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Information et éducation économique : l'incroyable retard du Québec

Publié le 25 Avril 2016, 15:12pm

Catégories : #ECONOMIE

Information et éducation économique : l'incroyable retard du Québec

Des gens m'ont demandé si je me réjouissais de constater que nous avons, à RDI économie, une concurrence de moins avec la disparition de la chaîne Argent à TVA. Ma réponse a été directe : non, absolument pas, jamais de la vie! C'est une très mauvaise nouvelle. Je n'ai jamais considéré Argent comme un adversaire, mais comme un allié. C'est une perte nette pour le Québec, un point c'est tout.

Gérald Fillion
  Un texte de Gérald Fillion
 

D'abord, une précision : RDI économie est une émission qui se veut grand public sur une chaîne spécialisée d'information continue qui vise un large public. La chaîne Argent avait un mandat bien plus spécialisé que le nôtre et n'avait pas les mêmes objectifs d'écoute. Mais, Argent devait, tout de même, ratisser large pour être en mesure d'offrir une quantité d'heures importantes de programmation originale. Argent devait le faire avec peu de moyens et beaucoup de sueurs et d'énergie de la part de ses artisans.

Le Groupe TVA débranche sa chaîne spécialisée en nouvelles économiques Argent et procède à la réorganisation de l'Agence QMI, deux décisions qui entraînent la suppression d'une vingtaine d'emplois. On en parle avec Serge Drouin.
Groupe TVA ferme sa chaîne Argent

Argent, un allié

Argent était un allié, parce qu'il faut se le dire très franchement : au Québec, on ne parle que très peu d'économie dans nos médias. Et, plus ça va, pire c'est. Et avec le départ d'Argent, c'est une contribution de moins à l'éducation financière et économique, à l'analyse et à l'explication des enjeux, de l'investissement personnel jusqu'aux finances publiques qui ont des répercussions sur l'ensemble des enjeux socioéconomiques et collectifs. Argent avait un effet sur l'ensemble de la couverture journalistique de TVA.

Notre problème est fondamental. Je l'ai écrit souvent et je vais continuer de le faire : la couverture des enjeux économiques est franchement plus faible au Québec qu'ailleurs au Canada et terriblement plus faible qu'ailleurs dans le monde. Selon la firme de recherche sur les médias Influence Communication, en 2015, 6 % des nouvelles au Québec entraient dans la catégorie « économie et affaires ». Ailleurs au pays, c'était 9 % et dans le monde entier, la moyenne était de 12 %.

68 % moins de nouvelles économiques qu'en Ontario

En réaction à la fermeture d'Argent, Jean-François Dumas, patron d'Influence Communication, écrivait sur Twitter cette semaine qu'au Québec, « nos médias génèrent déjà 68 % moins de nouvelles économiques que leurs homologues ontariens ». Quoi? Vraiment?

J'ai appelé Jean-François Dumas pour savoir s'il n'avait pas oublié une virgule quelque part dans son calcul.

« Les nouvelles insolites occupent plus de place que la saison de l'impôt en ce moment », m'a-t-il dit avant que je tombe en bas de ma chaise. « Il y a 12 ou 15 ans, il y avait des gens qui venaient à l'antenne pour dire comment sauver de l'impôt. On ne le fait plus aujourd'hui. » Mais, nous, on fait bien une spéciale d'une heure sur les impôts tous les ans sur ICI RDI depuis quatre ans maintenant? « Oui, vous, vous le faites, dit Jean-François Dumas. Mais, les autres? Et vous faites UNE spéciale. »

Pour tout dire, à la télé, RDI économie est la seule émission quotidienne consacrée à l'information économique. Dans les journaux tout de même, Monsieur Dumas, La Presse,Le Journal de MontréalLe Devoir, ils parlent d'économie tous les jours, non? Mes collègues Vailles, Décarie, Grammond, Girard, Bérubé, Desrosiers? « En 2014, nous avons fait une comparaison entre le Globe and Mail et La Presse sur l'information économique au sens le plus large possible, m'a dit Jean-François Dumas. On a découvert que dans La Presse, quand il est question d'économie, dans 6 % des cas, c'est un article de fond, donc de plus de 600 mots. Dans le Globe, c'est 26 %. »

Moins de profondeur, moins de nouvelles économiques à la une

Si Jean-François Dumas me cite ces chiffres, ce n'est pas pour critiquer le travail de LaPresse, loin de là. En fait, La Presse est le journal qui consacre le plus d'espace aux affaires et à l'économie. Mais, à travers les données d'Influence Communication, on constate combien la place, l'espace et le temps qu'occupent les nouvelles économiques sont plus restreints dans les médias québécois par rapport à ce qu'on voit, lit et entend en Ontario.

À la télé, c'est la même chose. CBC, CTV et Global n'ont pas la même approche des nouvelles économiques que Radio-Canada et TVA. J'ai le bonheur d'être présent dans les téléjournaux de Radio-Canada, qui n'hésitent pas à parler d'économie. Mais, on constate qu'à Toronto, les enjeux économiques font plus souvent la une que chez nous. C'est comme si c'était dans leurs gênes!

« Plus vous parlez d'un sujet, plus le téléspectateur, l'auditeur, le lecteur, va croire qu'il est important », affirme Jean-François Dumas.

Alors, dans ce contexte, on peut certainement se réjouir du retour d'un cours d'économie à l'école secondaire au Québec, probablement en septembre prochain. Il sera optionnel toutefois, ce qui pourrait avoir pour effet d'intéresser celles et ceux qui sont déjà sensibilisés aux défis du crédit, de l'épargne et de la consommation, notamment. C'est un premier pas, mais il faudra vite aller plus loin. Nous sommes en retard.

Mais, on continue.                                                                                                                                      source

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