminée, et qu’en 1995, après le désastre de 1993, Lionel Jospin était légitimement préoccupé par sa présence au second tour…

Lire aussi :   Le « 21 avril », c’était il y a 14 ans, mais ce pourrait bien être dans un an aussi

L’élimination de M. Hollande est-elle à vos yeux une certitude ?

Je me pose méthodologiquement cette question depuis juillet 2012, quand j’ai diagnostiqué par intuition, par analyse de la nouvelle gouvernance et par une lecture serrée des études d’opinion, la naissance prématurée d’une « rupture d’opinion » entre le président et les Français. Aujourd’hui, cette hypothèse stratégique prend une tonalité plus grave à un an du scrutin. Le risque est majeur.

La gauche n’est-elle pas dans une situation plus critique qu’en 2002, puisque les sondages placent parfois M. Hollande en quatrième position au premier tour, derrière M. Mélenchon ?

Je ne peux prendre au premier degré quelques éléments des deux sondages les plus récents. Néanmoins, toute enquête doit nous parler. En 2002, la prise de conscience fut tardive et sans écho. Cette fois, les acteurs, dûment informés, doivent savoir y faire face.

Comment les états-majors du tripartisme peuvent-ils intégrer la certitude d’un duel au second tour ?

Pour le FN, sans alliance, la question ne se pose pas. La droite, qui pressentait une 
âpre concurrence dans la perspective de 2017, a cherché après 2012 à se prémunir de tout risque par les primaires. Constatons que, si l’entreprise n’est pas sans risque, elle est puissamment favorisée par une opinion de droite vent debout contre le pouvoir et par la 
perspective d’une alternance qui paraît se dessiner au fil des scrutins.

A gauche, une primaire serait-elle la solution ?

Il faut remonter loin dans le passé pour trouver une gauche aussi fragmentée et dotée d’une influence électorale historiquement faible. Une primaire serait-elle la panacée ? Au regard de la démocratie, de l’air du temps et des statuts du PS, elle s’impose. A l’évidence, les gauches sont avides d’un débat de confrontation des projets. Ajoutons que la primaire peut avoir une salutaire fonction expressive, voire cathartique. Et qu’elle peut aussi être instrumentale si elle connaît une issue heureuse. Convenons que la chose est mal partie tant elle se heurte à des obstacles stratégiques, à des préventions réciproques et à des ambitions personnelles. Aujourd’hui, contrairement à 2012, le simple désir de victoire semble plus fort à droite qu’à gauche.

Que vous inspire le phénomène sondagier Alain Juppé ?

J’ai pris au sérieux l’hypothèse Juppé à la rentrée 2013. J’étais étonné du fait qu’à gauche, l’on paraissait spéculer sur le probable succès de Nicolas Sarkozy… Contrairement à ceux qui, dans son camp ou à gauche, voient dans ce phénomène Juppé une bulle prête à exploser, il me semble que sa construction politique, idéologique et stratégique est suffisamment solide pour affronter victorieusement la primaire. Sa forte popularité, jamais démentie depuis 2013, et son ascendant sur ses concurrents constituent autant de ressources.

Nicolas Sarkozy peut-il rattraper son retard ?

Le doute à l’endroit de l’ancien président s’est instillé au lendemain des européennes de 2014 et exprimé au grand jour autour des régionales. Ce scrutin constituait pour lui un enjeu majeur. Son retour en politique devait remplir trois exigences pour triompher de 
ses rivaux : il devait à la fois connaître un retour en grâce dans l’opinion, réussir une série de performances électorales semblables à celles de la gauche entre 2008 et 2012, et manifester sa capacité, comme en 2004-2007, à faire face au FN afin d’endiguer son ascension. 
On le voit : on est loin du compte.

La surprise de cette présidentielle serait-elle qu’il n’y en aura pas ?

Une rétrospective présidentielle, à l’aune des camps plutôt qu’à celle des hommes, nous rappelle que l’issue des scrutins de 1965, de 1969, comme de 1988, 1995, 2007 et 2012, était attendue selon les anticipations sondagières. A l’inverse, celui de 1974 était très incertain. Et en 1981, l’affaire paraissait réglée dès février. Enfin, en 2002, j’avais clairement pointé le risque Le Pen face à la direction de campagne de Lionel Jospin, les 15 et 16 avril 2002. 
L’analyste a ses raisons que le politique peut ne pas connaître ou admettre. Mais la vigilance comme la juste appréciation de l’opinion, toujours reine du monde, demeure la vertu cardinale de gestion des campagnes électorales.


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