Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


Faut-il interdire les combats de robots ?

Publié par MaRichesse.Com sur 7 Avril 2016, 04:17am

Catégories : #TECHNOLOGIE

Dans l’Antiquité, on pensait du bien des combats de gladiateurs pour plusieurs raisons. D’abord, parce que la mort violente soudait la société, un peu comme le sacrifice. Ensuite, parce que c’était un exemple de vertus viriles, édifiant pour tous.

 

Faut-il interdire les combats de robots ?

Aujourd’hui, nous semblons terriblement effrayés par la mise en scène de la souffrance humaine ; cela paraît barbare parce qu’inhumain et violent, au point qu’on réglemente fortement les spectacles de combats humains. Ainsi en va-t-il des matchs de boxe ou de catch.

Quant à la question des combats avec des animaux, qu’il s’agisse des combats d’hommes et d’animaux ou d’animaux entre eux, elle reste toujours ouverte : va-t-on les proscrire ? Il existe encore des corridas et des combats de coqs qui subsistent au nom des traditions locales ou de l’identité culturelle d’une population. Là encore, les arguments de ceux qui s’y opposent tiennent à la cruauté et à la souffrance des protagonistes.

Or, il existe des combats de robots qui se déroulent un peu comme des combats de coqs, sur une espèce d’arène qui ressemble à un gallodrome [bâtiment, souvent circulaire, dans lequel ont lieu les combats de coqs, ndlr].

Des spectacles d’une extrême violence

Certains, proprets, se présentent comme des combats de boxe, avec des règles bien définies qui préservent l’intégrité des machines.

 

Mais les plus populaires sont absolument abominables, avec des lames tournantes, des lance-flammes, des béliers, des catapultes, etc.

 

Le spectacle, c’est celui d’une extrême violence, qui est donnée en pâture à tout le monde. Chez certains, ça procure de la jouissance ; chez d’autres, une certaine répugnance, parce que l’on projette sur ces machines nos propres affects.

La question de l’interdiction des combats d’animaux, comme des combats humains, se pose de façon récurrente. Pourquoi s’y opposer ? En particulier, pourquoi condamner les combats d’animaux ? Comme disait de Gaulle, le coq, de toute façon, il finit dans mon assiette. Mais il y a le spectacle de la souffrance que l’on ne supporte plus et que l’on suppose présente même chez l’animal.

Qu’en est-il pour les robots ? Dans leur cas, il est difficile d’invoquer la souffrance. On pourrait imaginer que ce soit un spectacle salvateur, une sorte de catharsis, une purgation des passions violentes qui sommeillent en nous. De ce point de vue-là, ce pourrait être assez positif.

Et pourtant, je suis moi-même choqué.

Empathie et compassion

« En compagnie des robots »

Pourquoi ? Parce que je crois que l’empathie que j’éprouve pour le robot provoque la compassion. Plus exactement, l’agent que je construis et que j’identifie au robot souffre. La violence gratuite et sans frein qu’on exerce à son encontre le blesse. Sa destruction m’atteint et semble satisfaire des instincts négatifs.

En le tolérant, en m’y habituant et en y restant insensible, on pourrait craindre qu’à l’avenir je tolère, m’habitue et demeure insensible aux formes de violences exercées à l’encontre de tous ceux pour lesquels je suis susceptible d’avoir de l’empathie, en particulier les animaux et, surtout, mes semblables. Je ne crois pas qu’il faille parler d’un droit des robots pour autant...

Nous devons par ailleurs prendre en considération le fait que les machines ont une capacité d’apprentissage. Un robot comme Nao apprend chaque jour des choses nouvelles. Qui sait, il sera peut-être, par mimétisme, capable de plaider un jour. Chaque robot, ou plus exactement chaque dispositif, apprend de manière continue. Il est donc capable de se reprogrammer.

Ethique des robots

De ce fait, ses réactions seront différentes de celles que ses concepteurs avaient imaginées, ce qui pose un certain nombre de problèmes : il se peut qu’à un moment donné, ses réactions enfreignent les règles de conduite qu’on lui avait programmées. Certaines de ces règles risquent d’induire des comportements sinon violents, tout au moins contraires aux normes sociales admissibles et, en particulier, à la morale.

Un combat de robots à Moscou, le 21 février 2016
Un combat de robots à Moscou, le 21 février 2016 - VASILY MAXIMOV/AFP PHOTO/AFP

Par exemple, on pourrait imaginer qu’un robot découvre que, si on s’y prend bien, le vol rapporte gros assez facilement, avec un risque minime, surtout, d’ailleurs, pour un robot. Cela constituerait certainement une découverte astucieuse !

En tant que scientifiques, nous pourrions nous en féliciter... Mais, sur le plan social, les comportements qui en résulteraient n’en demeureraient pas moins inacceptables. Il conviendrait donc d’introduire des règles prescriptives intangibles s’opposant aux compétences acquises. Tout cela ouvre un champ passionnant, celui de l’éthique des robots.

Source

 

Commenter cet article

Archives