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Conseils, science, sante et bien-être


Faut-il légaliser le cannabis ?

Publié le 18 Avril 2016, 12:26pm

Catégories : #SANTE-BIEN-ETRE

Faut-il légaliser le cannabis ?

Le secrétaire d'État Jean-Marie Le Guen a relancé le débat sur une éventuelle légalisation du cannabis en se prononçant lundi soir contre la « prohibition », suscitant aussitôt des accusations de démagogie à droite au moment où le gouvernement tente de renouer avec les jeunes, mais réveillant surtout de vieilles divisions à gauche. « Le cannabis est une très mauvaise chose pour la santé publique, en particulier chez les jeunes. Mais la prohibition n'amène pas une diminution de la consommation », a déclaré Jean-Marie Le Guen, s'exprimant à titre personnel.

La France est l'un des pays les plus concernés en Europe : en 2014, 17 millions de personnes déclaraient avoir déjà pris du cannabis au cours de leur vie et 700 000 en consommaient quotidiennement, selon l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies. Souhaitant que « le Parti socialiste ouvre un débat sur la fin de la prohibition du cannabis », Jean-Marie Le Guen, médecin de profession, s'est prononcé pour « des levées d'interdiction très sélectives : pour les adultes, certainement pas pour les jeunes de moins de 21 ans », et pour un « usage privé ».

Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, est monté au créneau, assurant qu'il n'y avait au gouvernement « aucune piste ni de travail ni de réflexion » sur une éventuelle légalisation du cannabis. « Il n'y a pas de dépénalisation du cannabis en vue », a renchéri Najat Vallaud-Belkacem. La ministre de l'Éducation s'est dite « assez hostile à ce qu'on envoie un signal » montrant qu'« on baisse la garde dans le combat contre les drogues ». Au sein du gouvernement, Jean-Marie Le Guen a reçu un soutien prudent de l'écologiste Jean-Vincent Placé, opposé à « une illégalité totale », mais pour qui ce n'est pas « le moment de revenir sur ce débat ».

Un vieux serpent de mer

La question avait déjà été soulevée dès le début du quinquennat de François Hollande : à l'automne 2012, Jean-Marc Ayrault, alors Premier ministre, avait rappelé à l'ordre le ministre de l'Éducation de l'époque Vincent Peillon qui avait souhaité un débat sur la dépénalisation. Quelques mois plus tôt, l'exécutif avait rappelé son opposition sur le sujet, en réaction à une prise de position de l'écologiste Cécile Duflot.

En octobre, c'est le chef de file des députés PS Bruno Le Roux, proche de François Hollande, qui avait remis la question sur le tapis, souhaitant l'ouverture d'un débat « face à la gangrène du trafic de drogue ». La droite, elle, s'est aussitôt saisie des propos de Jean-Marie Le Guen pour accuser le gouvernement de démagogie, au lendemain de mesures en faveur des jeunes et sur fond de mobilisation étudiante contre le projet de loi travail. « Comme par hasard, le même jour, en direction des jeunes, d'un côté 500 millions, de l'autre, regardez, on est ouvert, on est sympa, on propose un débat sur la dépénalisation du cannabis. C'est juste pas sérieux », a dénoncé Benoist Apparu, député Les Républicains.

« Vieilles lunes de gauche »

« Ces temps-ci, j'ai un peu l'impression qu'on assiste à tout le retour des vieilles lunes de gauche. Est-ce que c'est la façon de répondre aux attentes des jeunes ? » s'est interrogé Laurent Wauquiez (LR). « Je pense surtout que la légalisation du cannabis serait un signal extrêmement laxiste envoyé à la jeunesse », a estimé François Fillon, tandis que Jean-François Copé se déclarait « opposé à la dépénalisation de tout produit stupéfiant ». « Le gouvernement tente toutes les promesses et les sorties possibles pour calmer » la colère des jeunes, a lancé aussi le Front national.

Des accusations rejetées par la ministre du Travail, Myriam El Khomri, pour qui les propos de Jean-Marie Le Guen n'ont « strictement rien à voir avec (sa) loi ni par rapport au contexte ». Myriam El Khomri a invité les politiques à ne pas « se mêler » du débat, préférant le laisser aux spécialistes. « Qu'on s'interroge sur l'efficacité de notre politique pénale, c'est tout à fait normal, et tout le monde le fait, l'ensemble des ministères concernés (...), mais personne n'est en mesure de dire aujourd'hui quelle est la bonne réponse », confiait-on à la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives.

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